Connect with us

À la Une

Étienne et Félix Tshisekedi : Une même vision, deux époques, un seul combat

Published

on

Vers les années 1980, au Zaïre (ancienne appellation de l’actuelle République Démocratique du Congo), parler de démocratie relevait du crime de lèse-majesté. Le pays vivait alors sous l’autorité du tout-puissant Maréchal Mobutu Sese Seko, Président de la République et chef du parti unique, le MPR.

Il était impensable de s’écarter de la pensée unique. Et pourtant, un homme osa briser ce silence imposé : Étienne Tshisekedi wa Mulumba. Ancien collaborateur de Mobutu, tour à tour ministre, ambassadeur, député national et Premier ministre, il prit le risque de défier le régime.

Aux côtés de douze autres parlementaires, il créa l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), un parti qui allait marquer l’histoire politique du Congo.

Surnommé « le Sphinx de Limete » ou encore « Monsieur Non » pour sa fermeté face aux décisions arbitraires du pouvoir, Étienne Tshisekedi incarna la lutte pour le changement de mentalités et l’avènement d’un régime véritablement démocratique. Décédé en 2017, après plus de trois décennies de combat, de résistance et d’espoir, il laisse derrière lui un héritage politique et moral considérable, résumé dans son slogan devenu culte : « Le peuple d’abord ».

Son rêve d’un Congo gouverné pour et par le peuple ne s’est pas pleinement réalisé de son vivant (sa victoire revendiquée à la présidentielle de 2011 n’ayant jamais été reconnue), mais il a semé les graines d’une révolution pacifique. Parmi ces héritages, il y a son fils, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, aujourd’hui Président de la République.

Troisième fils du Sphinx, Félix Tshisekedi fut le plus proche collaborateur et le digne héritier de la vision paternelle. Quand Étienne rêvait d’un Congo débarrassé de la dictature, Félix était à ses côtés, affrontant brimades, exils et humiliations. De Kinshasa aux confins du Kasaï Oriental, jusqu’aux tribunes internationales, il a porté haut le flambeau du combat de son père.

Élu en 2019, puis réélu massivement en 2023, le cinquième Président de la République Démocratique du Congo s’attelle à concrétiser le mot d’ordre « Le Peuple d’abord », longtemps perçu comme une utopie.

Sous sa gouvernance, des réformes majeures ont vu le jour :

– la gratuité de l’enseignement de base,

– la couverture santé universelle,

– la réduction des inégalités sociales,

– le soutien à l’entrepreneuriat des jeunes,

– et la lutte contre la corruption et les antivaleurs.

Ces mesures traduisent la volonté de replacer le citoyen au centre de l’action publique, fidèle à la philosophie du père fondateur de l’UDPS.

Une approche différente, la même finalité

Si Étienne Tshisekedi était connu pour son intransigeance et sa posture de résistance (Monsieur Non ou Monsieur de la chaise vide), Félix Tshisekedi pratique une politique plus ouverte, une diplomatie du dialogue et de la persuasion.

Sans renier la fermeté, il privilégie la concertation pour comprendre, apaiser et transformer.

Fin diplomate, il sillonne le monde pour redorer l’image de la RDC, attirer les investisseurs et renforcer les alliances. Ce style, que certains qualifient de « douce politique », n’en demeure pas moins déterminé dans sa quête : poursuivre l’œuvre du père et bâtir un Congo tourné vers l’intérêt général.

Étienne Tshisekedi est mort, sans vraiment mourir.

À travers son fils, sa vision continue de vivre et de façonner l’avenir du Congo.

Guillaume Modimola Myande 

Octobre 2025

À la Une

DIGI’TALK Douala 2026 : « L’Afrique doit passer de consommatrice à créatrice du digital », affirme Estelle Essame ( Interview exclusive )

Published

on

Fondatrice du magazine INNOV’TECH AFRICA et initiatrice de DIGI’TALK, plateforme stratégique dédiée aux acteurs du numérique, Estelle Essame œuvre à structurer et valoriser les écosystèmes technologiques africains. À la croisée des médias, du digital et du développement, elle porte une ambition claire : positionner l’Afrique comme un acteur crédible sur la scène technologique mondiale.

Dans cette interview exclusive accordée à CONGOPROFOND.NET, elle décrypte les enjeux de la transformation digitale et les ambitions de DIGI’TALK.

CONGOPROFOND.NET : On parle de plus en plus de transformation digitale dans le contexte africain. Selon vous, pourquoi ce sujet est-il devenu incontournable pour les entreprises ?

Estelle Essame : Parce que le monde n’attend plus. Aujourd’hui, une entreprise qui n’intègre pas le digital ne perd pas seulement en performance, elle perd en pertinence.

Mais au-delà de la compétitivité, il y a un enjeu encore plus profond en Afrique : le digital est un accélérateur de développement. Il permet de contourner certaines limites structurelles et d’ouvrir des marchés autrefois inaccessibles.

