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EPST : Lancement à Kinshasa de la 1ère édition du test de recrutement des enseignants et Directeurs du primaire

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Le Ministre sortant de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Technique, Tony Muaba Kazadi, a lancé le mardi 05 mars 2024 à l’ITC Ndjili, la première édition du test de recrutement des enseignants et des Directeurs des écoles primaires, en vue de constituer une base des données de potentiels candidats éligibles à l’engagement dans les écoles tant publiques que privées et ce, dans le cadre du redressement du système éducatif et l’amélioration de la qualité de l’enseignement. Trois provinces pilotes sont concernées par cette première édition, à savoir : Kinshasa, Kongo Central et Kassaï Central.

« Aujourd’hui, le Ministère de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Technique va passer à l’autre page, dans le cadre de son redressement avec l’appui de la Banque Mondiale et l’exécution du projet PERSE, dans le lancement de la première édition du recrutement des enseignants sur base du concours, pour nous rassurer de la qualification d’un enseignant avant qu’il ne soit recruté et placé devant les enfants », a déclaré Tony Muaba.

Et d’ajouter : « Ceci matérialise la vision du Chef de l’Etat qui tient absolument à ce que la qualité de l’enseignement soit relevée dans notre pays pour assurer une bonne instruction et une bonne éducation à nos enfants ».

Cependant, indiquons qu’une petite confusion régnait dans le chef des candidats qui ont postulé et qui pensait que le test était organisé en vue d’un recrutement immédiat dans les écoles, surtout au poste de Directeur.

A ce sujet, Tony Muaba Kazadi précise que : « Dorénavant, après ce concours, ceux qui auront satisfait, leurs noms seront gardés dans un fichier. A chaque fois qu’il y aura un besoin d’un poste à combler ou lorsqu’on aura besoin de recruter les enseignants, nous allons le faire dans ce fichier-là, des enseignants ayant participé et satisfait au concours, et qui ont une attestation de réussite ».

Par ailleurs, sans pour autant le rejeter, il y a lieu de s’interroger sur l’opportunité de ce test de recrutement qui est organisé, à en croire le Ministre Tony Muaba Kazadi, pour se rassurer de la qualification des enseignants avant qu’ils ne soient recrutés et placés devant les enfants.

Entre le diplôme d’Etat en Pédagogie générale décerné à par l’Inspection Générale de l’Enseignement et l’organisation du test, qu’est-ce qui doit rassurer sur la qualification d’un enseignant ?, pouvons-nous nous interroger. Administrer un test à un diplômé d’Etat en Pédagogie générale pour son recrutement ne serait-il pas une remise en question de la formation dispensée en RDC ? Quels mécanismes à mettre en place par le Gouvernement pour lutter contre le recrutement abusif dans les bureaux gestionnaires, notamment à la DINACOPE dont les Antennes les effectifs sont actuellement explosifs ?

Autre chose à relever est l’accession au poste de Directeur d’école, un poste de commandement qui requiert une expérience professionnelle. On y arrive après avoir franchi des étapes et non par un recrutement de nouvelles unités, et surtout pendant que les surnuméraires sont présents en train de travailler et d’aspirer à la promotion.

Néanmoins, une certaine opinion estime qu’il n’est pas mauvais de soumettre les enseignants à un test de recrutement, mais demande aux autorités de mettre du sérieux dans son organisation, d’éviter des pratiques subversives tels que le népotisme, le tribalisme, le favoritisme, le clientélisme, etc.

