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Enseignants « fantômes » : La DINACOPE passe au numérique pour assainir le fichier paie

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Le contrôle physique mensuel auquel sont soumis les enseignants du secteur public franchit un cap décisif. Longtemps manuel, ce processus entre désormais dans l’ère du numérique. Cette innovation est portée par la Direction nationale de contrôle, de la préparation de la paie et de la maîtrise des effectifs des enseignants et du personnel administratif des établissements scolaires (DINACOPE), service en charge de la gestion du fichier paie des enseignants.

Désormais, le traditionnel listing papier cède la place à la tablette électronique, outil central du nouveau dispositif de contrôle.

« Désormais, le contrôle physique est numérisé à l’aide d’une tablette qui permet la capture des agents, en incorporant leurs signatures. La tablette est directement connectée au serveur géré au niveau national », a confié une source interne à la DINACOPE.

Une phase pilote lancée à Kinshasa

Selon notre source, la phase expérimentale de cette technologie a été lancée au début de ce mois à Kinshasa, dans quelques antennes de la DINACOPE sélectionnées comme sites pilotes.

Dans la province éducationnelle de Kinshasa Mont-Amba, les antennes DINACOPE Kisenso 3 et Limete 2 ont été retenues pour tester l’utilisation des tablettes.

Sur le terrain, des enseignants conquis

La rédaction de CONGOPROFOND.NET s’est rendue à l’EP KCC, à l’EP et l’Institut Matundu Bota, ainsi qu’à l’Institut Nsakala, dans la commune de Kisenso, afin de recueillir les impressions des enseignants.

Globalement, l’accueil est favorable. Séduits par cette nouvelle méthode jugée moderne et efficace, les enseignants rencontrés ont exprimé leur satisfaction.

« Tout s’est très bien passé. C’est une méthode pratique et rapide », a déclaré le préfet Malelama, de l’Institut Matundu Bota.

La détresse des enseignants non pris en compte

Mais cette innovation n’a pas fait que des heureux. À l’Institut Dokolo, un agent a fondu en larmes en constatant que son établissement, bien que mécanisé, n’est pas budgétisé et n’a donc pas été concerné par l’opération.

« Je suis dans cette école depuis son démarrage en 2013. Quand est-ce que nous serons payés ? Que les autorités pensent à nous », s’est-il exclamé en sanglots.

Pourtant, l’Institut Dokolo (ID DINACOPE : 1071005) partage le même bâtiment que l’EP KCC, une école effectivement payée. Les deux établissements avaient même hébergé l’antenne DINACOPE Kisenso 3.

Hommage à l’équipe dirigeante de la DINACOPE

 

L’avènement d’Internet et des nouvelles technologies de l’information et de la communication a profondément transformé les pratiques administratives à travers le monde. La gestion publique se digitalise progressivement, permettant le télétravail, la transmission instantanée des documents et une meilleure traçabilité.

Dans ce contexte, le professeur Théophile Fita Mbiyavanga, coordonnateur national des écoles conventionnées de l’EBNM, salue les efforts du DINAT Boniface Mbaka Ngampembe et de son équipe, notamment du DINAT adjoint chargé du système d’information, Sam Mbavu, pour la modernisation de l’administration scolaire.

Cette dynamique, estime-t-il, place la RDC sur l’orbite des pays engagés dans la gouvernance numérique.

De nombreux enseignants abondent dans le même sens : « Bravo au DINAT adjoint chargé de l’informatique, Sam Mbavu, qui, aux côtés de son chef Boniface Mbaka Ngampembe, se bat nuit et jour pour faciliter le travail au sein de la DINACOPE grâce aux innovations technologiques, notamment après l’urbanisation du système informatique », ont-ils confié.

Des interrogations sur la couverture nationale

Malgré l’enthousiasme, certaines inquiétudes persistent. Le sous-secteur de l’enseignement primaire, secondaire et technique compte 60 provinces éducationnelles, dont cinq à Kinshasa. L’ampleur du défi est donc considérable.

Plusieurs questions demeurent sans réponse :

– La DINACOPE dispose-t-elle d’un nombre suffisant de tablettes pour couvrir toutes les provinces éducationnelles ?

– Comment procéder dans les zones reculées où l’accès à l’électricité et à Internet reste problématique ?

– Tous les contrôleurs ont-ils été formés à la manipulation de ce nouvel outil ?

Les enseignants espèrent que les dispositions nécessaires ont été prises afin de garantir l’irréversibilité de cette réforme.

Carte de service unique : des litiges persistants

Profitant de cette avancée, l’opinion publique interpelle également la DINACOPE sur la question de la carte de service unique destinée aux enseignants. La disparité observée sur le terrain est source de conflits : chaque communauté applique ses propres pratiques, parfois en violation des instructions officielles.

À l’ère du numérique, il apparaît inconcevable que certains enseignants utilisent encore des cartes de service dactylographiées, voire manuscrites.

Un objectif clair : traquer les enseignants fantômes

Il convient de rappeler que l’introduction des nouvelles technologies dans le contrôle physique poursuit un objectif majeur : éliminer du fichier paie les enseignants fictifs ou déserteurs qui perçoivent indûment les salaires de l’État.

