Education
EPST : Le spectre d’une perturbation des activités plane sur l’année scolaire 2023-2024
Le Sous-Secteur de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Technique court actuellement un grand risque d’effervescence qui va perturber le déroulement des enseignements au niveau des établissements scolaires et bloquer l’organisation des épreuves certificatives de l’édition 2024, notamment l’Examen de fin d’Etudes Primaires (ENAFEP), le Test National de Sélection et d’Orientation Scolaire et Professionnelle (TENASOSP), ainsi que l’Examen d’Etat et ce, suite à la montée au créneau des organisations syndicales des enseignants qui attendent mordicus la réalisation des promesses du Gouvernement, à la fin de ce mois d’avril.
En effet, réuni ce week-end à Kinshasa pour évaluer les dispositions prises par le Gouvernement pour la réalisation de ses engagements pris à la dernière commission paritaire de Bibwa, l’Intersyndicale des Syndicats des Enseignants de l’EPST regrette de la lenteur dont fait preuve le Gouvernement et lance un message fort à sa direction.
« L’Intersyndicale de l’EPST a le regret de constater que le Gouvernement de la République traine les pas dans le processus du respect de ses engagements dont l’exécution est prévue au mois d’avril 2024. Face à cette situation, l’Intersyndicale invite le Gouvernement de la République à respecter ses engagements conformément au procès-verbal sanctionnant la fin des travaux de la commission paritaire de Bibwa 2024 », a déclaré à la presse le samedi 13 avril 2024, le porte-parole Godefroid Matondo.

Et d’ajouter : « Faute de quoi, il sera tenu pour seul responsable de toute perturbation qui surviendrait dans le sous-secteur de l’EPST, allant jusqu’à boycotter les évaluations certificatives de l’édition 2024 et à décréter un arrêt collectif des enseignements, dans tous les établissements scolaires publics de l’EPST ».
Au niveau de la province du Haut Katanga, c’est le Syndicat des Enseignants du Congo (SYECO) qui envoie le même signal à l’endroit du Gouvernement en promettant des actions syndicales de grande envergure. A travers les antennes de nos confrères de Top Congo FM, le Président Provincial du SYECO/Haut Katanga, Guillaume Banza, a fait la déclaration suivante : « Nous avons appelé les enseignants pour la restitution de ce qu’on a fait à Bibwa. Nous avons travaillé sur la ventilation d’argent qui était destiné à l’EPST, les 26 milliards de francs congolais et nous avons déterminé ce que l’enseignant peut avoir au mois d’avril. C’est ainsi que nous disons, l’argent est peu, mais nous l’acceptons et que l’Etat respecte ses engagements ».
Aussi, a-t-il poursuivi : « Si l’Etat n’honore pas ses engagements, nous allons faire des actions syndicales qui iront même à la perturbation des cours. Le Gouvernement a accepté de payer 40.000 FC aux enseignants de l’école primaire, 20 mille de la gratuité et 20 mille qu’on a donnés à tous les enseignants. Il a accepté de payer les grades transposés pour tous ceux du primaire qui ont fait la section pédagogique et de payer les NP du secondaire. Si toutes ces actions ne sont pas honorées au mois d’avril, nous serons dans l’obligation de prendre nos responsabilités, en boycottant même les cours, puisque nous avons montré notre bonne foi ».
Notons que ces déclarations de l’Intersyndicale des Syndicats s’ajoutent à celle du Syndicat National des Inspecteurs de l’Enseignement au Congo (SYNIECO), faite le mardi 09 avril 2024 par son Secrétaire Général, Henry-Crispin Longendjo, revendiquant l’ajout prévu dans les salaires de tous les enseignants, la régularisation de la situation salariale des NU et NP de l’Inspection et le paiement de leur prime pour fonction spéciale, à la fin du mois d’avril comme prévu, tout en annonçant le boycott de l’organisation de l’Examen d’Etat, en cas de non concrétisation de ces promesses.
Néanmoins, le Gouvernement ne s’est pas encore prononcé par rapport à ces engagements. Certaines sources au niveau de la DINACOPE nous renseignent que pour ce mois d’avril, une seule action pourrait être concrétisée, notamment l’ajout prévu dans les salaires des enseignants, les autres actions étant renvoyées au troisième trimestre c.à.d au mois de juillet 2024.