« L’organisation d’un test de recrutement des enseignants, avant d’être affectés dans les écoles, est une très bonne chose, mais risque de devenir une occasion pour certaines personnes véreuses de se faire une santé financière. Considérant tous les maux qui gangrènent notre pays, nous pouvons dire que nous avons un problème des mentalités et cela a des répercussions négatives dans ce que nous faisons. L’homme congolais fait souvent preuve des pratiques qui mettent en mal la réalisation de plusieurs projets. A titre d’exemple, le SECOPE qui au départ fut un très bon service pour la maitrise des effectifs et du mouvement des enseignants, devient aujourd’hui un dépotoir où sont affectés, les maçons, les menuisiers, les charpentiers, les ajusteurs, les mécaniciens, etc., à telle enseigne qu’aucune autorité ne peut dire avec exactitude le nombre d’agents requis pour une Antenne. Que ceux qui ont la responsabilité d’organiser ce test de recrutement soient des hommes intègres et que les résultats qui en sortiront puissent refléter la réalité et méritocratie », nous a déclaré un Chef d’Etablissement scolaire qui a requis l’anonymat.

L’occasion faisant le larron, rappelons qu’au sein des écoles secondaires où la gratuité sera étendue pour le cycle terminal de l’Education de Base, selon la promesse faite par le Chef de l’Etat Felix Antoine Tshisekedi Tshilombo, il y a plusieurs enseignants Non Payés (NP) qui attendent la régularisation de leur situation salariale. Pourquoi le Ministère n’attendrait pas l’épuration de tous les litiges avant de prendre de nouveaux engagements ?

Rappelons que selon le Ministre, le fichier reprenant tous les candidats ayant réussi au test de recrutement sera intégré à la Direction Nationale de Contrôle et de Préparation de la paie, la Maitrise des effectifs des Enseignants et du Personnel Administratif des Etablissements scolaires (DINACOPE, ex. SECOPE), de telle sorte qu’il ne soit plus possible à un Etablissement scolaire public de recruter un enseignant en dehors de ce fichier.

Jules KISEMA KINKATU/CONGOPROFOND/NET


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EPST : Le spectre d’une perturbation des activités plane sur l’année scolaire 2023-2024

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Le Sous-Secteur de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Technique court actuellement un grand risque d’effervescence qui va perturber le déroulement des enseignements au niveau des établissements scolaires et bloquer l’organisation des épreuves certificatives de l’édition 2024, notamment l’Examen de fin d’Etudes Primaires (ENAFEP), le Test National de Sélection et d’Orientation Scolaire et Professionnelle (TENASOSP), ainsi que l’Examen d’Etat et ce, suite à la montée au créneau des organisations syndicales des enseignants qui attendent mordicus la réalisation des promesses du Gouvernement, à la fin de ce mois d’avril.

En effet, réuni ce week-end à Kinshasa pour évaluer les dispositions prises par le Gouvernement pour la réalisation de ses engagements pris à la dernière commission paritaire de Bibwa, l’Intersyndicale des Syndicats des Enseignants de l’EPST regrette de la lenteur dont fait preuve le Gouvernement et lance un message fort à sa direction.

« L’Intersyndicale de l’EPST a le regret de constater que le Gouvernement de la République traine les pas dans le processus du respect de ses engagements dont l’exécution est prévue au mois d’avril 2024. Face à cette situation, l’Intersyndicale invite le Gouvernement de la République à respecter ses engagements conformément au procès-verbal sanctionnant la fin des travaux de la commission paritaire de Bibwa 2024 », a déclaré à la presse le samedi 13 avril 2024, le porte-parole Godefroid Matondo.

Et d’ajouter : « Faute de quoi, il sera tenu pour seul responsable de toute perturbation qui surviendrait dans le sous-secteur de l’EPST, allant jusqu’à boycotter les évaluations certificatives de l’édition 2024 et à décréter un arrêt collectif des enseignements, dans tous les établissements scolaires publics de l’EPST ».

Au niveau de la province du Haut Katanga, c’est le Syndicat des Enseignants du Congo (SYECO) qui envoie le même signal à l’endroit du Gouvernement en promettant des actions syndicales de grande envergure. A travers les antennes de nos confrères de Top Congo FM, le Président Provincial du SYECO/Haut Katanga, Guillaume Banza, a fait la déclaration suivante : « Nous avons appelé les enseignants pour la restitution de ce qu’on a fait à Bibwa. Nous avons travaillé sur la ventilation d’argent qui était destiné à l’EPST, les 26 milliards de francs congolais et nous avons déterminé ce que l’enseignant peut avoir au mois d’avril. C’est ainsi que nous disons, l’argent est peu, mais nous l’acceptons et que l’Etat respecte ses engagements ».

