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Enjeux des conflits qui appauvrissent l’Afrique:Jacques Djoli Eseng’Ekeli : « Par année, il faut dépenser plus ou moins 18 milliards de dollars américains, pour acheter les armes. »

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Il a plusieurs casquettes. Professeur des universités, homme politique, Député national élu du territoire de Boende, Rapporteur de l’Assemblée Nationale de la République démocratique du Congo. Orateur éloquent, Jacques Djoli Eseng’Ekeli était face aux présidents de la jeunesse africaine lors du tout premier sommet qui avait pour thème principal : « Solidarité africaine pour la paix et le développement ».

Dans son speech, ce panéliste a surtout attiré l’attention de la jeunesse africaine et d’autres participants sur le sens de même que les enjeux qui sont à la base de l’appauvrissement permanent de l’Afrique. C’était le samedi 31 août 2024 au somptueux Centre financier de Kinshasa.

Voici pratiquement trois décennies que la RD Congo est, sous l’omerta de la communauté internationale, le théâtre des violents conflits armés orchestrés par le Rwanda et l’Ouganda et leurs supplétifs : M23, ADF-NALU, AFC. Un lourd silence pèse sur plus de 10 millions de morts sur le territoire congolais. « Holocauste au Congo » écrit par Charles Onana et d’autres ouvrages décrivent cette situation désastreuse dans les moindres détails. Aussi, les Présidents de la jeunesse africaine ont-ils pris l’initiative d’organiser ce forum à Kinshasa sur la paix, la sécurité et le développement du continent africain afin de briser le silence.

Sans langue de bois, le Professeur Djoli a lâché ces mots : « Dans cette sorte de critique, nous avons essayé d’analyser la situation de l’Afrique, qui est dominée par des conflits, soit du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, mais surtout dans la région des Grands lacs. Malheureusement ce sont là les fruits des complots extérieurs ; ce sont des guerres de prédation pour le cas de la RDC. Le M23, l’AFC et les ADF-NALU sont des groupes de prédation Rwando-Ougandaise qui causent plus de malheurs chez nous, mais parfois dans l’indifférence de la communauté internationale. Les victimes deviennent relativement comme des bourreaux. »

« Le M23 étant l’alibi du Rwanda, poursuit-il un peu plus loin, tout comme les ADF sont des Ougandais avec à leur tête l’imam Djamil Mukulu. Et quand on parle de la menace, de la radicalisation islamiste, on oublie que nous à Beni (Nord-Kivu), nous souffrons de ces mouvements. Mais ces grandes puissances qui appellent à la lutte contre l’islam radical, pourquoi ne sont-elles pas avec nous ? Voilà pourquoi il faut que la jeunesse se réveille. » C’est donc clair comme l’eau de roche qu’il y a une sorte de deux poids, deux mesures dans cette fameuse lutte contre le terrorisme que prônent certaines grandes puissances.

Jacques Djoli déplore le fait que le peu de moyens dont disposent les pays africains, particulièrement la RDC pour sa légitime défense, doit être mis à la disposition de la guerre. « Par année, il faut dépenser plus ou moins 18 milliards de dollars américains, pour acheter les armes. », a-t-il indiqué. Pire encore, « nous devons acheter les armes chez ceux-là même qui sont à la base de nos conflictualités », a ajouté cet orateur. Ainsi, martèle-t-il, il est important que la jeunesse africaine puisse comprendre le sens, les enjeux de ces conflits, qui sont à la base de l’appauvrissement permanent de leur continent. Il en découle des conséquences désastreuses notamment sur la gouvernance globale, la lutte contre les maladies, la lutte contre l’alphabétisme et la qualité de vie.

Après avoir salué l’implication du Président de la République, Félix Tshisekedi, pour l’organisation de ces assises à Kinshasa, le Rapporteur de la Chambre basse du Parlement congolais a lancé ce vibrant appel à l’Union Africaine : « Nous disons à l’Union Africaine, à la MONUSCO et aux grandes puissances, qui disent qu’elles se battent contre l’islam, d’aider la RDC à retrouver la paix car la prospérité de la RDC aura un impact sur l’épanouissement de l’Afrique. Mais lorsque la RDC est plombée par des conflits qui ont pour finalité sa balkanisation, et bien l’Afrique aura toujours des difficultés, parce que nous sommes au cœur de l’Afrique. »

L’intervention de cette sommité scientifique (Constitutionnaliste) était brillante et édifiante.Les lampions se sont éteints dans une ambiance conviviale.

James Mpunga Yende

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DIGI’TALK Douala 2026 : « L’Afrique doit passer de consommatrice à créatrice du digital », affirme Estelle Essame ( Interview exclusive )

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Fondatrice du magazine INNOV’TECH AFRICA et initiatrice de DIGI’TALK, plateforme stratégique dédiée aux acteurs du numérique, Estelle Essame œuvre à structurer et valoriser les écosystèmes technologiques africains. À la croisée des médias, du digital et du développement, elle porte une ambition claire : positionner l’Afrique comme un acteur crédible sur la scène technologique mondiale.

Dans cette interview exclusive accordée à CONGOPROFOND.NET, elle décrypte les enjeux de la transformation digitale et les ambitions de DIGI’TALK.

CONGOPROFOND.NET : On parle de plus en plus de transformation digitale dans le contexte africain. Selon vous, pourquoi ce sujet est-il devenu incontournable pour les entreprises ?

