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Environnement

Exploitation abusive du pétrole à Muanda : Pour avoir dénoncé l’emprise des multinationales, l’activiste Nzinga Kotch « un homme à abattre »

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Plusieurs villages du territoire de Muanda, dans la province du Kongo Central, courent le risque de disparition suite à l’exploitation sauvage du pétrole. Le lanceur d’alerte Kotch Nzinga Nzinga, activiste écologique, est monté au créneau pour dénoncer cette situation.

Doté des réserves pétrolières, Muanda fait face à une exploitation abusive et moins profitable aux populations autochtones, par les entreprises pétrolières dont Perenco, SOCIR SA, SURESTREAM RDC SA.

À CONGOPROFOND.NET, l’activiste Nzinga Kotch révèle que la société franco-britannique Perenco produit près de 25.000 barils de pétrole par jour, mais cet or noir ne profite en rien à la population Muandaise. Par contre, elle est victime de l’expropriation des terres agricoles à chaque découverte pétrolière « contre des modiques sommes d’argent en complicité avec les autorités locales ».

Cette exploitation abusive est à la base non seulement de l’expropriation des terres aux paysans mais aussi ruine à la protection de la biodiversité (du parc de Mangrove); la pollution des eaux de l’océan Atlantique et de l’environnement. Ce qui provoque également des conséquences fâcheuses à la santé humaine.

« Voyant les dangers liés à l’exploitation pétrolière par les multinationales dont Perenco, je m’étais fait lanceur d’alerte tout en gardant mon anonymat et soutenant d’autres collègues activistes écologiques dans les provinces du Kasaï central, du Maniema, du Sankuru et du Sud-Kivu. J’étais particulièrement sur la première ligne pour dénoncer les mauvaises pratiques des compagnies pétrolières qui exploitent nos minerais et détruisent notre patrimoine », a-t-il déclaré.

À l’inverse, en dépit de la présence accrue de ces entreprises pétrolières à Muanda depuis des années, ce territoire manque d’énergie électrique, l’eau potable laisse à désirer, les bonnes écoles n’existent presque pas, sans parler de l’état de délabrement avancé des routes. Les populations autochtones décrient également l’exclusion de la main d’œuvre locale par ces sociétés.

« J’ai été plusieurs fois arrêté pour me faire taire. Actuellement je vis à Kinshasa, je travaille en tant qu’agent de carrière de l’État, mais les menaces que je reçois vont même à toucher ma carrière professionnelle. Mon salaire a été bloqué depuis février 2024, ma sécurité est en danger. J’ai échappé à plusieurs tentatives d’enlèvement depuis fin 2023. Je tente plusieurs fois d’entrer en contact avec les autorités compétentes sans succès », dénonce Kotch Nzinga Nzinga.

Il sie de noter que Muanda, grosse cité bâtie au bout d’une piste, ancien avant-poste de la colonisation portugaise puis belge, abrite aussi toute la façade maritime de la RDC : 38 kilomètres, coincés entre l’embouchure du fleuve Congo et l’enclave angolaise de Cabinda. Autrefois, les pirogues de pêcheurs s’alignaient sur les rives de ce timbre-poste de sable blond, de cocotiers et de mangrove.

Willy Theway Kambulu/CONGOPROFOND.NET

Environnement

Journée mondiale de l’environnement : Phinées Makasi exhorte les élèves du CS Ngemba de Kinshasa à devenir acteurs de la transition écologique

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À l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement célébrée ce 5 juin 2026, le Complexe Scolaire Ngemba de Kinshasa a reçu un message fort de sensibilisation. L’orateur, Phinées Makasi, enseignant aux universités et chef du département des sciences de l’Environnement à l’Université du CEPROMAD-GEMENA, a appelé la jeunesse scolaire à transformer l’angoisse écologique en action concrète.

1. « La vérité est là » : un constat lucide devant les élèves

Face aux enseignants et élèves réunis en conférence, Phinées Makasi a d’abord planté le décor : « Les signaux sont clairs, la science prouve, la nature en témoigne. La vérité est là. » Citant les vagues de chaleur, érosions, inondations, sécheresses et épidémies qui frappent déjà la République démocratique du Congo, il a rappelé que « ce que nos mains ont créé n’a pas seulement aidé l’humanité, cela a aussi causé de grands torts à notre environnement ».

Le scientifique a reconnu l’écoanxiété qui gagne les adolescents. « Cette peur de vivre dans un environnement qui se dégrade touche de plein fouet les jeunes que vous êtes », a-t-il dit. Mais loin de céder au fatalisme, son message se veut un appel au courage : « Le courage c’est de chercher la vérité et de la dire. »

2. « L’avenir vous appartient » : l’école comme levier de changement

Pour Phinées Makasi, la réponse passe par l’éducation. Reprenant Nelson Mandela « Si vous voulez détruire une nation, commencez par détruire son système éducatif », il a affirmé : « Si votre école est ouverte aujourd’hui, c’est qu’il y a de l’espoir. »

Le chef de département du CEPROMAD-GEMENA croit au potentiel des élèves : « Vous n’êtes pas de simples spectateurs : vous devez agir. L’école vous donne l’opportunité de réveiller en vous ce génie capable de tout changer. » Chaque cours, chaque livre, chaque projet doit devenir « une brique pour construire le monde de demain ».

3. Aux élèves : « Osez, créez, n’ayez pas peur de l’erreur »

Le message aux enfants se veut mobilisateur : « Vos voix comptent ! Vous avez des idées, une créativité et une audace que les adultes oublient parfois. Ne laissez personne vous dire que vous êtes trop jeunes pour faire bouger les lignes. »

Phinées Makasi a listé des pistes concrètes : « Créez des voitures électriques, des photovoltaïques, des cités écologiques, des aliments avec moins d’engrais chimiques ». Pour lui, la créativité écologique « se cache aujourd’hui dans vos cours de mathématiques, de physique, de géographie ou de botanique ». L’erreur, insiste-t-il, « est un apprentissage. Ceux qui transforment le monde sont simplement ceux qui ont essayé une fois de plus que les autres ».

4. Aux enseignants : « Ne gaspillez pas une minute »

S’adressant au corps professoral de l’école, l’environnementaliste a rappelé leur responsabilité : « Vous avez la lourde tâche de les maintenir concentrés pour atteindre leurs objectifs, dans un monde qui connaît une transformation numérique sans précédent. Cette tâche n’est pas facile, mais avec un peu de sacrifice, vous le pourriez. »

5. « Les signaux sont au vert »

Concluant son allocution, Phinées Makasi a lancé : « L’avenir ne vous attend pas, il vous appartient. Le monde de demain sera exactement ce que vous déciderez d’en faire. Dès aujourd’hui, connectez-vous, créez, osez. Les signaux sont au vert. C’est votre moment. »

Par ce discours, porté par Eagle Vision Of Afrique, l’universitaire veut faire de l’école un laboratoire d’écocitoyens. Un message qui résonne particulièrement à Gemena, chef-lieu du Sud-Ubangi, province confrontée aux défis climatiques et environnementaux bien que disposant de vastes étendues forestières.

Blaise ABITA

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