Aussi, a-t-il poursuivi : « Si l’Etat n’honore pas ses engagements, nous allons faire des actions syndicales qui iront même à la perturbation des cours. Le Gouvernement a accepté de payer 40.000 FC aux enseignants de l’école primaire, 20 mille de la gratuité et 20 mille qu’on a donnés à tous les enseignants. Il a accepté de payer les grades transposés pour tous ceux du primaire qui ont fait la section pédagogique et de payer les NP du secondaire. Si toutes ces actions ne sont pas honorées au mois d’avril, nous serons dans l’obligation de prendre nos responsabilités, en boycottant même les cours, puisque nous avons montré notre bonne foi ».

Notons que ces déclarations de l’Intersyndicale des Syndicats s’ajoutent à celle du Syndicat National des Inspecteurs de l’Enseignement au Congo (SYNIECO), faite le mardi 09 avril 2024 par son Secrétaire Général, Henry-Crispin Longendjo, revendiquant l’ajout prévu dans les salaires de tous les enseignants, la régularisation de la situation salariale des NU et NP de l’Inspection et le paiement de leur prime pour fonction spéciale, à la fin du mois d’avril comme prévu, tout en annonçant le boycott de l’organisation de l’Examen d’Etat, en cas de non concrétisation de ces promesses.

Néanmoins, le Gouvernement ne s’est pas encore prononcé par rapport à ces engagements. Certaines sources au niveau de la DINACOPE nous renseignent que pour ce mois d’avril, une seule action pourrait être concrétisée, notamment l’ajout prévu dans les salaires des enseignants, les autres actions étant renvoyées au troisième trimestre c.à.d au mois de juillet 2024.

Cependant, la rédaction de CONGOPROFOND.NET qui suit de près les activités de l’EPST, depuis l’avènement du Président Félix-Antoine Tshisekedi à la tête de la République Démocratique du Congo et qui a interrogé quelques operateurs pédagogiques sur cette actualité dans le sous-secteur, estime que les syndicalistes font des revendications des enseignants un fonds de commerce et ne jouent pas franc jeu. Une personne affectée comme cadre à la DINACOPE ou à la MESP et qui se réclame syndicaliste, ne travaillera que pour protéger son poste en faisant allégeance à l’autorité qui lui a donné cet avantage.

S’agissant particulièrement du porte-parole de l’Intersyndicale des Syndicats, Godefroid Matondo, la question que nous nous posons est la suivante : Peut-il encore bénéficier de la confiance des enseignants après sa déclaration mensongère qui avait étouffée la grève décrétée en mai 2023 et qui les avait mis dos à dos avec le groupe de Cécile Tshiyombo ?

Il convient de souligner, à titre de rappel, que très souvent ce sont des promesses non tenues qui ont été à la base des mouvements de grève des enseignants. Au nom du Premier Ministre, le Ministre de l’EPST avait convoqué la commission paritaire à Bibwa pour évaluer les accords et voir ce qui est faisable dans le cadre du budget 2024. Un procès-verbal quadripartite, Budget-Finances-EPST-Banc syndical, assorti de sept actions prioritaires à réaliser à la fin du mois d’avril, avait sanctionné la fin de ces travaux.

Bref, disons que la balle se trouve du côté du Gouvernement de la République qui doit concrétiser ses engagements pour éviter des soubresauts deux mois et demi de la clôture de l’année scolaire. Une question reste tout de même pendante, à savoir : Pourquoi réunir les enseignants, leur montrer les ressources financières disponibles dans le budget et ne pas réaliser ses promesses ? On ne réveille pas un chat qui dort, dit-on. Il ne sera pas bon que l’année scolaire soit encore perturbée. Beaucoup d’efforts avaient été consentis pour sa normalisation après l’avènement de la Covid 19.

Jules KISEMA KINKATU/CONGOPROFOND.NET


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