Politique
Escalade au Nord-Kivu : João Lourenço condamne des « actions irresponsables du M23 et de ses partisans »
Dans un communiqué vendredi, le facilitateur dans la crise entre la RDC et le Rwanda condamne des « actions irresponsables du M23 et de ses partisans ».
Ces actions, a-t-il indiqué, reflètent une dangereuse escalade de ce conflit, avec d’énormes conséquences pour la fragile situation humanitaire, en particulier autour de la ville aujourd’hui assiégée de Goma.
Depuis mercredi, le M23 a lancé une offensive à Sake, dernière bastion avant la ville de Goma. Des affrontements qui ont notamment coûté la vie au gouverneur militaire du Nord-Kivu, Peter Cirimwami, tué sur la ligne de front jeudi.
Le président angolais appelle le Rwanda et la RDC à reprendre la table des discussions. Le 15 décembre dernier, l’accord tant attendu entre les deux pays a accouché d’une souris, le président rwandais ayant refusé de se présenter à Luanda. Kigali avait introduit en dernière minute l’obligation pour Kinshasa de dialoguer directement avec le M23. Ce qui est pourtant une ligne rouge pour Felix Tshisekedi et son gouvernement.
« La République d’Angola lance un appel aux parties en conflit pour qu’elles respectent les droits de l’homme, la protection des civils et sauvegardent l’intégrité et la sécurité des troupes du Mécanisme spécial renforcé de vérification (MAVR), déployées à Goma (Nord-Kivu), dans le cadre des efforts de facilitation », ajoute le communiqué du facilitateur.
Infos.cd
À la Une
Jean-Pierre Lacroix de retour à Kinshasa : L’ONU face à l’épreuve de vérité congolaise
Le retour à Kinshasa de Jean-Pierre Lacroix, Secrétaire général adjoint des Nations-Unies chargé des opérations de maintien de la paix, intervient à un moment de tension extrême pour la République démocratique du Congo. Cette visite s’inscrit dans un contexte marqué par l’aggravation de la crise sécuritaire dans l’Est, la résurgence des combats entre l’AFC/M23 et les FARDC, et les interrogations persistantes sur l’efficacité de la MONUSCO, pourtant présente depuis plus de deux décennies.
À Kinshasa, le message est double. D’un côté, les autorités congolaises disposées désormais à un « Dialogue » selon ses conditions, réaffirment leur attachement au soutien onusien. De l’autre, elles exigent une implication plus ferme et plus lisible de l’ONU face aux groupes armés et à leurs soutiens présumés, alors que la souveraineté territoriale du pays demeure gravement menacée.
La question sécuritaire reste au cœur de la mission de Jean-Pierre Lacroix. L’émissaire onusien est attendu sur un point précis : la mise en œuvre effective des résolutions du Conseil de sécurité, notamment celles exigeant le retrait des groupes rebelles et la protection des civils. Son passage à Kinshasa vise aussi à rappeler que les entraves imposées aux mouvements de la MONUSCO dans certaines zones sont incompatibles avec le mandat des Nations Unies.
Mais au-delà du terrain militaire, Lacroix porte également un message politique. La stabilité durable de la RDC, martèle l’ONU, passe par un dialogue interne inclusif, capable de réduire les fractures politiques et sociales qui nourrissent les conflits armés. Dans un pays encore fragilisé par des tensions post-électorales et des défis de gouvernance, cette dimension politique devient indissociable de la quête de paix.
Ainsi, le retour de Jean-Pierre Lacroix à Kinshasa ne relève pas d’un simple rituel diplomatique. Il constitue un test majeur pour la crédibilité de l’ONU en RDC, mais aussi pour la capacité des autorités congolaises et de leurs partenaires internationaux à transformer les déclarations de principe en actions concrètes. À ce stade critique, la patience des populations civiles, premières victimes de l’insécurité, s’amenuise dangereusement.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
