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EPST : une « Fatwa » lancée à Beni contre Tony Mwaba pour « banalisation des voix des enseignants » !
Les enseignants grévistes poursuivent leur mouvement de grève sur toute l’étendue du territoire national, jusqu’à ce que le gouvernement prenne en compte les revendications des éducateurs.
A Beni, dans le Nord-Kivu, le Syndicat des Enseignants du Congo (SYECO) et le Syndicat National des Écoles Catholiques (SYNECAT) sont entrain de récolter les signatures de la pétition contre le ministre de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Technique, Tony Mwaba Kazadi.
Pour le secrétaire permanent du SYNECAT à Beni, Pascal Muliwavio, les enseignants en veulent au ministre Tony Mwaba pour des décisions et propos « malveillants » envers ceux-ci. Il denonce du ministre Mwaba de « banaliser la voix des enseignants ».
Cette même source annonce une nette progression vers les 100.000 signatures de la pétition pour exiger la démission du ministre de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Technique, Tony Mwaba.
Selon le secrétaire permanent du SYNECAT, les parents doivent comprendre que « les deux années de la gratuité de l’enseignement ne sont pas l’œuvre du gouvernement, parce que jusque-là, le fardeau est déposé sur les têtes des enseignants ».
Le gouvernement invité à respecter ses engagements convenus à Bibwa envers les enseignants, pour les uns, non payés pendant deux ans et pour les autres mal payés durant la même période, affirme la même source depuis Beni.
À Kinshasa, les parents d’élèves inscrits dans les établissements où il y a la gratuité de l’enseignement, ont manifesté ce lundi 18 octobre, devant le ministère de l’EPST pour exiger la levée de la grève des enseignants afin de permettre aux enfants d’étudier convenablement.
Certains parents ne veulent plus de la gratuité de l’enseignement car, disent-ils, que leurs enfants n’étudient plus régulièrement comme avant. La qualité ayant aussi baissé depuis l’année dernière.
Sain Jean-Eude’s Miense/CONGOPROFOND.NET
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IA et médias africains : Melba Orlie Nzang Meyo plaide pour la souveraineté des données culturelles
C’est à l’Université Internationale de Libreville Berthe et Jean, le mercredi 21 janvier 2026, que Mme Melba Melba Orlie Nzang Meyo a livré une communication dans le cadre de la Conférence internationale de la presse francophone (Cipref 2026). Au cœur de son intervention : la nécessité urgente de valoriser les données culturelles locales dans l’usage croissant de l’intelligence artificielle par les médias africains.
Face à un auditoire composé de professionnels de l’information, d’universitaires et d’étudiants, la conférencière a mis en garde contre une adoption aveugle des technologies d’IA ( Intelligence Artificielle), souvent conçues et entraînées loin des réalités africaines.

Les données locales, nerf de la guerre de l’intelligence artificielle
Pour Mme Nzang Meyo, la question des données n’est pas accessoire : elle est centrale. « Sans données locales, l’intelligence artificielle appliquée aux médias risque de devenir un instrument d’acculturation plutôt qu’un levier de développement », a-t-elle souligné.
La majorité des modèles d’IA aujourd’hui utilisés dans le monde, qu’il s’agisse de génération de textes, d’images ou d’analyses, sont entraînés sur des bases de données largement dominées par des contenus occidentaux. Une réalité qui pose un problème majeur pour les médias africains soucieux de produire une information ancrée dans leurs contextes nationaux.
Des contenus déconnectés des réalités africaines
Le risque est réel : recourir à une intelligence artificielle non nourrie de données locales peut conduire à la production de contenus historiquement approximatifs, socialement hors-sol ou culturellement inadaptés. Articles de presse, illustrations, analyses ou récits médiatiques peuvent alors refléter des schémas exogènes, éloignés des réalités géographiques, linguistiques et sociopolitiques du Gabon ou d’autres pays africains.
À l’inverse, la valorisation des archives nationales, des productions médiatiques locales et des savoirs endogènes permettrait à l’IA de mieux saisir les nuances du français gabonais, l’usage des langues vernaculaires, ainsi que les subtilités culturelles propres aux sociétés africaines.
Raconter l’Afrique avec ses propres algorithmes

L’enjeu est aussi politique et symbolique. « Si les médias africains ne valorisent pas leurs propres données, ils deviennent dépendants d’algorithmes étrangers pour raconter leur propre histoire », a averti la conférencière. Une dépendance qui pourrait, à terme, fragiliser la souveraineté narrative du continent et uniformiser les récits médiatiques.
Pour Melba Nzang Meyo, il est donc impératif que les rédactions, les institutions culturelles et les États investissent dans la structuration, la numérisation et la protection des données locales, afin que l’intelligence artificielle devienne un outil d’émancipation et non de dilution identitaire.
Qui est Melba Melba Orlie Nzang Meyo ?
Mme Melba Melba Orlie Nzang Meyo est une spécialiste des enjeux numériques et culturels, engagée sur les questions de médias, innovation technologique et valorisation des patrimoines africains. Son travail s’inscrit à la croisée de la communication, de la culture et des nouvelles technologies, avec une attention particulière portée à la souveraineté informationnelle et à la place de l’Afrique dans l’écosystème mondial de l’intelligence artificielle.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
