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Fizi : ressources minières à Sanza, où sont les retombées pour les communautés ?

L’exploitation des ressources naturelles dans le territoire de Fizi, au Sud-Kivu, soulève une nouvelle fois la question des retombées concrètes pour les populations locales. À Sanza, comme dans plusieurs zones minières du territoire, les richesses du sous-sol continuent d’être exploitées alors que les communautés font face à d’importantes difficultés d’accès aux infrastructures et aux services de base.

Le constat alimente une interrogation majeure : comment expliquer que l’exploitation des ressources naturelles ne se traduise pas davantage par des améliorations visibles dans les conditions de vie des populations de Fizi ? Cette question est d’autant plus préoccupante que le développement du territoire reste confronté à d’importants besoins en matière d’éducation, de santé, de routes, d’eau potable et d’activités économiques. En septembre 2026, la société civile de Fizi alertait encore sur la suspension des activités scolaires et médicales dans plusieurs localités en raison de l’insécurité.

Au-delà du cas de Sanza, c’est donc la gestion des ressources et la responsabilité des différents acteurs qui doivent être interrogées. Le Code minier congolais prévoit notamment que les titulaires de droits miniers d’exploitation contribuent à la définition et à la réalisation de projets de développement socio-économique au profit des communautés locales affectées par leurs activités. La loi prévoit également une dotation minimale de 0,3 % du chiffre d’affaires destinée aux projets de développement communautaire, dont la gestion implique les représentants des communautés concernées.

Dans ces conditions, les populations de Fizi sont en droit de demander des explications sur les ressources générées par l’exploitation minière, leur destination et les projets réalisés en leur faveur. Combien de projets communautaires ont été financés ? Quels montants ont été mobilisés ? Quelles infrastructures ont été construites ou réhabilitées ? Les communautés ont-elles été associées aux décisions ? Ces questions méritent des réponses publiques et documentées.

La société civile a, elle aussi, une responsabilité importante. Elle ne devrait pas se limiter à constater les difficultés des populations, mais contribuer au contrôle citoyen, documenter les réalités du terrain, informer les communautés sur leurs droits et interpeller les autorités ainsi que les opérateurs miniers lorsque des engagements semblent ne pas être respectés.

Il ne s’agit pas de condamner l’exploitation minière en tant que telle. Il s’agit de rappeler qu’un territoire qui produit des richesses doit également pouvoir mesurer les bénéfices sociaux, économiques et environnementaux qui en découlent. Fizi ne devrait pas être uniquement un territoire où l’on extrait des minerais, mais aussi un territoire où ces ressources contribuent au développement des communautés.

À Sanza comme ailleurs, les habitants ont droit à l’information sur l’exploitation de leurs ressources et sur les mécanismes prévus pour le développement communautaire. Ils ont également le droit de demander des comptes sur les engagements pris en leur faveur.

Le silence ne peut donc pas remplacer le contrôle citoyen. Face aux préoccupations exprimées autour de l’exploitation des ressources naturelles à Fizi, la société civile est appelée à renforcer son travail de documentation, de sensibilisation et de plaidoyer afin que les richesses du territoire ne restent pas sans retombées visibles pour les populations qui y vivent.

Dorcas Mwavita/Congoprofond.net