À la Une
Du rififi aux Affaires Étrangères : Le SG suspendu du ministère accuse le ministre Lutundula d’harcèlement et tribalisme !
Les torchons brûlent au ministère des Affaires étrangères de la RDC. La tension morose entre le ministre de tutelle, Christophe Lutundula, et le secrétaire général de son ministère, Daniel Makiesse, a atteint son point culminant à travers une correspondance de ce dernier adressée, ce jeudi 5 octobre, au Premier ministre, Sama Lukonde, accusant son supérieur de « harcellement ».
Ce professeur d’université se dit victime d’harcèlement permanent et des menaces récurrentes de suspension et sollicite la protection du Premier ministre, chef du gouvernement, en vue de protéger sa carrière et sa dignite.
En effet, explique-t-il dans sa lettre, « c’est dans mon devoir d’informer les services des renseignements sur tout mouvement de passeports et de veiller au respect des lois et reglements qui organisent l’Administration Publique, en ce qui concerne les annotations nécessaires et préalables de ma part concernant la carrière des Agents de mon Administration (envoi en poste, commissionnement, affectation, promotion, admission sous-statut…). Malheureusement, le Ministre des Affaires Etrangeres venait de signer un arrêté de commissionnement sans avis technique du Secrétariat Général et d’ailleurs, dans ma correspondance en annexe, je lui ai adressé une note soulignant les irrégularités et les omissions flagrantes evoquées et fustigées par son nouveau Directeur de Cabinet. Il était donc de mon devoir de lui apporter cette précision afin d’éviter des situations des troubles et des violations des dispositions de l’Administration Publique. Et il est déplorable de constater que toutes ces personnes envoyées en poste diplomatique proviennent, dans la quasi totalité, de la même tribu. Ce qui crée des frustrations et des tensions au sein de l’Administration du Ministère des Affaires Étrangères ».
Malgré sa pleine collaboration et subordination, regrette-t-il, le Ministre des Affaires ne cesse de l’intimider pour faire passer ces irrégularités et ces nominations, sans oublier les envois en poste diplomatique des personnes ne détenant même pas les numéros matricules, au détriment des diplomates de carrière qui risquent d’aller en retraite sans avoir été en poste diplomatique. » En réalité, ces personnes ne sont pas Agents de l’Etat mais nommées à des postes diplomatiques en violation des règles élémentaires de droit administratif et diplomatique ainsi que des procédures d’envois en poste », conclut-il.
Tout en sollicitant l’ultime intervention du Premier ministre afin de prevenir des situations déplorables et irréparables, le professeur Daniel Makiesse souligne qu’en temps normal qu’il aurai t déjà démissionné de ce poste car il lui est difficile de tolérer » non seulement des irrégularités mais surtout le tribalisme au sein de l’Administration Publique ». C’est par respect à la fonction lui confiée par les Autorités de l’Etat, qu’il se refuse d’agir sans consulter la Très Haute hiérarchie.
Au moment où la lettre de dénonciation du secrétaire général atterrit sur la table du Premier ministre, CONGOPROFOND.NET vient d’apprendre l’ouverture d’une action disciplinaire contre lui et sa suspension par le ministre Lutundula. Interrogé sur les griefs portés contre lui, un proche du Vice premier ministre a fait savoir qu’il ne peut pas la commenter pour le moment, promettant d’y revenir prochainement.
Somme toute, l’opinion observe les réactions et les avis du chef du gouvernement et de la présidence de la République au regard des fonctions particulières du Secrétaire Général aux Affaires Etrangères. Au cas contraire, ladite suspension est nul effet, car ne pouvant surprendre ces deux très hautes Autorités. Dossier à suivre.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
À la Une
Jeux d’argent en RDC : Le ministère des Finances lance la grande réforme de la régulation du secteur
Le gouvernement congolais franchit une étape décisive dans la modernisation du secteur des jeux d’argent. Sous l’impulsion du ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, la Cellule de surveillance des jeux d’argent a engagé un vaste processus de réforme destiné à assainir et structurer un secteur en pleine expansion.
C’est dans cette dynamique que le coordonnateur de la Cellule de surveillance des jeux d’argent, Dieudonné Ntumba, a présidé une importante réunion avec les opérateurs du secteur au Centre financier de Kinshasa. Cette rencontre marque le lancement d’une série d’activités visant à mettre en place un cadre moderne de régulation, conforme aux standards internationaux.

Un partenariat entre l’État et les opérateurs
Dans son allocution, Dieudonné Ntumba a insisté sur la nécessité d’une collaboration étroite entre les pouvoirs publics et les opérateurs privés afin de garantir une concurrence loyale et de prévenir les dérives liées à la criminalité financière.
« Le rôle de l’État n’est pas d’empêcher les activités économiques, mais de les encadrer », a-t-il déclaré, rappelant que cette démarche s’inscrit dans la vision du gouvernement de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka visant à moderniser l’économie nationale tout en protégeant les populations vulnérables.
Une plateforme numérique pour contrôler les flux financiers
Parmi les mesures phares annoncées figure la mise en place d’une plateforme centralisée de régulation. Cet outil permettra aux autorités de suivre en temps réel les transactions et les mouvements financiers générés par les opérateurs de jeux.
L’objectif est double : renforcer la transparence du secteur et optimiser la mobilisation des recettes publiques. Les opérateurs ont ainsi été invités à intégrer leurs systèmes à cette nouvelle infrastructure technologique.
Vers un nouveau cadre légal
La réforme s’accompagne également d’une évolution du cadre juridique. Un projet de loi sur la régulation des jeux d’argent est actuellement examiné au Parlement. Ce texte ambitionne de remplacer les dispositions héritées de l’époque coloniale par une législation moderne adaptée aux réalités actuelles du marché.
En attendant son adoption, la Cellule de surveillance poursuit la mise en œuvre des mécanismes de contrôle et d’encadrement destinés à préparer le secteur à cette transition.
Un soutien des acteurs du secteur
Les opérateurs présents à la réunion ont salué l’initiative du ministère des Finances. Responsable commercial et marketing de PixLab RDC, l’un des participants a estimé qu’un environnement mieux réglementé permettra aux entreprises d’exercer leurs activités dans un climat plus sécurisé et plus prévisible.
À l’issue des échanges, Dieudonné Ntumba a réaffirmé la volonté du ministère des Finances de maintenir un dialogue permanent avec les opérateurs afin d’assurer une mise en œuvre harmonieuse de cette réforme stratégique pour l’économie nationale.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
