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Education Nat.-NC : Nettoyage du fichier paie, le DINAT Boniface Mbaka met à nu la mauvaise utilisation des salaires des enseignants à partir de l’année 2021
Un contrôle physique et administratif au sein des bureaux de la DINACOPE de Kinshasa, notamment les Directions provinciales et les Antennes, diligenté par le Directeur National Boniface Mbaka Ngapembe, dévoile l’existence des faussaires et des fictifs dans le fichier paie des enseignants qui, pour la plupart, ont été affectés à partir de l’année 2021 et bénéficiant injustement des salaires de l’Etat, au détriment des enseignants qui travaillent dans les écoles.
Cette information a été dévoilée à l’opinion par lui-même, le Directeur National, à travers une sortie médiatique à la fin du mois de novembre dernier, après que la rédaction de CONGOPROFOND.NET avait suivi ladite opération de contrôle des agents et de leurs dossiers à Kinshasa.
A la question sur la dilapidation d’argent dans le circuit de la paie des enseignants, qui lui a été posée par nos confrères d’EDUC.TV au cours d’une émission, ce dernier a répondu de la manière suivante : « C’est d’abord de savoir que le faux existe et comme je sais qu’il existe, comment le poursuivre, c’est un autre problème ».
S’agissant de l’existence des fictifs et des faussaires dans le fichier paie, il répond : « Je vous l’ai prouvé avec les 750 enseignants, l’argent n’est pas venu d’un nouveau budget de l’Etat, c’est juste l’enveloppe qui est dans nos murs ».
Quant aux pesanteurs qui pèsent sur lui du fait que bon nombre d’agents visés par la suspension des salaires, sont des recommandés, Boniface Mbaka reste serein : « J’ai deux boucliers, le premier c’est le respect des textes en vigueur. Le deuxième, c’est l’autorité qui a jeté son dévolu sur moi ».
Notons que le Gouvernement de la République, lors de la vingt-quatrième réunion ordinaire du Conseil des Ministres, tenue le vendredi 29 novembre 2024 à Kalemie, en province de Tanganyika, a été saisi de ces irrégularités à corriger qui gangrènent le sous-secteur de l’Education Nationale et de la Nouvelle Citoyenneté.
En effet, le compte-rendu fait par le Ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe et dont copie est parvenue à notre rédaction, indique que le Vice-Ministre de l’Education Nationale et de la Nouvelle Citoyenneté, Jean-Pierre Kezamudru, a présenté quelques actions prioritaires menées, principalement la correction des irrégularités constatées dans le fichier paie des enseignants. Il a d’abord souligné que la base des données gérées par la DINACOPE a connu, depuis l’année 2021, plusieurs vagues de mécanisation et de prise en charge des agents et cadres affectés dans plusieurs bureaux gestionnaires de Kinshasa.
En réponse aux nombreuses dénonciations, a-t-il mentionné, faisant état d’abord des agents affectés qui ne se sont jamais présentés au travail tout en bénéficiant des salaires, et ensuite de ceux mécanisés et payés avec des documents falsifiés ou non authentiques, un contrôle physique systématique a été mis en place sur l’ensemble des bureaux de Kinshasa.
Et de poursuivre que le rapport intermédiaire qui ne concerne que les bureaux de la DINACOPE de Kinshasa, révèle l’existence de 584 agents, représentant une masse salariale de plus de 310 millions de francs congolais, ont été déclarés éligibles à la désactivation pour divers motifs. Il a soutenu l’idée d’affecter cette enveloppe à la paie des enseignants non payés des écoles de Kinshasa. Une décision largement saluée par l’opinion publique, notamment les enseignants non payés, qui voient leur souffrance arriver au bout du tunnel.
« Je suis enseignant non payé et travaillant dans une école secondaire publique mécanisée non budgétisée. Au cours de cette année scolaire, j’accompli 6 ans de service sans salaire, en dépit du fait que je porte déjà un numéro matricule. Toutes les promesses que les autorités nous ont faites sont restées sans suite. Avec tous mes collègues, on déplorait la manière de faire des anciennes autorités, car on a été sacrifié au profit leurs membres des Eglises, des familles politiques et biologiques, comme l’a reconnu le VPM Lihau. Pour l’instant, nous saluons la décision prise par les nouvelles autorités, notre souffrance a trop duré », nous a confié sous l’anonymat, un enseignant non payé de la ville Kinshasa.
