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Énergie/Projet grand Inga : La coalition « TOBOYI MOLILI » s’inquiète de la signature de l’addendum au contrat entre la RDC et F.F.I
La coalition des organisations de la société civile pour le suivi des réformes de l’action publique » Toboyi molili » (CORAP), s’inquiète de la signature de l’addendum au contrat d’aménagement du fleuve Congo pour le projet grand Inga, entre la République Démocratique du Congo et Fortescue Futures Industries (FFI).
Au cours d’un café presse tenue à Kinshasa le vendredi 02 décembre 2022, ces organisations de la Société civile spécialisées dans le secteur de l’énergie, se sont exprimées sur l’évolution du projet d’aménagement du fleuve Congo dans l’optique de sensibiliser l’opinion publique.
Après échange avec les chevaliers du micro et de la plume, les membres de la coalition » Toboyi molili » ont fait la déclaration suivante :
Suite à la rencontre intervenue le 30 novembre entre la Directrice générale de Fortescue Futures Industries, Madame Julie Shuttleworth et le Premier Ministre congolais, Jean-Michel Sama Lukonde, il a été annoncé le démarrage imminent des travaux préparatoires après la signature de l’addendum des contrats qui interviendra incessamment en République Démocratique du Congo, dans le cadre du développement du Projet Grand Inga et des industries vertes, notamment la production de l’hydrogène destiné à l’exportation.
A cet égard, la société civile exprime ses inquiétudes quant au fait de signer l’addendum des contrats et de commencer les travaux préparatoires alors que de nombreux préalables ne sont pas encore accomplies, notamment la présentation des études d’impacts sociaux environnementaux.
Pour ce faire, » Toboyi molili :
• Demande au Premier Ministre de ne pas se précipiter à signer les contrats en rapport avec ce projet éminemment stratégique et de s’assurer que ceux-ci sont signés avec l’implication, non seulement de toutes les parties prenantes, mais aussi de toutes les institutions de la République, étroitement concernées par les différents aspects de ce projet ;
• Exige la divulgation des études de faisabilité développées dans le cadre de différents contrats qui seront signés en faveur de Fortescue Future Industries, FFI, pour les centrales à construire à Inga, Mpioka et Matadi, avant toute signature d’un contrat ;
• Demande que les avantages et impacts sociaux, environnementaux économiques de l’hydrogène vert à produire, soient préalablement décrits de façon claire à la population et à toutes les parties prenantes intéressées au projet d’aménagement du fleuve Congo ;
• Exige la divulgation ou le partage de différents contrats qui sont envisagés dans le cadre des centrales hydroélectriques et géothermiques à construire par FFI et l’implication de ces parties prenantes ;
• Dénonce toute signature d’un addendum sur les contrats susmentionnés en faveur de FFI, avant tout accomplissement de l’ensemble de ces préalables et de façon transparente.
La coalition « Toboyi Molili » s’est engagée à bâtir des communautés prospères en offrant des avantages sociaux, environnementaux et économiques.
Désiré Rex Owamba/CONGOPROFOND.NET
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Nord-Kivu : à la veille de la visite ministérielle, Clovis Mutsuva appelle les chefs coutumiers à « dire la vérité » face à l’insécurité
L’arrivée annoncée du ministre des Affaires coutumières, prévue ce vendredi 17 avril 2026 dans les villes de Beni et Butembo, continue de susciter de vives réactions au sein de la communauté locale. Dans un contexte marqué par une insécurité persistante dans le Grand Nord du Nord-Kivu, plusieurs voix s’élèvent pour interpeller les autorités coutumières appelées à rencontrer le membre du gouvernement.
Parmi elles, celle de Clovis Mutsuva, leader d’opinion dans la région, se distingue par la fermeté de son ton. À la veille de cette visite officielle, il adresse un message direct aux chefs coutumiers, communément appelés Mwami, les exhortant à assumer pleinement leur rôle face aux violences qui frappent la région depuis plus d’une décennie.
Dans une déclaration empreinte d’émotion et d’indignation, il rappelle l’ampleur des souffrances endurées par la population : « Je m’adresse à nos chefs coutumiers, nos Mwami. Voici plus de dix ans que nous mourons par décapitation. Ailleurs, les coutumiers mettent fin à la guerre dans ce pays. […] Mais ici chez nous, je ne veux pas revenir sur les petits conflits qui vous occupent souvent, comme la cession des terres… »
Au-delà du constat, Clovis Mutsuva dénonce les divisions internes et les luttes de pouvoir qui, selon lui, fragilisent l’autorité coutumière et détournent l’attention des véritables enjeux sécuritaires. Il pointe également la prolifération de faux chefs coutumiers :
« Il est vrai qu’il existe des vrais coutumiers, mais les faux existent aussi, et ils sont les plus nombreux. […] C’est une occasion importante qui ne doit pas servir à exposer encore vos querelles. »
Pour ce leader d’opinion, la visite du ministre représente une opportunité cruciale à ne pas gaspiller. Il appelle les autorités traditionnelles à privilégier l’intérêt général et à proposer des solutions concrètes pour mettre fin à l’insécurité, notamment face aux exactions attribuées aux ADF.
Il insiste sur le fait que les conflits entre chefs coutumiers n’ont jamais profité à la population : « Nous, la population, n’avons jamais vu le bénéfice de tout cela. […] Allez lui dire la vérité. Réfléchissez ensemble à comment mettre fin au phénomène ADF, comment utiliser votre pouvoir pour arrêter les massacres et récupérer nos territoires. »
Son message s’étend également à la société civile et à la jeunesse, qu’il invite à éviter tout opportunisme lors de cette visite et à privilégier la responsabilité collective.
Cette prise de parole traduit un ras-le-bol croissant au sein de la population du Grand Nord, qui attend des actions concrètes de la part des autorités, tant coutumières que politiques, pour mettre un terme à une crise sécuritaire qui perdure depuis trop longtemps.
Franck Kaky / CONGOPROFOND.NET