La vraie question n’est plus : “faut-il y aller ?”, mais “à quelle vitesse et avec quelle stratégie ?”.

CONGOPROFOND.NET : Quelle est la vision derrière l’organisation de DIGI’TALK ?

Estelle Essame : DIGI’TALK est né d’un besoin simple : créer des conversations utiles. Pas des panels passifs, mais des espaces d’échanges réels, où les participants se challengent et se connectent.

Ma vision est claire : transformer les discussions en opportunités, et les rencontres en collaborations concrètes.

CONGOPROFOND.NET : Pourquoi avoir choisi Douala comme ville hôte ?

Estelle Essame : Douala est un hub économique majeur en Afrique centrale. C’est une ville dynamique, portée par une forte culture entrepreneuriale et une concentration d’acteurs économiques clés.

Positionner DIGI’TALK à Douala, c’est s’ancrer au cœur de l’activité économique réelle.

CONGOPROFOND.NET : À qui s’adresse principalement cet événement ?

Estelle Essame : DIGI’TALK s’adresse à ceux qui font : entrepreneurs, décideurs, startups, professionnels du digital, investisseurs, mais aussi jeunes talents.

Ce qui nous intéresse, ce ne sont pas les profils, mais les dynamiques. Créer des ponts entre ces mondes, c’est là que se crée la vraie valeur.

CONGOPROFOND.NET : Quelles thématiques majeures seront abordées lors de cette édition ?

Estelle Essame : Nous avons choisi des thématiques à la fois tendances et stratégiques : la transformation digitale des entreprises, l’intelligence artificielle et les opportunités business dans le numérique.

Mais surtout, nous allons parler concret : cas réels, retours d’expérience et opportunités immédiates.

CONGOPROFOND.NET : Qu’est-ce qui distingue DIGI’TALK des autres rencontres sur le digital ?

Estelle Essame : Son positionnement hybride et orienté résultats. Ce n’est ni un événement institutionnel classique, ni une simple conférence.

C’est un format immersif, conçu pour favoriser des échanges directs, qualitatifs et stratégiques, avec un objectif clair : déboucher sur des collaborations concrètes.

CONGOPROFOND.NET : Quel impact concret attendez-vous pour les participants et les entreprises ?

Estelle Essame : DIGI’TALK doit générer des connexions stratégiques, faciliter l’accès à des opportunités business et accélérer la compréhension des enjeux digitaux.

Pour les entreprises, c’est un levier de veille et de développement. Pour les participants, un accès à des réseaux qualifiés et à des insights de haut niveau.

Notre objectif est clair : créer de la valeur tangible.

CONGOPROFOND.NET : Quels conseils donneriez-vous aux entreprises qui hésitent encore à amorcer leur transformation digitale ?

Estelle Essame : Le principal risque aujourd’hui, c’est l’inaction.

La transformation digitale doit être progressive, structurée et alignée sur les objectifs business. Il ne s’agit pas de tout transformer, mais de prioriser les leviers à fort impact.

Il est aussi essentiel de s’entourer des bonnes expertises et d’adopter une culture d’adaptation continue.

CONGOPROFOND.NET : Quelles tendances digitales marqueront les prochaines années en Afrique ?

Estelle Essame : L’intelligence artificielle va accélérer beaucoup de choses. En parallèle, la cybersécurité deviendra critique.

Je crois également à la montée des solutions africaines, pensées pour nos réalités. Nous allons passer progressivement d’un modèle d’adoption à un modèle de création.

CONGOPROFOND.NET : Comment les jeunes et les startups peuvent-ils tirer parti de cette dynamique ?

Estelle Essame : Les opportunités sont considérables. Ils doivent se positionner rapidement, développer des compétences solides et miser sur la collaboration.

Des plateformes comme DIGI’TALK leur permettent de gagner en visibilité, de rencontrer des partenaires et d’accélérer leur croissance.

CONGOPROFOND.NET : Pourquoi faut-il absolument participer à DIGI’TALK Douala 2026 ?

Estelle Essame : Parce que DIGI’TALK est un catalyseur d’opportunités.

C’est un espace où se rencontrent les acteurs qui façonnent l’avenir du digital en Afrique centrale. En une seule expérience, les participants accèdent à un réseau qualifié, à des insights stratégiques et à des opportunités concrètes.

C’est un rendez-vous à forte valeur ajoutée.

CONGOPROFOND.NET : Un dernier message aux acteurs du numérique et aux décideurs africains ?

Estelle Essame : Nous sommes à un tournant décisif. L’Afrique ne peut plus se contenter d’être un marché de consommation technologique.

Elle doit s’affirmer comme un acteur de création, d’innovation et de production de solutions adaptées à ses réalités.

Cela exige une mobilisation collective : institutions, secteur privé, talents et entrepreneurs.

C’est à ce prix que nous construirons une Afrique qui ne subit pas la transformation digitale, mais qui la façonne.

Propos recueillis par Tchèques Bukasa / CONGOPROFOND.NET

Continue Reading