Pour rappel, le Vice-Premier Ministre de la Fonction Publique et Modernisation de l’Administration et Innovation du Service Public, Jean-Pierre Lihau Ebua, avait reconnu, stigmatisé et condamné leur comportement, en tant que membres du Gouvernement, pour avoir rendu un mauvais service au Trésor Public, dans l’affectation des agents sur base généralement de népotisme, clientélisme et militantisme. Il s’est exprimé à travers les antennes de nos confrères de Radio Top Congo, le mercredi 21 août 2024. Une sortie médiatique qui avait vivement suscité des réactions de la part de la Société civile et des organisations syndicales des enseignants.
En effet, Jean-Pierre Lihau Ebua avait préconisé un assainissement de l’Administration publique, en luttant contre les affectations par complaisance des membres des Eglises, des familles politiques et biologiques, dans l’administration publique, en dépit des cadres organiques. « Le recrutement doit être compétitif et qualitatif. Un agent, un poste et un salaire », avait-t-il souligné à la même occasion.
Rappelons, en ce qui concerne l’Enseignement, que dès son arrivée en octobre dernier à la tête de la Direction Nationale de Contrôle et de Préparation de la paie, la Maitrise des effectifs des Enseignants et du Personnel Administratif des Etablissements scolaires (DINACOPE, ex. SECOPE), Boniface Mbaka Ngapembe, sur instruction du Ministre d’Etat de l’Education Nationale et de la Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu Dinanga, mène l’opération du nettoyage du fichier paie des enseignants à travers les bureaux gestionnaires, tel qu’il a été décidé lors de derniers travaux de la Commission paritaire de Bibwa entre le Gouvernement et les syndicats des enseignants.
Bref, contrairement aux différents discours soutenus par les anciennes autorités qui ont géré ce sous-secteur, le DINAT Boniface Mbaka vient de dévoiler les irrégularités contenues dans le fichier paie des enseignants dont on disait fiabilisé à un passé récent. Nous pensons que le contrôle doit être poursuivi pour dénicher de nombreux cas encore en cachette, pour ainsi résoudre, même en partie, la problématique des enseignants NU et NP qui sont actifs dans les établissements scolaires.
Jules KISEMA KINKATU/CONGOPROFOND.NET
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HGR Kinkole sous tension : Après les violentes échauffourées, les médecins déclenchent une grève dès ce jeudi 16 avril
L’Hôpital Général de Référence de Kinkole a vécu des heures de vive tension dans la nuit du 14 au 15 avril 2026, plongeant le personnel soignant, les malades et leurs gardes dans une situation de panique généralisée. Selon les témoignages recueillis auprès des médecins de garde, des individus venus de Pakadjuma auraient pris le contrôle d’une partie du service de chirurgie, armés notamment de flèches et d’autres instruments jugés agressifs.
D’après les récits du personnel médical, plusieurs portes administratives ont été forcées, notamment celles du secrétariat, du bureau de l’Administrateur Gestionnaire Titulaire (AGT) ainsi que d’autres bureaux centraux. Si les assaillants ne sont pas parvenus à ouvrir certaines pièces, leur présence a suffi à semer la peur dans tout l’établissement. Les malades, les gardes-malades et les soignants ont été pris de panique face à cette intrusion brutale au sein d’un lieu censé être dédié aux soins et à la sécurité.
Le bilan provisoire communiqué par les médecins fait état d’au moins quatre morts alors qu’un premier rapport faisait état de deux décès par balle ainsi que de douze blessés, dont trois cas graves. Plusieurs biens appartenant aux prestataires, patients, stagiaires et accompagnants auraient également été emportés lors des violences. Les blessés ont été transférés à l’hôpital militaire de Kokolo sur décision des autorités communales de N’sele.
Face à cette situation jugée intenable, la quasi-totalité du personnel soignant a quitté l’hôpital et a décrété une grève à compter de ce jeudi 16 avril. Les médecins dénoncent l’absence de garanties sécuritaires et refusent de reprendre le travail tant que leur intégrité physique, celle des patients et celle des infrastructures hospitalières ne seront pas assurées.
Dorcas Mwavita/CONGOPROFOND.NET
