Actualité
Électricité : Après avoir étalé les préoccupations des Kinois au DG de la SNEL, la CORAP annonce le report de son sit-in !
La Coalition des organisations de la société civile pour le suivi des réformes de l’action publique (CORAP) informe à toute l’opinion du report du sit-in annoncé initialement pour ce jeudi 30 mars devant le siège de la Société Nationale d’Electricité à Kinshasa. Cette décision fait suite à la rencontre qui a eu lieu dans l’avant-midi de ce mercredi 29 mars 2023 entre le Directeur général de la SNEL et les représentants des organisations membres de la CORAP.

Au cours de la réunion, la CORAP a présenté les préoccupations des populations de la ville de Kinshasa et des différentes provinces sur le niveau accéléré de la dégradation de la fourniture des services énergétiques.
Ils ont mis à la disposition de la SNEL des informations avérées de terrain récoltées lors de la campagne de sensibilisation de l’accès à l’électricité. Dans le lot, on peut citer des cas de délestage dans les quartiers, le manque des transformateurs et/ou l’existence des transformateurs défaillants, le monnayage des services, l’aggravation des systèmes des départs uniques, la vétusté des infrastructures, le rançonnement opéré par des journaliers et pleins d’autres problèmes. » Bien au-delà, nous avons également abordé des questions de fond sur la nécessité urgente de résoudre les différents problèmes susmentionnés », a déclaré un des animateurs de cette structure.
Les recommandations de la CORAP
De ce qui précède, les activistes de la CORAP recommande aux acteurs concernés ce qui suit:
I. Au Président de la République
° De matérialiser sa vision de l’accroissement du taux d’accès à l’électricité de 26% à l’horizon 2023.
II. Au gouvernement:
° D’investir dans la construction des nouvelles centrales et la réhabilitation des barrages abandonnés pour accroître la production énergétique et permettre à ce que un plus grand nombre puisse avoir accès à l’électricité;
° Faciliter les investissements dans le secteur tenant compte du principe de libéralisation du secteur, à travers une politique d’incitation fiscale pour plus d’acteurs dans la production d’énergie sur l’ensemble du pays;
°Promouvoir des projets à faible coût d’investissement, mais à fort impact pour accroître l’accès des populations à l’énergie en RDC, dont les études ont été validées : le cas du projet Kinshasa Solarcity, le projet de construction de la centrale d’hydrolienne à Kinsuka, le projet Katende, le projet Kakobola, etc.
°D’apurer les factures des institutions vis-à-vis de la SNEL qui s’élèvent à plus de 100.000.000$, pour lui permettre d’avoir des fonds pour son fonctionnement;
III. Au Gouverneur de la Province de Kinshasa
° Mettre en place un plan d’électrification de la ville de Kinshasa;
• Assurer une gestion transparente des fonds collectés lors de paiement de la taxe sur l’éclairage publique pour la ville province de Kinshasa, pour qu’ils soient effectivement affectés aux infrastructures de l’éclairage public.
Désiré Rex Owamba/ CONGOPROFOND.NET
Politique
RDC : Andy Bemba évoque « La formation plus rapide du gouvernement et la réduction de sa taille » comme l’une des raisons principales de la réforme constitutionnelle
Le débat sur la révision constitutionnelle rebondit dans le paysage politique congolais. Pour Andy Bemba, président national du parti Nouvelle Pensée(NP), la question ne se limite pas à des ajustements techniques : il s’agit de repenser l’efficacité de l’État face aux urgences du pays.
« L’une des raisons pour lesquelles il nous faut revoir notre Constitution, c’est la nécessité d’une formation rapide du gouvernement et d’une réduction de sa taille », déclare-t-il. Selon lui, l’architecture actuelle ralentit la mise en place des équipes gouvernementales et alourdit le fonctionnement de l’exécutif.
Andy Bemba défend l’idée d’un « État plus léger, plus efficace et moins coûteux ». Dans sa logique, une équipe gouvernementale resserrée permettrait de réduire les dépenses de fonctionnement tout en accélérant la prise de décision. « Cela permettrait une meilleure gouvernance et des décisions plus rapides face aux défis du pays », insiste-t-il.
Le leader de Nouvelle Pensée pointe un problème récurrent : les longs délais de formation des gouvernements après les élections ou les remaniements. Ces périodes de transition, dit-il, bloquent l’action publique alors que les besoins en matière d’infrastructures, de sécurité, d’éducation et de santé restent urgents. Un exécutif plus restreint, avec des portefeuilles clairement définis, éviterait selon lui les chevauchements de compétences et les blocages politiques.
Au-delà de la taille, c’est la logique de gestion de l’État qui est visée. Andy Bemba estime qu’un gouvernement pléthorique génère des coûts inutiles qui pèsent sur le budget national sans garantir de meilleurs résultats. « Moins coûteux » ne signifie pas moins ambitieux, précise-t-il, mais plus rationnel dans l’allocation des ressources humaines et financières.
Cette position s’inscrit dans un débat plus large sur la réforme des institutions. Plusieurs acteurs politiques et de la société civile réclament depuis des années une rationalisation de l’appareil d’État pour le rendre plus réactif. Pour Andy Bemba, la Constitution doit encadrer ces changements afin d’éviter que la formation du gouvernement ne devienne un marchandage politique au détriment de l’intérêt général.
L’enjeu, conclut-il, est de donner au pays un exécutif capable d’agir vite et bien selon les besoins de la population. Dans un contexte où les défis économiques et sécuritaires s’accumulent, « La rapidité et l’efficacité ne sont plus un luxe, mais une nécessité ».
La proposition relance la question : la révision constitutionnelle doit-elle se limiter à des aspects politiques ou intégrer une réforme profonde du fonctionnement de l’État?
Blaise ABITA ETAMBE
