À la Une
Fayulu à Lubumbashi : 2 morts, 43 blessés, 5 véhicules incendiés, une cinquantaine d’arrestation (ACAJ)
L’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ) a rendu public, le mardi 11 décembre, un bilan provisoire des incidents qui ont émaillé l’arrivée du candidat à la présidentielle Martin Fayulu à Lubumbashi, chef-lieu du Haut-Katanga.
Tout en condamnant les « violences politiques, atteintes à l’intégrité physique et à la vie, aux biens publics et privés, survenues aujourd’hui à Lubumbashi dans la province du Haut-Katanga », l’Ong évoque
2 morts « par balles réelles parmi les partisans de la coalition Lamuka ; 1 policier grièvement blessé, dont l’état de santé est critique ; 43 blessés dont 15 par balles ; 5 véhicules incendiés dont 2 de la police ; 27 partisans de Lamuka arrêtés dont Lolo Kyungu et le matériel de sonorisation confisqué par la police ».

Plusieurs témoignages recueillis par l’ACAJ à Lubumbashi, à en croire le communiqué de presse, établissent que « certaines autorités politico-administratives de la province du Haut-Katanga ont instrumentalisé un groupe de jeunes pour entraver la tenue de la réunion publique de Martin Fayulu, candidat président de la République de Lamuka, à Lubumbashi ».
Des noms de certains membres du gouvernement provincial ayant participé à ces actes ont été portés à la connaissance de l’ACAJ, indique le communiqué.
L’ACAJ condamne ces actes et exige une enquête crédible afin que leurs auteurs et commanditaires soient identifiés.
Enfin, l’Ong demande au gouvernement de la RDC d’assurer réellement la sécurité de tous les candidats président de la République, pour le bon déroulement de la campagne électorale.
CONGOPROFOND.NET
À la Une
Procès “des Enfants chillers” : Marie-Ange Mushobekwa réclame 3,4 millions de dollars !
Et si le mobile n’était pas seulement la justice ? La plaidoirie de la partie civile, ce jeudi 30 Avril 2026 aura duré une heure. Elle aura aussi produit un chiffre qui a fait réagir l’assistance jusqu’aux bancs de la presse : 3.400.000 dollars américains. Un million de dollars par enfant et 200.000 dollars pour chaque mère soit 7.898.200.000 CDF (taux de 2 323 CDF) c’est-à-dire sept milliards huit cent quatre-vingt-dix-huit millions deux cent mille francs congolais.
Un montant colossal, présenté comme la juste réparation de “douleurs et souffrances aiguës intentionnellement infligées”, selon les mots du conseil de Madame Marie-Ange Mushobekwa parlant au nom de toutes les parties civiles. Mais au-delà de l’effet d’annonce, ce quantum interroge. Et ouvre une brèche que les prochaines audiences ne pourront ignorer. Car le décalage est troublant. D’un côté, un récit d’horreur : torture, détention illégale, séquestration, cages à chiens.
De l’autre, un dossier médical qui, de l’aveu même du médecin traitant Docteur Yenga Mbuta Dosh Junior, ne révèle aucun traumatisme interne, aucune fracture, aucune lésion grave. Les vidéos projetées montrent des enfants certes éprouvés, mais que l’on voit debout, capables de se mouvoir, sans trace visible de saignement (alors même que la plaignante Marie-Ange Mushobekwa affirmait que ses fils saignaient). L’écart entre la gravité alléguée et les constatations objectives interroge nécessairement la proportionnalité de la demande indemnitaire.
Quatre mois de procès, et ce constat implacable : personne n’a pu désigner Philemon Mambabwa comme le véritable architecte des violences, rien ne documente un ordre explicite sorti de sa bouche, et son récit, livré avec constance depuis le premier jour, demeure à ce jour sans contradiction. Dès lors, une question s’invite dans les couloirs du prétoire : ce procès était-il mû par la seule quête de justice, ou ce chiffre de 3,4 millions de dollars soit 7.898.200.000 Francs Congolais, trahit-il un objectif plus lucratif ?
Les parties civiles ont le droit de solliciter réparation. Mais lorsque la somme réclamée semble décorrélée de la matérialité des faits établie à l’audience, c’est la crédibilité même de la démarche qui est en jeu. La défense, qui se dit prête à plaider, ne manquera certainement pas de le relever.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
