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Société

Durba, cité aurifère du Haut-Uélé : quand Kibali Gold mines façonne un pôle économique stratégique du Nord-Est de la RDC

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Située dans le territoire de Watsa, au cœur de la province du Haut-Uélé, la cité minière de Durba s’impose aujourd’hui comme l’un des pôles économiques les plus dynamiques du nord-est de la République démocratique du Congo. Longtemps connue pour son potentiel aurifère, Durba a profondément changé de visage avec l’implantation et les activités de Kibali Gold Mine, l’une des plus grandes sociétés minières du pays, devenue le véritable moteur de son essor économique et social.

Grâce à l’exploitation industrielle de l’or portée par Kibali Gold Mine, Durba attire quotidiennement une population venue de diverses provinces de la RDC. Travailleurs, commerçants, prestataires de services et visiteurs convergent vers cette cité où l’économie locale gravite largement autour du secteur minier. Cette dynamique a favorisé l’émergence d’un tissu économique actif, stimulant le commerce, l’artisanat et les services, tout en renforçant la notoriété de Durba à l’échelle nationale.

Cependant, cette richesse n’est pas sans défis. En marge de l’exploitation légale et structurée menée par Kibali Gold Mine, la cité fait face à la présence d’exploitants illégaux et de réseaux clandestins, parfois soutenus par des complicités locales, qui pillent les ressources minières au mépris des lois de la République. Cette exploitation frauduleuse constitue non seulement une perte importante pour l’État congolais, mais aussi une menace pour la stabilité sociale et sécuritaire de la région, contrastant avec les standards de gouvernance et de responsabilité promus par Kibali.

Sur le plan géostratégique, Durba occupe une position sensible. À l’est, sa proximité avec la frontière ougandaise facilite les échanges transfrontaliers, aussi bien formels qu’informels. Au nord, la proximité avec le Soudan du Sud renforce son importance en matière de sécurité et de commerce régional. Au sud-ouest, la cité est reliée à Isiro, chef-lieu du Haut-Uélé et centre administratif majeur, consolidant son rôle de carrefour économique provincial.

Malgré son éloignement de Kinshasa, distante de plus de 1 500 kilomètres par voie terrestre, Durba demeure une localité stratégique pour l’économie nationale. Cet isolement relatif explique les défis logistiques et le coût élevé du transport, mais n’a pas freiné son développement. Au contraire, grâce aux investissements structurants et aux actions sociales de Kibali Gold Mine, Durba s’affirme progressivement comme une cité minière moderne, symbole du potentiel économique du Haut-Uélé et vitrine d’un développement local porté par l’exploitation responsable des ressources naturelles.

Dorcas Mwavita

Société

De pneus usés à babouches : à Kananga, les jeunes sourds-muets du centre Mpandilu misent sur l’artisanat pour vivre

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À première vue, rien ne distingue ce petit atelier du centre « Mpandilu », niché près du rond-point Notre-Dame à Kananga. Pourtant, derrière ses murs modestes, se construit chaque jour une histoire de courage et de reconstruction sociale portée par de jeunes vivant avec une déficience auditive.

À Kananga, chef-lieu du Kasaï-Central, une initiative discrète mais profondément transformatrice est en train de redéfinir la notion d’insertion sociale. Au centre « Mpandilu », situé non loin du rond-point Notre-Dame, de jeunes vivant avec une déficience auditive ont trouvé dans le recyclage des pneus usés une voie concrète vers l’autonomie économique.

Loin des discours théoriques sur l’inclusion, ces jeunes passent à l’action. Dans un atelier simple mais actif, ils récupèrent des pneus hors d’usage pour les transformer en sandales artisanales destinées au marché local. Découpe, façonnage, assemblage : chaque étape est exécutée avec précision, patience et une grande maîtrise acquise au fil du temps.

Cette activité ne relève pas seulement de la survie. Elle s’inscrit désormais dans une logique d’économie circulaire, où des déchets automobiles deviennent des produits utiles et commercialisables. Les sandales fabriquées sont vendues entre 5 000 et 8 000 francs congolais la paire, générant ainsi un revenu essentiel pour ces jeunes qui refusent la dépendance et la mendicité.

Selon l’encadreur du centre Mpandilu, Jacques Mputu, ce projet est né d’une adaptation progressive des formations initiales. Les bénéficiaires avaient d’abord été orientés vers la menuiserie, mais le manque de moyens a conduit à une réorientation vers la cordonnerie artisanale, plus accessible et immédiatement exploitable.

« En observant l’un d’entre eux travailler les chaussures, les autres ont rapidement appris. C’est un métier basé sur la pratique et la répétition », explique-t-il.

Au-delà de l’aspect économique, cette activité est devenue un véritable espace de valorisation personnelle. Les jeunes artisans développent discipline, confiance en eux et sens du travail bien fait, suscitant l’admiration de plusieurs habitants de la ville.

Parmi les clients, certains reconnaissent la qualité des produits et l’impact social de leurs achats. C’est le cas de Louis Ntumba, qui souligne l’importance de soutenir cette initiative locale : « Leur travail est sérieux et les sandales sont solides. Acheter chez eux, c’est encourager leur effort et leur dignité. »

Malgré ces avancées, les défis restent importants. Le centre Mpandilu fait face à un manque d’équipements adaptés, de financements et de matériel moderne pour augmenter sa capacité de production et améliorer les conditions de travail.

Les responsables appellent ainsi les autorités provinciales, les organisations humanitaires et les partenaires privés à s’impliquer davantage pour renforcer ce modèle d’inclusion par le travail. Un soutien structuré permettrait non seulement d’améliorer la production, mais aussi d’élargir les opportunités économiques de ces jeunes.

À travers cette initiative, Kananga illustre une réalité souvent sous-estimée : lorsque les déchets deviennent ressources et que le handicap rencontre l’opportunité, l’exclusion peut se transformer en autonomie durable.

Mike Tyson Mukendi

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