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Environnement

Environnement : La ministre Marie Nyange prépare une politique nationale forestière avec l’appui de l’AFD

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La République démocratique du Congo avance à grands pas vers l’élaboration d’une politique nationale forestière, un instrument stratégique pour la gestion durable de ses forêts. Le mercredi 1ᵉʳ octobre 2025, la ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle économie du climat, Marie Nyange Ndambo, a échangé avec le directeur de l’Agence française de développement (AFD) à Kinshasa, Hervé Conan.

Cette rencontre s’inscrit dans la continuité des discussions amorcées avec l’ambassadeur de France, et vise à renforcer la collaboration entre l’AFD et le ministère congolais dans le cadre du Programme de Gestion Durable des Forêts (PGDF).

La ministre a confirmé l’engagement du gouvernement à finaliser un projet de politique nationale forestière qui sera présenté en novembre prochain lors de la COP30 à Belém, au Brésil. Cet événement constituera un moment décisif, la RDC étant souvent désignée comme un « pays solution » dans la lutte mondiale contre le changement climatique grâce à ses forêts, deuxième plus grand massif au monde après l’Amazonie.

« Notre objectif est clair : parvenir à la neutralité carbone d’ici 2050 », a réaffirmé Mme Nyange Ndambo, mettant en avant la place centrale des forêts congolaises dans la régulation climatique mondiale.

Outre la politique nationale, la mise en place d’un code forestier a également été au cœur des échanges. Ce texte juridique, considéré comme un jalon majeur de la réforme de la gouvernance environnementale, doit offrir un cadre solide pour la protection des forêts, l’encadrement de la captation du CO₂ et l’accès aux financements climatiques, notamment par le biais des crédits carbone.

Pour Hervé Conan, l’existence d’un environnement légal clair et efficace est essentielle afin d’attirer les financements internationaux et de consolider le rôle de la RDC dans la nouvelle économie du climat.

Avec ses vastes étendues forestières et son potentiel immense de séquestration du carbone, la RDC entend jouer un rôle de premier plan lors de la COP30. La présentation d’un draft de sa politique nationale forestière à Belém marquera, selon la ministre, un « moment charnière » pour affirmer la voix du pays dans les négociations climatiques.

Cette réunion témoigne ainsi de la volonté conjointe de la RDC et de l’AFD de conjuguer leurs efforts pour protéger les forêts congolaises et en faire un levier majeur dans la lutte mondiale contre le changement climatique.

Dorcas Mwavita

À la Une

Peuples autochtones en RDC : Félix Tshisekedi à l’écoute d’une communauté encore marginalisée

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Le président de la République, Félix Tshisekedi, a récemment reçu des représentants des peuples autochtones pygmées, accompagnés notamment du professeur Jean-Robert Bwangoy, porteur du projet pilote REDD+ Maï-Ndombe.

Cette rencontre s’inscrit dans la volonté affichée du chef de l’État de renforcer la promotion et la protection des droits des peuples autochtones, longtemps victimes de discrimination et de marginalisation en République démocratique du Congo.

Près de 30 ans après les initiatives de l’ancien président Mobutu Sese Seko visant à valoriser ces communautés, la question de leur intégration socio-économique demeure un défi majeur.

Une discrimination persistante dans la cuvette centrale

Selon le professeur Jean-Robert Bwangoy, la situation des peuples autochtones pygmées reste préoccupante, particulièrement dans les zones forestières de la cuvette centrale, où vivent de nombreuses communautés.

« Il y a eu beaucoup de discriminations dans notre pays. Malgré certains progrès, les peuples autochtones pygmées continuent à être marginalisés, notamment dans les zones de la forêt équatoriale », explique-t-il.

Pour cet universitaire, la discrimination dont sont victimes ces populations est avant tout d’origine économique. D’où la nécessité d’améliorer leurs conditions de vie en leur garantissant l’accès :

– à l’éducation,

– à l’eau potable,

– aux soins de santé,

– et aux opportunités économiques.

Lors de leur rencontre avec le chef de l’État, les représentants autochtones ont plaidé pour une intégration réelle dans le système national, afin que ces communautés puissent bénéficier des mêmes droits que les autres citoyens congolais.

Une loi pour protéger les peuples autochtones

La rencontre intervient dans un contexte marqué par la promulgation, il y a quelque temps, d’une loi portant protection et promotion des droits des peuples autochtones pygmées.

Le professeur Bwangoy salue cette avancée juridique et rend hommage à tous ceux qui ont contribué à son élaboration.

« Je voudrais remercier le chef de l’État, mais aussi l’ensemble des citoyens congolais qui ont participé à l’élaboration de cette loi. Elle reconnaît enfin les efforts et la dignité de nos compatriotes pygmées », souligne-t-il.

L’éducation comme clé de l’émancipation

Au-delà du plaidoyer politique, le professeur Poingoy mène également des initiatives concrètes sur le terrain, notamment dans le village d’Ikita, dans la province du Maï-Ndombe, où il a contribué à la construction d’une école favorisant la cohabitation et l’apprentissage commun entre enfants bantous et pygmées.

Pour lui, l’éducation demeure la clé de l’émancipation des peuples autochtones.

Il cite notamment l’exemple de Suzanne, une jeune fille pygmée qu’il a prise sous son encadrement afin de lui permettre de poursuivre ses études.

« Lorsqu’elle terminera ses études, elle pourra servir d’exemple à d’autres filles pygmées. Leur destin ne doit pas se limiter à rester au village sans perspective. Elles peuvent aussi s’insérer dans le système national », affirme-t-il.

Forêt, peuples autochtones et crédits carbone

Cette dynamique d’inclusion est également liée à la question de la conservation des forêts et des crédits carbone, un sujet de plus en plus présent dans les débats internationaux sur le climat.

Selon le professeur Bwangoy, les peuples autochtones jouent un rôle essentiel dans la préservation de la forêt équatoriale congolaise, et devraient bénéficier directement des mécanismes économiques liés à la protection de ces écosystèmes.

« Les populations qui vivent dans et autour de la forêt doivent profiter réellement de leurs efforts de conservation », insiste-t-il.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET

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