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Félix Tshisekedi et la quête du changement Constitutionnel : Entre ambitions personnelles et réalités congolaises
Le périple du Président Félix-Antoine Tshilombo Tshisekedi à travers les provinces de la Tshopo, du Haut-Katanga, de Tanganyika et du Haut-Uélé, marque une étape cruciale dans son mandat. En l’espace d’une semaine, il a clairement exprimé sa volonté de changer la constitution, un projet qui soulève autant d’espoirs que d’inquiétudes au sein de la population congolaise.
Félix Tshisekedi, à la tête de la RD Congo pour son deuxième et dernier mandat, fait face à une impasse constitutionnelle. Le changement de la constitution apparaît comme le seul moyen légal de prolonger son pouvoir au-delà de 2028. Cette démarche est compréhensible dans le cadre d’une politique de survie, mais elle pose des questions fondamentales sur les motivations qui sous-tendent ce projet.
La résonance de ses discours à travers le pays met en lumière une classe politique congolaise souvent critiquée pour son manque de vision et de cohérence. L’empressement avec lequel certains soutiennent cette initiative sans en mesurer les conséquences témoigne d’une pauvreté intellectuelle alarmante. La probabilité d’une balkanisation de notre pays n’est pas une vue de l’esprit.
Dans un pays riche en ressources mais miné par la corruption et les détournements de fonds, la nécessité d’un débat sérieux sur les changements constitutionnels est cruciale. La situation en RDC est aggravée par la présence de forces étrangères, notamment le RDF-AFC-M23, qui contrôlent des territoires considérables, échappant à l’autorité du gouvernement congolais.
Ce contexte d’occupation pose un défi supplémentaire à la souveraineté du pays et à sa capacité à mener des réformes significatives. Le fait que ces territoires échappent au contrôle des soi-disant « experts constitutionnels » de Kinshasa souligne l’urgence d’une réflexion profonde sur l’avenir du pays. Il est impératif que les politiques congolais prennent conscience des enjeux réels auxquels la RDC fait face.
La question de la souveraineté doit primer sur les ambitions personnelles. Le soutien aveugle à un changement constitutionnel dans un contexte de crise sécuritaire et de pauvreté économique pourrait s’avérer désastreux. Les Congolais doivent s’interroger sur ce qu’ils souhaitent réellement changer et pourquoi. La nécessité d’un projet national qui transcende les intérêts personnels est plus pressante que jamais.
La RDC, riche de ses ressources, mérite un leadership éclairé, capable de naviguer entre les défis internes et externes. L’appel à agir pour la souveraineté résonne comme un cri du cœur pour une nation dont l’avenir est en jeu. Le changement de la constitution ne doit pas être un simple outil pour pérenniser le pouvoir, mais plutôt une occasion de repenser le modèle politique du pays.
Les Congolais doivent se mobiliser pour une véritable réforme qui place leur souveraineté et leur bien-être au centre des préoccupations politiques. Actuellement, plus que jamais, il est temps de définir ensemble le futur de la RDC. Les étrangers contrôlent déjà des territoires qui sont en terme de superficie plus grands que le Gabon, le Togo, le Burundi, le Rwanda, la Gambie, le Swaziland, les Comores, l’Érythrée, le Cap-Vert, la Sierra-Leone, le Lesotho etc.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
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A Kampala, des experts plaident pour une paix “ancrée localement” en RDC face aux limites des accords internationaux
La 9ème édition de la Conférence de géopolitique de Kampala (KGC2026), tenue les 15 et 16 avril 2026 à l’Université Makerere en Ouganda, a pris fin ce jeudi sur un panel consacré à la situation en République démocratique du Congo.
Intitulé « Paix empruntée, ressources hypothéquées : le dilemme de souveraineté de la RDC et les perspectives de paix durable entre le cadre de Doha et l’accord de Washington », le panel 4 a réuni plusieurs spécialistes autour des défis que représentent les actuels processus de négociation pour la stabilisation du pays.
Le professeur Kasaijja Phillip Apuuli a souligné les limites des modèles standardisés d’accords de paix, rappelant que des solutions durables nécessitent une appropriation locale plus forte. « Les accords dont le processus n’est pas possédé nativement ne suscitent pas d’engagement », a-t-il observé, plaidant pour une implication directe des populations congolaises dans la conception des mécanismes de sortie de crise.
Asuman Bisika a pour sa part abordé la question de la souveraineté comme un espace en constante négociation, notamment face aux enjeux liés à la gestion des ressources naturelles. La professeure Zahara Nampewo a quant à elle interrogé la capacité de la RDC à mettre en œuvre des accords dans des cadres aussi complexes que Doha et Washington, au regard des contraintes politiques, économiques et géographiques propres au pays.
Les intervenants ont également replacé la crise congolaise dans son contexte historique long, depuis les années 1960 jusqu’aux tensions actuelles dans l’est du pays.
Au terme des échanges, les panélistes ont convergé vers la nécessité d’un ancrage africain plus affirmé dans les processus de paix, afin d’en garantir la durabilité et l’appropriation par les parties prenantes locales.
