Liberté de la Presse
Edmond Izuba : » La condamnation honteuse de Stanis Bujakera s’apparente à un arrangement politique ! »
En République démocratique du Congo, le Tribunal de Grande instance de Kinshasa/Gombe a condamné le journaliste Stanis BujakeraTshiamala à six mois de prison et 400 $ d’amende contre les 20 ans et 7500$ d’amende requis par le Parquet. Cette condamnation signifie que le journaliste est libre (le temps d’accomplir les formalités à la prison centrale de Makala) car elle correspond à la période de sa détention préventive.

En réaction à cette décision, le RAJEC ( Rassemblement des journalistes pour l’émergence du Congo), rejette en bloc la condamnation à 6 mois du journaliste Stanis Bujakera.
Selon son représentant, Edmond Izuba, cette condamnation » honteuse s’apparente à un arrangement politique » et non une décision judiciaire. Il invite, par ailleurs, le confrère Stanis Bujakera à interjeter appel pour aboutir à son acquittement.

Les organisations de défense des droits des journalistes avaient organisé, ce lundi matin, une réunion afin de lancer un appel à se rassembler pour le soutenir.
A cette occasion, plusieurs militants ont soulevé les incohérences du dossier, de l’arrestation aux accusations du ministère public, souvent non prouvées.
Accusé d’avoir fabriqué, puis diffusé et médiatisé une note de l’Agence nationale des renseignements qui pointe la responsabilité des services secrets militaires dans l’affaire de Chérubin Okende, ancien ministre retrouvé mort dans sa voiture le 13 juillet 2023, le journaliste a demandé des preuves à maintes reprises, lors de sa dernière audience. Sans pour autant être satisfait.
Des incohérences ont été observées dans le réquisitoire du ministère public. Entre autres, le fait que ce dernier accuse Stanis Bujakera d’avoir produit la note, avant d’affirmer que le journaliste l’a reçue sur la messagerie Telegram.
Ou encore le fait que la contre-expertise ne puisse affirmer avec exactitude si, oui ou non, le correspondant de Jeune Afrique est bel et bien à l’origine de la note.
Enfin, le fait que le procureur, lui-même, se soit procuré la note sur les réseaux sociaux, via d’autres canaux.
L’accusation était donc non fondée pour l’avocat du journaliste, Papy Niango. Il déclare : » Il s’agit d’un mélange d’irrationalité et d’abjection qui nous amène à dire que l’arrestation de Bujakera est arbitraire, irrégulière et que l’instruction à sa charge est impensable. »
Elyane Mukuna /CONGOPROFOND.NET
À la Une
Presse francophone mondiale : La Congolaise Marianne Mujing Yav décroche un poste historique à l’UPF
Une nouvelle page s’écrit pour la presse congolaise sur la scène internationale. La journaliste congolaise Marianne Mujing Yav a été élue, vendredi 29 mai 2026, au poste de secrétaire générale de l’Union Internationale de la Presse Francophone (UPF), à l’issue d’un scrutin qui marque un tournant majeur pour la représentation de la République démocratique du Congo au sein des grandes instances médiatiques francophones.
Avec 35 voix obtenues, elle devient la première femme congolaise à accéder à cette fonction stratégique au sein de cette organisation qui rassemble des journalistes, éditeurs et professionnels des médias issus de l’espace francophone mondial.

Une victoire qui honore la RDC
L’élection de Marianne Mujing Yav constitue bien plus qu’un succès personnel. Elle symbolise la montée en puissance de la presse congolaise dans les espaces internationaux de décision et de réflexion sur l’avenir du journalisme francophone.
Dans un contexte où les médias sont confrontés à de nombreux défis ( transformation numérique, désinformation, sécurité des journalistes et défense de la liberté de la presse ), la présence d’une Congolaise à un poste aussi influent est perçue comme une reconnaissance du dynamisme et du professionnalisme des acteurs des médias de la RDC.
Cette élection renforce également la visibilité du pays au sein de la francophonie médiatique, offrant à la RDC une voix plus forte dans les débats qui façonnent l’avenir de l’information à l’échelle internationale.
Zoom sur Marianne Mujing Yav
Figure respectée du paysage médiatique congolais, Marianne Mujing Yav s’est progressivement imposée comme l’une des personnalités les plus engagées dans la promotion du journalisme professionnel et de la coopération entre médias francophones.
Au fil des années, elle a développé une solide expérience dans le secteur de l’information et dans les réseaux professionnels de la presse, ce qui lui a permis de tisser des liens avec plusieurs organisations internationales œuvrant pour le renforcement des médias et la défense des valeurs de la francophonie.
Membre du Comité national de la presse congolaise ( UNPC), son élection à la tête du secrétariat général de l’UPF traduit la confiance placée en son leadership, sa capacité de rassemblement et sa vision pour une presse francophone moderne, indépendante et adaptée aux mutations du monde numérique.
Un symbole fort pour les femmes des médias
L’accession de Marianne Mujing Yav à cette haute responsabilité revêt également une portée symbolique importante pour les femmes journalistes de la RDC et d’Afrique.
Dans un secteur encore marqué par des défis liés à la représentativité féminine dans les postes de direction, cette élection envoie un signal fort sur la place croissante des femmes dans la gouvernance des médias et des organisations professionnelles internationales.
En tant que secrétaire générale de l’UPF, Marianne Mujing Yav sera appelée à contribuer à la coordination des activités de l’organisation, au renforcement de la coopération entre ses différentes sections nationales et à la promotion des valeurs qui fondent la presse francophone.
Son mandat s’annonce déterminant à un moment où le journalisme doit relever des enjeux majeurs liés à la crédibilité de l’information, à l’intelligence artificielle, à la transition numérique et à la protection des professionnels des médias.
Par cette élection historique, la RDC inscrit son nom dans les annales de la presse francophone mondiale et voit l’une de ses filles accéder à l’un des postes les plus prestigieux du secteur. Une consécration qui honore à la fois Marianne Mujing Yav, la profession journalistique congolaise et l’ensemble du pays.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET