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Médias

FECOPHI : la photographie congolaise entre mémoire, création et conquête du regard contemporain, la première édition ouvre ses portes pour ce samedi 22 août

Et si l’image pouvait devenir un instrument de mémoire, de création et de reconquête du récit ? C’est toute l’ambition portée par la première édition du Festival Congo Photo International (FECOPHI), dont les organisateurs ont levé le voile sur les grandes lignes au cours d’un point de presse tenu mercredi 19 août 2026 à LOSA Maison des Arts, dans la commune de Ngaliema.

Placée sous le thème « Mémoire en lumière : de l’ombre coloniale à la vision contemporaine », cette première édition entend faire de la photographie bien plus qu’un simple procédé de représentation : un langage artistique capable d’interroger l’histoire, de documenter le présent et de contribuer à la construction du regard que les Congolais portent sur eux-mêmes.

À l’origine de cette initiative, Jackson Tshisekedi, initiateur du festival, voit dans le FECOPHI une réponse à un double impératif : structurer davantage le secteur de la photographie en République démocratique du Congo et offrir davantage de visibilité à ses acteurs.

« Notre slogan, c’est : relever, valoriser, célébrer l’image », a-t-il expliqué, soulignant la volonté de construire une structure « sérieuse et cohérente » autour d’un secteur qui dépasse largement la seule photographie événementielle.

Pour l’initiateur du festival, le véritable enjeu consiste désormais à élargir les perspectives et à faire découvrir les multiples dimensions de la photographie, notamment ses formes artistiques, documentaires et contemporaines. Une démarche qui passe également par la transmission des savoirs et le renforcement des compétences.

Dans cette logique, le FECOPHI prévoit, du 24 au 27 août, une série de formations destinées aux photographes sélectionnés à l’issue d’un appel à candidatures. Ces sessions se tiendront au Centre culturel Le Zoo, de 8 heures à midi, pendant quatre jours.

L’objectif est clair : renforcer les capacités des professionnels congolais afin de permettre au secteur de franchir un nouveau palier.

« Avant d’aller chez les autres, vous devez d’abord vous développer vous-même », a insisté Jackson Tshisekedi, plaçant ainsi la professionnalisation locale au cœur de la démarche du festival.

Structurer un métier pour faire émerger une industrie

La question de l’organisation du secteur a également occupé une place importante au cours de cette rencontre avec la presse.

Tshamala Mujangi Mufika, deuxième intervenant, a plaidé pour une meilleure identification des professionnels de la photographie et pour un encadrement plus structuré d’un métier dont l’exercice ne repose pas toujours sur une formation académique préalable.

Son constat est sans détour : « Sans organisation ni formation, il sera difficile de faire émerger une véritable industrie de l’image dans notre pays. »

Derrière cette réflexion se dessine un enjeu plus vaste : celui de transformer la photographie congolaise en véritable filière professionnelle, capable de créer de la valeur, de produire des œuvres reconnues et de s’inscrire durablement dans les circuits culturels nationaux et internationaux.

Reprendre le contrôle du récit par l’image

Le troisième intervenant, Charles Ntumba, a, pour sa part, placé la photographie au cœur d’une réflexion sur la mémoire et la représentation historique.

Dans un pays dont l’histoire a longtemps été racontée, photographiée et interprétée à travers des regards extérieurs, la question de celui qui produit l’image devient également celle de celui qui construit le récit.

« Nous devons aujourd’hui reprendre le contrôle de nos images et raconter nous-mêmes nos réalités », a-t-il déclaré.

Cette orientation rejoint directement la philosophie de cette première édition du FECOPHI : passer d’une image héritée à une image pensée, produite et assumée par les Congolais eux-mêmes.

Une semaine pour regarder autrement

Au-delà des discours, le festival proposera plusieurs rendez-vous destinés à rapprocher les professionnels, les artistes et le public.

Au programme figurent notamment une exposition photographique, des ateliers de formation au Centre culturel Le Zoo ainsi que des talks avec les artistes, conçus comme des espaces d’échange autour de leurs œuvres, de leurs démarches et de leur vision.

Le vernissage officiel de cette première édition est fixé au samedi 22 août 2026 à 16 heures, à LOSA Maison des Arts, située avenue Suisse n°19, quartier Ngomba Kikusa, dans la commune de Ngaliema.

Le festival se poursuivra jusqu’au 29 août 2026

Et pour permettre au plus grand nombre de prendre part à cette célébration de l’image, l’accès aux différentes activités du festival est annoncé comme entièrement libre.

À travers cette première édition, le FECOPHI ne cherche donc pas seulement à exposer des photographies. Il ambitionne de poser une question plus profonde : qui regarde, qui raconte et qui décide de l’image d’un pays ?

Du 22 au 29 août, Kinshasa sera ainsi appelée à regarder autrement — et peut-être surtout, à apprendre à se regarder elle-même.

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