Estelle Essame : Parce que le monde n’attend plus. Aujourd’hui, une entreprise qui n’intègre pas le digital ne perd pas seulement en performance, elle perd en pertinence.

Mais au-delà de la compétitivité, il y a un enjeu encore plus profond en Afrique : le digital est un accélérateur de développement. Il permet de contourner certaines limites structurelles et d’ouvrir des marchés autrefois inaccessibles.

La vraie question n’est plus : “faut-il y aller ?”, mais “à quelle vitesse et avec quelle stratégie ?”.

CONGOPROFOND.NET : Quelle est la vision derrière l’organisation de DIGI’TALK ?

Estelle Essame : DIGI’TALK est né d’un besoin simple : créer des conversations utiles. Pas des panels passifs, mais des espaces d’échanges réels, où les participants se challengent et se connectent.

Ma vision est claire : transformer les discussions en opportunités, et les rencontres en collaborations concrètes.

CONGOPROFOND.NET : Pourquoi avoir choisi Douala comme ville hôte ?

Estelle Essame : Douala est un hub économique majeur en Afrique centrale. C’est une ville dynamique, portée par une forte culture entrepreneuriale et une concentration d’acteurs économiques clés.

Positionner DIGI’TALK à Douala, c’est s’ancrer au cœur de l’activité économique réelle.

CONGOPROFOND.NET : À qui s’adresse principalement cet événement ?

Estelle Essame : DIGI’TALK s’adresse à ceux qui font : entrepreneurs, décideurs, startups, professionnels du digital, investisseurs, mais aussi jeunes talents.

Ce qui nous intéresse, ce ne sont pas les profils, mais les dynamiques. Créer des ponts entre ces mondes, c’est là que se crée la vraie valeur.

CONGOPROFOND.NET : Quelles thématiques majeures seront abordées lors de cette édition ?

Estelle Essame : Nous avons choisi des thématiques à la fois tendances et stratégiques : la transformation digitale des entreprises, l’intelligence artificielle et les opportunités business dans le numérique.

Mais surtout, nous allons parler concret : cas réels, retours d’expérience et opportunités immédiates.

CONGOPROFOND.NET : Qu’est-ce qui distingue DIGI’TALK des autres rencontres sur le digital ?

Estelle Essame : Son positionnement hybride et orienté résultats. Ce n’est ni un événement institutionnel classique, ni une simple conférence.

C’est un format immersif, conçu pour favoriser des échanges directs, qualitatifs et stratégiques, avec un objectif clair : déboucher sur des collaborations concrètes.

CONGOPROFOND.NET : Quel impact concret attendez-vous pour les participants et les entreprises ?

Estelle Essame : DIGI’TALK doit générer des connexions stratégiques, faciliter l’accès à des opportunités business et accélérer la compréhension des enjeux digitaux.

Pour les entreprises, c’est un levier de veille et de développement. Pour les participants, un accès à des réseaux qualifiés et à des insights de haut niveau.

Notre objectif est clair : créer de la valeur tangible.

CONGOPROFOND.NET : Quels conseils donneriez-vous aux entreprises qui hésitent encore à amorcer leur transformation digitale ?

Estelle Essame : Le principal risque aujourd’hui, c’est l’inaction.

La transformation digitale doit être progressive, structurée et alignée sur les objectifs business. Il ne s’agit pas de tout transformer, mais de prioriser les leviers à fort impact.

Il est aussi essentiel de s’entourer des bonnes expertises et d’adopter une culture d’adaptation continue.

CONGOPROFOND.NET : Quelles tendances digitales marqueront les prochaines années en Afrique ?

Estelle Essame : L’intelligence artificielle va accélérer beaucoup de choses. En parallèle, la cybersécurité deviendra critique.

Je crois également à la montée des solutions africaines, pensées pour nos réalités. Nous allons passer progressivement d’un modèle d’adoption à un modèle de création.

CONGOPROFOND.NET : Comment les jeunes et les startups peuvent-ils tirer parti de cette dynamique ?

Estelle Essame : Les opportunités sont considérables. Ils doivent se positionner rapidement, développer des compétences solides et miser sur la collaboration.

Des plateformes comme DIGI’TALK leur permettent de gagner en visibilité, de rencontrer des partenaires et d’accélérer leur croissance.

CONGOPROFOND.NET : Pourquoi faut-il absolument participer à DIGI’TALK Douala 2026 ?

Estelle Essame : Parce que DIGI’TALK est un catalyseur d’opportunités.

C’est un espace où se rencontrent les acteurs qui façonnent l’avenir du digital en Afrique centrale. En une seule expérience, les participants accèdent à un réseau qualifié, à des insights stratégiques et à des opportunités concrètes.

C’est un rendez-vous à forte valeur ajoutée.

CONGOPROFOND.NET : Un dernier message aux acteurs du numérique et aux décideurs africains ?

Estelle Essame : Nous sommes à un tournant décisif. L’Afrique ne peut plus se contenter d’être un marché de consommation technologique.

Elle doit s’affirmer comme un acteur de création, d’innovation et de production de solutions adaptées à ses réalités.

Cela exige une mobilisation collective : institutions, secteur privé, talents et entrepreneurs.

C’est à ce prix que nous construirons une Afrique qui ne subit pas la transformation digitale, mais qui la façonne.

Propos recueillis par Tchèques Bukasa / CONGOPROFOND.NET

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