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Ebola à Butembo : Des avancées dans la prise en charge des malades, mais le bilan reste lourd dans une zone de santé (313 cas confirmés et 174 décès )
Des avancées sont enregistrées dans la riposte contre Ebola en zone de santé de Butembo, au Nord-Kivu, 5 mois après la déclaration de la 17ᵉ épidémie. C’est ce qu’a indiqué le Dr Kambale Masingo Esdras, médecin directeur de l’hôpital général de référence de Kitatumba et intervenant dans la riposte, au cours d’un entretien accordé à CONGOPROFOND.NET, ce mercredi 14 octobre.
Sur le plan logistique, le médecin souligne une amélioration des capacités d’accueil grâce à la disponibilité de plusieurs structures dédiées à la prise en charge des malades. Le centre de traitement Ebola (CTE) de Kitatumba dispose de 29 lits, celui de l’ITAV compte actuellement 60 lits, avec une capacité appelée à atteindre 80 lits, tandis que le centre des Cliniques universitaires du Graben dispose de 16 lits. Selon lui, le taux d’occupation des lits se situe autour de 55 à 60 %, laissant encore de la place pour accueillir les cas suspects et confirmés.
« Pour le moment, le problème lié à l’hébergement et à l’accueil des malades suspects ou confirmés dans la zone de santé peut être considéré comme résolu », a-t-il expliqué, saluant les efforts logistiques consentis dans le cadre de la riposte.
Des guérisons favorisées par une prise en charge précoce
Le Dr Kambale Masingo Esdras se réjouit également de l’augmentation du nombre de guérisons observées dans les centres de traitement. Il attribue cette évolution, notamment, à une prise en charge plus précoce des patients, qui commencent à se présenter plus rapidement dans les structures sanitaires.
« Plus les gens arrivent tôt au CTE, plus ils ont de chances de guérir », a-t-il insisté. À l’inverse, une consultation tardive, lorsque la maladie s’accompagne déjà de vomissements, de diarrhées ou d’hémorragies, réduit les chances de survie.
Le médecin appelle ainsi la population à ne pas attendre l’aggravation des symptômes avant de se rendre dans une structure de prise en charge. La rapidité du recours aux soins demeure, selon lui, un facteur essentiel pour améliorer le pronostic des malades et réduire les décès.
La résistance communautaire freine toujours la riposte
Malgré ces progrès, plusieurs difficultés persistent sur le terrain. Le médecin directeur de l’hôpital de Kitatumba pointe notamment la résistance communautaire dans certaines aires de santé périphériques de Butembo, dont Vulindi, Vuvatsi, Malende, Vulamba, Mondo et Ngengere.
Il a notamment déploré l’agression d’un psychologue engagé dans la riposte, survenue dans l’aire de santé de Vulindi une dizaine de jours avant cet entretien. Cet incident illustre, selon lui, les obstacles auxquels les équipes sanitaires restent confrontées dans l’accomplissement de leur mission.
Face à cette situation, l’implication des communautés apparaît indispensable pour faciliter le travail des équipes sur le terrain, favoriser le recours rapide aux soins et renforcer l’application des mesures de prévention.
Plus de 300 cas confirmés et 174 décès
Depuis le début de l’épidémie jusqu’au 14 octobre 2026, la zone de santé de Butembo a notifié 313 cas confirmés, 174 décès et 85 guérisons, selon les chiffres communiqués par le Dr Kambale Masingo Esdras.
Malgré les capacités d’accueil renforcées et les progrès observés dans la prise en charge, ces statistiques rappellent l’ampleur du défi sanitaire. Le médecin appelle chacun à contribuer à la riposte en collaborant avec les équipes sanitaires et en respectant les mesures de prévention recommandées.
Pour lui, l’issue de cette épidémie dépend aussi du comportement de la population et de sa volonté de coopérer avec les acteurs engagés dans la lutte contre Ebola.
Dalmond Ndungo / CONGOPROFOND.NET