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FDNT : Naomie et Abigael retrouvent le sourire…
La Présidente de la FDNT, Denise Nyakeru Tshisekedi, a reçu, à tour de rôle, Naomie, une fillette qui a été victime des graves brûlures dans un accident survenu à Kinshasa et Abigael dont un bras a été tordu lors d’une manifestation contre l’insécurité à Beni au Nord-Kivu. Ces deux filles ont bénéficié, chacune, des faveurs de la Première Dame.

L’histoire de Naomie
Naomie, 6 ans, est une petite fille espiègle et pleine de vie. Sa vie a totalement basculée il y a quelques années lorsqu’à la suite d’un malheureux accident domestique, elle s’est retrouvée brûlée au 3ème degré au torse, à l’épaule gauche, au cou et surtout sur la partie gauche de son visage.
En conséquence de ces brûlures, son cou et de son épaule gauche étaient désormais collés par la peau, occasionnant un grave handicap pour la pauvre Naomie.
C’est lors d’une visite au Camp Tshatshi, à l’occasion des fêtes de Nöel 2019, que la Première Dame, présidente de la Fondation, qui y rencontrait les enfants des militaires, a fait la connaissance de Naomie.

Touchée et émue par ce cas, celle que les Congolais appellent affectueusement « Maman Denise » a enjoint sa Fondation de prendre en charge le cas de Naomie.
Ainsi, à travers un travail conjoint des partenaires de la FDNT et de ses consultants médicaux, Naomie a pu être évacuée hors de la RDC où elle est partie avec son père et les médecins de la FDNT pour être prise en charge par une équipe spécialisée dans la réparation plastique ou chirurgie plastique. Naomie a été opérée avec succès, la délicate opération chirurgicale visant à séparer son cou et son épaule a été un succès, par la suite une greffe de peau a été effectuée sur elle avec succès.
Cette opération qui a redonné espoir et goût à la vie à Naomie et à sa famille, a été le fruit d’un travail et d’une attention toute particulière accordée à ce cas par la FDNT.

