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FIEF 2026 : Gisèle Kapinga alerte sur le « sexe de survie » dans les camps de déplacés de l’Est de la RDC
La précarité des femmes déplacées dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) a été au cœur de l’intervention de Maître Gisèle Kapinga, présidente de l’Association des femmes avocates de la RDC (AFEAC), vendredi 9 octobre, lors de la 12ᵉ édition du Forum international des élites féminines (FIEF-RDC 2026), organisée à Kinshasa.
À travers son exposé consacré au sexe de survie, au sexe par troc, au sexe par abonnement et au sexe à crédit, Maître Gisèle Kapinga a mis en lumière différentes formes de vulnérabilité auxquelles seraient confrontées des femmes vivant dans des camps de déplacés à l’Est de la RDC, notamment à Goma et en Ituri.
Face aux participantes et participants, l’avocate a expliqué que les conflits armés et les déplacements forcés aggravent la précarité des femmes, les privant parfois de leurs moyens de subsistance. Dans certains contextes, cette situation peut les conduire à avoir des rapports sexuels en échange de biens, de nourriture ou de services indispensables à leur survie.
Selon les explications rapportées par Maître Gisèle Kapinga, le sexe de survie désigne des rapports sexuels auxquels une femme déplacée peut recourir dans un contexte de précarité extrême afin de satisfaire ses besoins essentiels, notamment en échange d’une somme d’argent. Le sexe par troc renvoie à l’échange de rapports sexuels contre des biens matériels ou des vivres. Le sexe par abonnement fait référence à des arrangements dans lesquels un homme verse régulièrement une somme d’argent en contrepartie de rapports sexuels. Quant au sexe à crédit, il désigne, selon son exposé, des rapports sexuels consentis en échange d’une promesse ou d’un engagement futur de la part du partenaire.
Des adolescentes exposées à des rapports sexuels à risque
En Ituri, Maître Gisèle Kapinga a également évoqué le cas de plusieurs adolescentes âgées de 11 à 16 ans qui seraient déjà mères et exposées à des rapports sexuels non protégés.
Pour illustrer l’extrême précarité à laquelle certaines jeunes filles seraient confrontées, elle a rapporté le témoignage d’une jeune fille qui aurait déclaré : « Je préfère mourir du sida après cinq ans que de mourir de faim dans les heures qui suivent. »
L’avocate a également évoqué des cas de violences sexuelles commises par des hommes armés ainsi que par certains hommes vivant dans les mêmes espaces de déplacement. Selon son exposé, l’accès insuffisant au bois de chauffage et l’irrégularité des rations alimentaires peuvent également accentuer la vulnérabilité des femmes et des enfants dans ces camps.
Un engagement en faveur des droits des femmes et des enfants
Avocate inscrite au barreau de Kinshasa/Gombe depuis 1999, Maître Gisèle Kapinga est engagée dans la promotion des droits des femmes, l’égalité de genre et la protection des personnes vulnérables.
Elle préside l’Association des femmes avocates de la RDC (AFEAC), qui œuvre notamment en faveur de la défense et de la promotion des droits des femmes.
Son intervention au FIEF-RDC 2026 a ainsi permis de mettre en lumière les réalités auxquelles sont confrontées certaines femmes et jeunes filles déplacées dans les zones touchées par les conflits dans l’Est de la RDC.
Kumbu Elvit/Stagiaire CongoProfond.net