Cependant, la rédaction de CONGOPROFOND.NET qui suit de près les activités de l’EPST, depuis l’avènement du Président Félix-Antoine Tshisekedi à la tête de la République Démocratique du Congo et qui a interrogé quelques operateurs pédagogiques sur cette actualité dans le sous-secteur, estime que les syndicalistes font des revendications des enseignants un fonds de commerce et ne jouent pas franc jeu. Une personne affectée comme cadre à la DINACOPE ou à la MESP et qui se réclame syndicaliste, ne travaillera que pour protéger son poste en faisant allégeance à l’autorité qui lui a donné cet avantage.
S’agissant particulièrement du porte-parole de l’Intersyndicale des Syndicats, Godefroid Matondo, la question que nous nous posons est la suivante : Peut-il encore bénéficier de la confiance des enseignants après sa déclaration mensongère qui avait étouffée la grève décrétée en mai 2023 et qui les avait mis dos à dos avec le groupe de Cécile Tshiyombo ?
Il convient de souligner, à titre de rappel, que très souvent ce sont des promesses non tenues qui ont été à la base des mouvements de grève des enseignants. Au nom du Premier Ministre, le Ministre de l’EPST avait convoqué la commission paritaire à Bibwa pour évaluer les accords et voir ce qui est faisable dans le cadre du budget 2024. Un procès-verbal quadripartite, Budget-Finances-EPST-Banc syndical, assorti de sept actions prioritaires à réaliser à la fin du mois d’avril, avait sanctionné la fin de ces travaux.
Bref, disons que la balle se trouve du côté du Gouvernement de la République qui doit concrétiser ses engagements pour éviter des soubresauts deux mois et demi de la clôture de l’année scolaire. Une question reste tout de même pendante, à savoir : Pourquoi réunir les enseignants, leur montrer les ressources financières disponibles dans le budget et ne pas réaliser ses promesses ? On ne réveille pas un chat qui dort, dit-on. Il ne sera pas bon que l’année scolaire soit encore perturbée. Beaucoup d’efforts avaient été consentis pour sa normalisation après l’avènement de la Covid 19.
Jules KISEMA KINKATU/CONGOPROFOND.NET
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« Bourse Bora » de Fifi Masuka : Un programme qui ouvre les portes de l’université aux meilleurs élèves du Lualaba dès 75 %
À l’occasion du huitième anniversaire de la Fondation AMANI, les jeunes de Kolwezi ont mis à l’honneur leur marraine, Fifi Masuka Saini, en consacrant une méga-conférence à ses réalisations en faveur de la jeunesse. Parmi les initiatives les plus saluées figure le programme Bora, considéré comme l’un des plus ambitieux mécanismes d’appui à l’excellence scolaire en République démocratique du Congo.
Au cours des échanges, les intervenants ont présenté les retombées du programme Lualaba Bora, qui récompense chaque année les élèves ayant obtenu au moins 75 % aux examens d’État. Ces lauréats bénéficient d’une bourse leur permettant de poursuivre des études supérieures dans les meilleures universités du pays et de l’étranger, contribuant ainsi à la formation d’une nouvelle génération de cadres pour le développement de la province et de la RDC.
Les organisateurs ont particulièrement insisté sur la spécificité de cette initiative. Contrairement à la Bourse Excellentia portée par Denise Nyakeru Tshisekedi, qui exige un minimum de 85 % aux examens d’État, le programme Bora de Fifi Masuka fixe le seuil d’éligibilité à 75 %, élargissant ainsi le nombre de bénéficiaires de l’excellence académique. Autre particularité majeure, les lauréats reçoivent une bourse couvrant cinq années complètes d’études universitaires, leur offrant une garantie de continuité dans leur parcours académique.
Pour les responsables de la Fondation AMANI, cette politique traduit la vision de Fifi Masuka Saini, qui considère l’éducation comme un levier stratégique du développement. En investissant durablement dans les talents de la jeunesse, la gouverneure du Lualaba entend créer une élite compétente capable de relever les défis économiques et sociaux de la province et du pays.
La célébration des huit ans de la Fondation AMANI a ainsi servi de tribune pour rappeler qu’au-delà des infrastructures et des projets de développement, le capital humain demeure la principale richesse du Lualaba. À travers le programme Bora, les jeunes ont voulu témoigner leur reconnaissance envers leur marraine, dont les actions en faveur de l’excellence scolaire constituent, selon eux, une source d’inspiration pour toute la République démocratique du Congo.
Victor Kalenga Nsana/CONGOPROFOND.NET
