Après avoir été aperçu à la marche de la résistance congolaise du 11 novembre dernier à Paris, FUTI TSHIALAMBA, coordinateur de la Jeunesse Socialiste du PS-RDC, a répondu présent à notre invitation à Bruxelles ce 18 novembre 2019 en vue de répondre à quelques-unes de nos questions sur l’actualité congolaise.
CONGOPROFOND.NET : Bonjour monsieur FUTI, après vous avoir perdu de vue pendant plusieurs mois, nous sommes heureux de vous avoir rencontré lors de la manifestation de la diaspora congolaise à Paris, le lundi dernier. Pouvez-vous nous donner votre point de vue ainsi que les raisons de votre présence à cet évènement?
FUTI TSHIALAMBA : Bonjour, je suis également heureux d’être invité une fois de plus par votre média (sourire). Concernant la manifestation du 11 novembre 2019, le but de cette mobilisation était de faire entendre la voix du peuple congolais de la diaspora pour dénoncer l’imposture que Monsieur Félix TSHISEKEDI a imposée au peuple congolais par son alliance avec le FCC de Kabila.
Et en prenant part à ce rassemblement, Monsieur DUNDA VALAKI Christopher « représentant du parti socialiste en France » et moi-même, avons voulu joindre notre voix à celle de la résistance pour reprocher à FATSHI d’avoir volé la victoire du peuple clairement exprimée au scrutin de la présidentielle de décembre 2018 et d’avoir pactisé avec le régime sanguinaire de Kabila, afin de prendre sa succession. Il s’est donc associé à un système d’oppression et a pérennisé l’occupation qui continue à maintenir nos populations dans la précarité la plus indescriptible.
Et nous tenons à rappeler que pour nous, il n’y a eu qu’un seul vainqueur, comme tout le monde le sait, Monsieur Martin FAYULU MADIDI. Tout le reste n’est qu’une mascarade organisée par une oligarchie qui a pris le pays en otage, en compromettant le destin et l’avenir de Congo. C’est le FCC et KABILA qui ont investi Félix TSHISEKEDI au sommet de l’Etat comme une marionnette livrée à leurs appétits prédateurs.
Nous sommes donc étions donc présent à Paris pour dire « NON » à cette situation qui a divisé les Congolais, car nous ne pouvons-nous complaire dans un silence complice.
CONGOPROFOND.NET : Pouvons-nous donc déduire que le Parti socialiste RDC, que vous représentez, se déclare clairement faire partie de ceux qui contestent le pouvoir du Président Félix Tshisekedi?
F.T. : Sachez d’abord que je me suis présenté à cet évènement au nom de mes convictions personnelles, car j’ai moi-même fait partie de ceux qui avaient clairement dit dans les médias, par le passé, que le véritable dauphin de KABILA était caché dans l’opposition congolaise. Et j’ai payé les frais de ma franchise par l’oppression dont j’ai fait l’objet en RDC, comme vous le savez, avant mon arrivée en France. Nos analyses se sont malheureusement confirmées aujourd’hui.
Quant à la position du Parti Socialiste, vous n’êtes pas sans savoir que notre premier secrétaire national tissait des liens de bonne entente avec, non seulement, l’UDPS, mais aussi, avec l’UNC de Vital KAMERHE qui, à notre désarroi, se sont révélés être des partenaires de longue date de KABILA. Ainsi, j’ose vous affirmer que malgré les efforts que consent notre premier secrétaire national pour rester ouvert à un retour à la raison de l’UDPS, nous ne partageons plus les mêmes valeurs, car l’orientation que Monsieur Félix TSHISEKEDI donne à sa mandature, va à l’encontre du combat que nous avions mené ensemble dans l’opposition. Et pour vous en donner la certitude, je vous convie à observer les différentes sanctions qu’on a infligées au parti socialiste à l’issue des élections, malgré les pronostics positifs de nos observateurs électoraux : nous n’avons obtenu aucun siège, ni dans les législatives, ni dans les provinciales ; et encore moins un mandat ministériel.
CONGOPROFOND.NET : Quel crédit accordez-vous à la législature du président TSHISEKEDI, qui démontre une volonté de changer les choses à travers sa politique d’ouverture ?
F.T : De quelle ouverture parlez-vous ?
CONGOPROFOND.NET : La main tendue qu’il adresse à tous les acteurs politiques congolais, soucieux du changement des mentalités et de la résolution de la crise au Congo.
F.T. : (Rire) Comme je l’ai dit précédemment, nous nous méfions de l’alliance tissée entre KABILA et Félix TSHISEKEDI qui ne dispose d’aucun pouvoir réel pour infléchir un véritable changement, parce que le FCC de KABILA conserve la majorité absolue dans toutes les institutions de la République. FATSHI multiplie des promesses qu’il ne pourra donc pas réaliser sérieusement. C’est le cas de la situation sécuritaire qui reste la même au Congo : les massacres à l’Est du Congo continuent en toute impunité de leurs auteurs biens connus, certains territoires continuent d’être sous occupation des groupes étrangers, de nombreux activistes croupissent encore dans les geôles des prisons sans compter les arrestations arbitraires qui se pratiquent encore dans la capitale. C’est le cas de la récente arrestation de mon adjoint et suppléant Monsieur FUTI NSIMBA Pierrinot pour s’être exprimé au sujet de l’affaire des 15000000 USD qui a défrayé la chronique congolaise, il y a quelques mois. Et les exemples sont légions pour affirmer qu’après KABILA est égale à avant KABILA.
CONGOPROFOND.NET : A quoi faites-vous allusion en évoquant l’occupation des territoires par les groupes étrangers, Les forces négatives ?
F.T. : Monsieur le journaliste, j’évoque par-là, la situation à l’Est, en général, et particulièrement celle de MINEMBWE qui a longtemps été un sujet tabou à cause de la question qui fâche sur l’identification des vrais congolais. En effet, aujourd’hui, nous sommes convaincus que la complexité de cette question est la résultante d’une stratégie d’infiltration et d’occupation qui a été patiemment mise en œuvre depuis de longue date par le lobbying qui a porté KABILA au pouvoir. C’est toute la question des tutsis congolais, autrement connus sous le nom des Banyamulenge qui pose sérieusement problème et que je préfère passer sous silence.
CONGOPROFOND.NET : Pourquoi ne développez-vous pas votre point de vue à ce sujet ?
F.T: Parce que c’est une problématique multi-tentaculaire qui pourrait faire l’objet de toute une conférence et dont je ne saurai épuiser les contours dans le cadre restreint de cette interview. Mais au-delà de cette question, c’est le contrôle de tous les leviers du pouvoir, notamment la maitrise territoriale, qui serait le remède à ce problème. Mais il est étonnant d’observer que le ministère chargé du projet de décentralisation ait été confié une fois encore à Monsieur Azarias RUBERWA, qui est lui-même l’un des cerveaux du système KABILA.
CONGOPROFOND.NET : A quand pouvons-nous espérer vous retrouver à KINSHASA ?
F.T : Comme je l’ai évoqué plus haut, la situation sécuritaire en RDC ne m’inspire encore aucune confiance au regard de ce que j’ai vécu comme persécution que vous n’ignorez pas. Permettez-moi, monsieur le journaliste, de passer une fois de plus ce sujet sous silence, de peur de mettre encore plus en danger mes proches, encore présents à KINSHASA.
CONGOPROFOND.NET : Devons-nous comprendre par-là, que vous prévoyez de continuer votre combat avec la résistance congolaise de la Diaspora? On vous a en effet aperçu en compagnie de certaines figures emblématiques de ce mouvement de contestation.
F.T: Effectivement, j’ai décidé d’orienter mon combat dans ce sens d’autant plus que je suis en train de développer mon réseau de connexion avec les voix portantes du combat dans la diaspora tel que Monsieur BOKETSHU, Monsieur MAYALA, Monsieur SHOMONGO…etc. Ainsi, le combat que je mène ne gardera tout son sens que si je reste hors de danger et productif dans la résistance qui s’organise fortement dans la diaspora.
JOURNALISTE : Merci Monsieur FUTI d’avoir répondu favorablement à notre invitation.
F.T: C’est moi qui vous remercie.
N.M./CONGOPROFOND.NET