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F. Tshisekedi à la CENCO: « Je ne trahirai jamais la lutte de mon mentor contre les anti valeurs »
Marcel Utembi, président de la Conférence épiscopale nationale du Congo( Cenco) a été reçu ce mercredi 20 mars 2019 à la cité de l’Union africaine par le chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi. Au menu des échanges: l’analyse de la situation politique du pays.
À l’issue de la rencontre face à la presse, abbé Nshole, le secrétaire général de la CENCO, a fait savoir qu’ils étaient venus féliciter le président de la République Félix Antoine Tshisekedi pour les décisions prises dans la bonne direction contre les anti valeurs, notamment la corruption, mais aussi lui faire savoir les attentes de la Cenco du fait que le président de la République doit donner une bonne impulsion pour améliorer les conditions de vie du peuple congolais.
Il a également poursuivi: » Nous l’avons félicité aussi pour les efforts fournis dans l’amélioration des relations avec certains Etats. Allusion faite à l’ex Maison Schengen qui venait de réouvrir encore en RDC suite aux relations tendues de la Belgique et les anciens dirigeants, le peuple a payé le peau cassé lors de sa fermeture ».
Cependant, indique-t-il, le Chef de l’État Félix Tshisekedi a remercié Marcel Utembi et s’est dit très content de la visite du fait que la CENCO s’est dit prête et a réaffirmé sa volonté de collaborer avec lui.
En outre, le secrétaire général de la CENCO a révélé que Tshisekedi leur a promis qu’ils ne seront pas déçus.
Pendant la conversation, le numéro un de la CENCO Marcel Utembi lui a rappelé que vous êtes héritier d’une devise assez noble qui est « le peuple d’abord ».
Ayant entendu cela, pour sa part, Félix Tshisekedi a promis à ses hôtes: « Je ne trahirai pas jamais la lutte de mon père, mon mentor contre les anti valeurs ».
Par la même occasion, a-t-il ajouté, Félix Tshisekedi s’est dit conscient de la grandeur et de l’importance des chantiers qui l’attendent.
Pour ce faire, il a besoin de la collaboration et implication de la CENCO.
Rappelons-le, après quelques jours des doutes sur son élection à la tête de la République démocratique du Congo, la CENCO par cette visite a démontré qu’il était temps de regarder de l’avant et dans la même direction dans l’objectif d’améliorer les conditions de vie des Congolais.
MUAKAMU/CONGOPROFOND.NET
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Triangle de Bermudes budgétaire : Réformes, diplomatie et turbulences, qui perd le Nord ?
Le début de l’année 2026 devait consacrer la symphonie parfaite d’un trio gouvernemental rodé. Mais les chiffres tombés en janvier ont la dureté d’une taupe : 1.037,5 milliards de CDF de déficit, un trou de 350 milliards plus profond que prévu. Face à cette contre-performance, le gouvernement n’a eu d’autre choix que de se ruer vers le marché financier local pour émettre des bons du Trésor.
Dans ce triangle des Bermudes budgétaire formé par Adolphe Muzito (VPM Budget), Daniel Mukoko Samba (VPM Économie) et Doudou Fwamba (Ministre des Finances), l’heure n’est plus aux discours de façade. L’un d’eux tire visiblement en travers, et l’attelage tousse dangereusement. Adolphe Muzito incarne la rigueur budgétaire affichée. Il a réuni les partenaires techniques et financiers, promis un budget crédible et soutenable, et orchestré l’adoption d’un budget 2026 en équilibre à 54.335,7 milliards de CDF.
Sur le papier, il coche toutes les cases de l’orthodoxie financière. Mais cette discipline a un revers : le budget qu’il présente est un château de cartes si les recettes ne suivent pas. Or, janvier 2026 montre que les recettes n’ont atteint que 86% des prévisions. Adolphe Muzito n’est pas le problème, mais il est le premier à pâtir des faiblesses structurelles. Il construit de belles maisons sur des fondations qui s’effritent, et ses projections trop optimistes fragilisent son rôle de projectionniste.
Daniel Mukoko Samba, lui, joue dans la cour des grands. Son terrain de jeu, c’est Washington, les accords américains, et la diversification des partenaires pour sortir de l’emprise chinoise. Sa métaphore est élégante : “Sur un vélo, il faut deux pieds pour pédaler : l’économie et la sécurité”. Grâce à lui, la RDC tente de réussir le pari d’utiliser ses minerais stratégiques pour attirer les investissements américains. Mais pendant qu’il pédale sur le vélo de la diplomatie économique, la selle craque sous les réalités quotidiennes.
Le trou de janvier est là pour le rappeler : les caisses sont vides aujourd’hui. Le décalage est saisissant entre la hauteur de vue de ses annonces internationales et l’incapacité du pays à boucler ses fins de mois. Reste Doudou Fwamba, dont le portefeuille est le plus exposé. Il est aux commandes de la trésorerie, du paiement des dépenses, et de la régulation financière. C’est lui le réparateur qui doit actionner les leviers de l’endettement intérieur via les bons du Trésor pour combler les déficits.
Sur le fond, il tente des réformes courageuses, comme la déconcentration de l’ordonnancement des dépenses publiques. Mais les réformes de structure ne rattrapent pas un déficit de recettes. Le recours aux bons du Trésor, loin d’être un signe de bonne santé, est l’aveu d’une faiblesse : l’État n’a plus d’argent et doit puiser sur le marché financier local, asséchant le crédit disponible pour le secteur privé. Aujourd’hui, Fwamba est le plus fragilisé.
Il incarne la douleur immédiate, le pompier arrivé après l’incendie. Dans ce trio, si l’un d’eux ne produit pas les résultats escomptés, c’est bien celui qui est incapable de sécuriser la trésorerie au jour le jour. Mais attention : le véritable problème réside dans l’incapacité collective momentanée et peut-être à transformer les promesses de réformes et les accords internationaux en liquidités immédiatement disponibles dans les caisses de l’État.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