À ce titre, l’équipe dirigée par Boniface Mbaka Ngampembe est encouragée à poursuivre sur cette voie.

Une réforme saluée, mais à pérenniser

En définitive, l’utilisation de la tablette électronique pour les contrôles physiques dans les établissements scolaires et les bureaux gestionnaires est largement saluée par l’opinion.

Il reste désormais à la DINACOPE de déployer cette réforme à l’échelle nationale et d’en assurer la pérennité, afin que la lutte contre les enseignants fantômes produise des résultats durables.

Jules Kisema Kinkatu/CONGOPROFOND.NET

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« Descendez au refuge ! » : À Kyiv, j’ai vécu 2 alertes aériennes qui m’ont fait comprendre le quotidien des Ukrainiens sous les bombes (Carnet de voyage CONGOPROFOND.NET)

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Pendant 3 heures d’échanges riches et passionnants avec des universitaires, des diplomates et des journalistes, nous avons eu l’opportunité exceptionnelle de découvrir les initiatives académiques et scientifiques portées par l’Ukraine en direction de l’Afrique, grâce au précieux accompagnement du Centre d’études africaines de l’Université nationale Taras Chevtchenko et de nombreux partenaires engagés.

Mais au-delà des discussions scientifiques et diplomatiques, c’est une expérience humaine forte qui marquera durablement ma mémoire.

Quand les sirènes interrompent la science

Alors que les échanges se déroulaient dans une atmosphère studieuse et conviviale, les sirènes d’alerte aérienne ont retenti à 2 reprises. À chaque fois, nous avons dû interrompre la conférence pour rejoindre en urgence un refuge anti-bombes.

Ces moments ont suscité en moi des émotions intenses. Descendre dans un abri souterrain alors que l’on participe à une conférence universitaire est une expérience qui dépasse l’imagination de ceux qui vivent loin du conflit. Cette réalité, je ne l’avais jusqu’alors observée qu’à travers les médias. La vivre personnellement m’a permis de mieux comprendre les conditions actuelles de l’Ukraine et les défis quotidiens auxquels les Ukrainiens sont confrontés depuis le début de l’agression russe.

Sur le chemin menant au refuge, une question me traversait l’esprit. J’ai alors demandé à notre hôte si les frappes russes visaient uniquement des objectifs militaires. Sa réponse fut aussi simple que percutante : « Que faut-il en penser lorsque nous sommes obligés, avec des étudiants et des chercheurs, de descendre dans un abri anti-bombes alors que nous discutons de science ? »

Cette interrogation résume à elle seule la réalité d’un pays où la guerre s’invite jusque dans les amphithéâtres, les salles de conférence et les espaces dédiés au savoir.

Le courage d’informer malgré la guerre

 

Cette visite a également été marquée par la présence d’une importante délégation de journalistes africains. Je tiens à saluer le courage et le professionnalisme de mes confrères venus de plusieurs pays du continent. Leur décision de se rendre en Ukraine en cette période particulièrement difficile témoigne d’un véritable engagement envers la recherche de la vérité et la compréhension des réalités du terrain.

Choisir de visiter un pays en guerre ne relève pas seulement du devoir professionnel ; cela exige aussi une part importante de courage personnel. Leur détermination à voir l’Ukraine de leurs propres yeux mérite d’être reconnue.

Cette visite m’a permis de découvrir une autre facette de l’Ukraine : celle d’un peuple qui continue d’enseigner, de rechercher, d’innover et de dialoguer avec le monde malgré les menaces permanentes. J’espère sincèrement que cette expérience contribuera à une meilleure compréhension des réalités que vivent quotidiennement les Ukrainiens et renforcera les liens entre l’Afrique et l’Ukraine dans les domaines de l’éducation, de la recherche et de la coopération internationale.

Une expérience qui rapproche l’Afrique et l’Ukraine

Au cours de cette tournée de presse, des journalistes venus du Bénin, de la République démocratique du Congo, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, de la Mauritanie, du Sénégal et du Togo ont eu l’opportunité de couvrir les activités organisées à l’Université nationale Taras-Chevtchenko de Kyiv et de découvrir de près la réalité ukrainienne. Leur présence a donné à cette mission une dimension véritablement panafricaine, favorisant les échanges d’expériences et le partage de regards sur les défis contemporains auxquels fait face l’Ukraine.

Je tiens également à exprimer ma profonde gratitude à Saleck Zeid, Josiasse Assemon, Arnauld Kassouin, Aliya, Mohamed Diop, Robert Kra, Bernadette Ayelo Ablavi Ayibe, Paul Joel Kamtchang, Mor Amar, Eddy Tshiala Katala qui ont participé à cette tournée de presse en Ukraine. Leur professionnalisme, leur courage et leur volonté de témoigner des réalités du terrain ont contribué au succès de cette mission et à une meilleure compréhension mutuelle entre nos peuples. Ensemble, nous avons vécu une expérience marquante qui restera gravée dans nos mémoires bien au-delà de ce voyage.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET

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