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Éducation à Kananga : Sans toit depuis plus d’un an, l’école primaire Lulua contrainte d’enseigner à ciel ouvert !

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Dans le quartier Nganza Sud, commune de Nganza à Kananga, au Kasaï-Central, l’école primaire Lulua traverse une épreuve alarmante. Conventionnée protestante et relevant de la 57ᵉ Communauté presbytérienne au Congo (CEPECO), cette école fonctionne depuis plus d’une année sans toiture, arrachée par un vent violent. Faute de moyens pour la réhabilitation, plus de 250 élèves et 6 enseignants poursuivent les cours sans abri, exposés quotidiennement aux caprices de la météo.

Des conditions d’apprentissage indignes

Dans un entretien accordé à CongoProfond.net, ce lundi 12 janvier, le directeur de l’établissement, Dieudonné Kanku Baleje, a dressé un tableau particulièrement sombre de la situation : « Les élèves étudient à même le sol, sans bancs, sans pupitres, ni tableau adéquat. Le personnel enseignant – trois femmes et trois hommes – travaille dans des conditions indignes et humiliantes. Nous vivons une détresse éducative inacceptable à notre époque », a-t-il dénoncé.

Des salles de classe à ciel ouvert

Sur le site de l’école, situé pourtant au cœur d’un quartier urbain, les salles de classe sont devenues de simples espaces à ciel ouvert. Les cahiers sont régulièrement trempés par la pluie, les enseignants manquent de craie et de tableaux, et les cours sont souvent interrompus par les intempéries. Lors des fortes pluies, l’établissement est contraint de fermer, privant les enfants de toute activité scolaire.

Une scolarité gravement perturbée

Cette situation prolongée a un impact direct sur la qualité de l’enseignement et la fréquentation scolaire. La motivation des élèves et des enseignants s’érode de jour en jour. Certains parents, ne supportant plus ces conditions extrêmes, ont déjà transféré leurs enfants vers d’autres écoles. D’autres, plus démunis, n’ont d’autre choix que de laisser leurs enfants affronter quotidiennement cette précarité.

Un cri d’alarme et un appel à la solidarité

Face à cette détresse, le comité des parents d’élèves s’est joint à l’appel de la direction de l’école. Il interpelle les autorités provinciales, les responsables du secteur de l’éducation, ainsi que les élus nationaux et provinciaux du Kasaï-Central, afin qu’une solution urgente soit trouvée.

« Nous appelons les personnes de bonne volonté, les députés, les sénateurs et les leaders religieux à nous venir en aide. Un simple bâtiment moderne et des équipements de base pourraient transformer cette école et offrir un avenir à ces enfants », plaide un membre du comité des parents.

Le miroir d’une crise éducative plus large

Au-delà du cas de l’école primaire Lulua, cette situation révèle une crise structurelle de l’éducation dans les zones semi-urbaines et rurales du Kasaï-Central. De nombreuses écoles y fonctionnent sans infrastructures adéquates, sans subventions régulières de l’État, ni appui réel des autorités locales.

Alors que la gratuité de l’enseignement de base est officiellement proclamée, la réalité du terrain reste préoccupante : pour de nombreux enfants, notamment dans les écoles conventionnées, l’accès à une éducation de qualité demeure un luxe.

Félicien MK/CONGOPROFOND.NET

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Tshisekedi face aux journalistes : un rendez-vous à haut risque sur tous les fronts

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Le Palais de la Nation se prépare à vivre un grand oral sous tension. Ce 6 mai 2026, la conférence de presse présidentielle doit affronter simultanément la crise sécuritaire dans l’Est, la controverse autour d’un éventuel changement constitutionnel, et le dossier explosif des sanctions contre Joseph Kabila. Rater cette communication reviendrait à offrir un angle d’attaque à toutes les oppositions.

Sur le plateau, la sécurité sera le premier banc d’essai. Les journalistes veulent des réponses précises sur les moyens alloués aux FARDC et la sincérité des coopérations militaires étrangères. Sur l’épineuse question de la Constitution, toute ambiguïté nourrira le soupçon d’un passage en force. Le moindre faux pas pourrait relancer les manifestations hostiles interdites dans la capitale.

Le nom de Joseph Kabila flottera inévitablement sur la salle. Félix Tshisekedi devra expliquer comment gérer cet isolement sans paraître lancer une chasse aux sorcières des anciens dignitaires. Les observateurs jugeront sa capacité à poser en chef d’État rassembleur et maître de son temps, bien au-delà des règlements de comptes personnels. Une conférence à la vie, à la mort politique.

TEDDY MFITU

Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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