Aujourd’hui, Naomie et sa famille ont été reçues en audience par la Première Dame. Ils tenaient à la remercier de tout cœur pour cette intervention salvatrice. La présidente de la FDNT a été très émue de revoir Naomie si joyeuse et si joueuse.
Une brève sur Abigael
Abigael est de la ville de Beni, au Nord-Kivu. Lors d’une manifestation contre l’insécurité dont elle avait pris part, en compagnie de ses condisciples, Abigael avait été victime d’un accident où elle s’en est sortie avec un bras tordu. Le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, durant son séjour dans cette partie Est de la RDC, l’a reçu dans leur Beni natal, et a ordonné son évacuation à Kinshasa pour des soins appropriés. Aujourd’hui, Abigael a eu le privilège d’être reçu par la Première Dame avec qui elle a partagé son sourire recouvré. La famille d’Abigael n’a pas cessé de manifester leur reconnaissance à l’égard du couple présidentiel, pour leur implication dans la prise en charge médicale et autre accordée à leur enfant.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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Lion de Sarambwe : le rugissement du FPR en RDC, fierté factice mais servitude réelle
Dans l’est du Congo, un surnom résonne comme un cri de guerre : les “Lions de Sarambwe”. Ce qualificatif, porté avec fierté par les combattants du RDF/M23, est bien plus qu’un simple nom de code ou un symbole de bravoure. C’est un emblème politique chargé de sens, une métaphore révélatrice dont les racines plongent au cœur de l’idéologie du Front Patriotique Rwandais (FPR).
Les implications pour les Congolais engagés dans cette rébellion sont aussi amères qu’aveuglantes. Pour comprendre l’essence du “lion”, il faut retourner à Kigali, en 1994. Le Front Patriotique Rwandais, mouvement politico-militaire alors dirigé par Paul Kagame, adopte un drapeau. Sur fond tricolore, figure en son centre un soleil et, au-devant, un lion d’or. Cet animal n’est pas un choix anodin.
Dans la symbolique africaine comme universelle, le lion incarne la puissance, la souveraineté, l’autorité royale et la force indomptable. Pour le FPR, vainqueur du génocide et nouveau maître du Rwanda, il représente la renaissance d’une nation forte, fière et conquérante. C’est le symbole de l’État-nation rwandais reconstruit, un État dont la sécurité et les intérêts sont érigés en absolu, quitte à en étendre les griffes au-delà de ses frontières.
Le transfert de ce symbole vers les unités opérant en RDC sous le label RDF/M23 est un processus de légitimation et de marquage idéologique. En les nommant “Lions de Sarambwe” – Sarambwe étant une localité et une réserve naturelle frontalière entre la RDC et le Rwanda –, on fait plus que décrire des combattants agressifs. On les inscrit dans la lignée symbolique du FPR. Ils ne sont plus une milice parmi d’autres.
ils deviennent les extensions territoriales, les “lions gardiens” des intérêts de Kigali dans l’arrière-cour congolaise. Leur rugissement est l’écho de celui qui figure sur le drapeau de Kigali. C’est une affirmation de puissance et de contrôle dans un espace considéré comme stratégique et vital. Le choix de “Sarambwe” est tout aussi parlant. Cette zone n’est pas un simple bout de terre. Elle est historiquement un point de friction.
C’est un espace aux frontières floues, riche en ressources (notamment la tourbière, immense puits de carbone et enjeu économique colossal). En s’appropriant ce toponyme, le RDF/M23 et ses parrains ne se contentent pas de se territorialiser. Ils signifient que leur domaine de chasse, leur “savane”, est cette région frontalière où la souveraineté congolaise est poreuse et contestable. Le lion, animal territorial par excellence, marque son espace.
“Lions de Sarambwe” signifie donc : “Nous sommes les maîtres ici, et cette terre est sous notre garde et notre loi.” C’est ici que réside la tragédie profonde de nombreux Congolais, souvent issus du Kivu, qui composent une partie significative de la troupe du RDF/M23. Enrôlés sous la bannière de revendications locales légitimes – insécurité, marginalisation politique, désespoir économique –, ils croient mener un combat congolais pour leurs droits dans leur pays.
Ils voient dans le RDF/M23 un instrument de libération et de reconnaissance. Mais en brandissant l’étendard implicite du “Lion”, ils servent inconsciemment un projet bien plus vaste et dont ils ne sont pas les bénéficiaires ultimes. Leur lutte est instrumentalisée, canalisée pour servir un intérêt d’État étranger : sécuriser la frontière rwandaise, créer une zone tampon sous influence directe, contrôler des ressources, et affaiblir durablement l’État congolais.
Ils sont les “lions” de basse-cour, se battant pour défendre et étendre le territoire de chasse d’un prédateur dont la tanière est à Kigali. Leur méprise est totale. Ils confondent la cause de leur communauté avec la stratégie sécuritaire et économique du Rwanda. Ils croient lutter pour leur intégration en RDC alors qu’ils sont utilisés comme le fer de lance d’une politique qui, in fine, perpétue l’instabilité de l’Est congolais et sa dépendance aux dynamiques régionales.
Le jour où ce lion aura assouvi sa faim ou changé de stratégie, ces “lions de Sarambwe” congolais risquent fort de se retrouver seuls, abandonnés dans une savane politique dévastée, stigmatisés dans leur propre pays pour avoir servi de chair à canon à un projet qui n’était pas le leur. Le surnom “Lions de Sarambwe” est donc une arme sémantique redoutable. Il habille une intervention étrangère et une manipulation de conflit local des atours d’une force naturelle et noble.
Il crée une continuité symbolique entre le pouvoir de Kigali et ses proxies en RDC, légitimant l’un par la force de l’autre. Pour les Congolais dupés par ce mirage, c’est un piège existentiel. Ils rugissent pour un roi qui n’est pas le leur, dans une réserve qui est leur patrie, croyant chasser pour leur survie alors qu’ils ne sont que les chiens de garde d’un intérêt qu’ils ne maîtrisent pas.
L’histoire retiendra que dans les collines du Kivu, le rugissement du lion du drapeau rwandais a réussi à étouffer, une fois de plus, les cris de détresse et les aspirations légitimes d’un peuple congolais, en les transformant en échos serviles de sa propre soif de puissance. La véritable lutte pour la dignité et l’intégration des communautés de l’Est se gagnera non pas en imitant le prédateur étranger, mais en reconstruisant, de l’intérieur, un État congolais juste et inclusif, capable de protéger tous ses citoyens – sans avoir besoin de lions importés.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
