Politique
Escalade au Nord-Kivu : João Lourenço condamne des « actions irresponsables du M23 et de ses partisans »
Dans un communiqué vendredi, le facilitateur dans la crise entre la RDC et le Rwanda condamne des « actions irresponsables du M23 et de ses partisans ».
Ces actions, a-t-il indiqué, reflètent une dangereuse escalade de ce conflit, avec d’énormes conséquences pour la fragile situation humanitaire, en particulier autour de la ville aujourd’hui assiégée de Goma.
Depuis mercredi, le M23 a lancé une offensive à Sake, dernière bastion avant la ville de Goma. Des affrontements qui ont notamment coûté la vie au gouverneur militaire du Nord-Kivu, Peter Cirimwami, tué sur la ligne de front jeudi.
Le président angolais appelle le Rwanda et la RDC à reprendre la table des discussions. Le 15 décembre dernier, l’accord tant attendu entre les deux pays a accouché d’une souris, le président rwandais ayant refusé de se présenter à Luanda. Kigali avait introduit en dernière minute l’obligation pour Kinshasa de dialoguer directement avec le M23. Ce qui est pourtant une ligne rouge pour Felix Tshisekedi et son gouvernement.
« La République d’Angola lance un appel aux parties en conflit pour qu’elles respectent les droits de l’homme, la protection des civils et sauvegardent l’intégrité et la sécurité des troupes du Mécanisme spécial renforcé de vérification (MAVR), déployées à Goma (Nord-Kivu), dans le cadre des efforts de facilitation », ajoute le communiqué du facilitateur.
Infos.cd
Politique
Andy Bemba charge Joseph Kabila : « Une incohérence politique au service d’intérêts cachés »
Dans une sortie médiatique au ton incisif, Andy Bemba, président national du parti « Nouvelle Pensée » (NP), s’est exprimé ce vendredi 1er mai 2026 à la suite du discours de Joseph Kabila, intervenu après les sanctions qui lui ont été infligées par les États-Unis. Cette réaction s’inscrit dans un contexte politique particulièrement délétère, marqué par des tensions persistantes dans l’Est de la République démocratique du Congo. « Ces sanctions américaines renforcent ma détermination à défendre la RDC », a déclaré l’ancien chef de l’État.
Selon Andy Bemba, les propos de Joseph Kabila traduisent une contradiction manifeste, voire une duplicité politique difficilement défendable. « Lorsque le président honoraire parle de dictature tout en semblant s’aligner avec une rébellion impliquée dans les violences à l’Est, cela révèle une incohérence majeure dans son discours », a-t-il affirmé, dénonçant une posture qu’il juge à la fois ambiguë et stratégiquement orientée.
L’ancien président, qui a dirigé le pays durant près de deux décennies, se retrouve aujourd’hui au cœur de vives critiques, notamment en raison de positions jugées paradoxales. Pour Andy Bemba, cette attitude est d’autant plus problématique qu’elle émane d’une figure ayant longtemps incarné l’autorité suprême. « Un patriote, et plus encore un ancien président après 18 ans de pouvoir, ne peut agir de la sorte », a-t-il martelé, soulignant une dissonance entre les discours et les actes.
Au-delà de la critique politique, Andy Bemba va plus loin en prêtant à Joseph Kabila des motivations moins avouables. « Derrière le discours sur la dictature se cache en réalité la défense d’intérêts personnels », a-t-il soutenu, évoquant une instrumentalisation du registre démocratique à des fins stratégiques.
Cette charge, aux accents particulièrement sévères, met en lumière les fractures profondes qui traversent la scène politique congolaise. Elle interroge également la crédibilité des prises de position des anciens dirigeants, surtout lorsqu’elles s’inscrivent dans des dynamiques perçues comme contraires à l’intérêt national.
Dans un climat politique où les discours rivalisent avec les non-dits, la frontière entre conviction et calcul semble plus que jamais ténue, laissant planer le doute sur la sincérité des engagements affichés.
Blaise Abita Etambe / CongoProfond.net
