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Du Kabilisme au Tshisekedisme : Willy Bakonga, le grand virage !

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La scène politique congolaise offre régulièrement des séquences qui interrogent la constance des acteurs publics. La récente sortie de Willy Bakonga Wilima, désormais favorable à une révision constitutionnelle au bénéfice de Félix Tshisekedi, en est une illustration frappante.

Celui qui, hier encore, affichait sa proximité avec Joseph Kabila, adopte aujourd’hui une posture radicalement différente, allant jusqu’à défendre la perspective d’une nouvelle République. Ce type de revirement n’est ni isolé ni inédit en République démocratique du Congo.

Derrière ces repositionnements rapides, une question centrale s’impose : s’agit-il d’une évolution idéologique légitime ou d’un opportunisme politique assumé ?

L’opportunisme, une stratégie bien ancrée

Dans un environnement politique marqué par des rapports de force mouvants, nombreux sont les acteurs qui privilégient leur survie politique plutôt que la cohérence doctrinale. L’adhésion à un camp devient alors moins une question de conviction qu’un calcul stratégique.

Ce phénomène se manifeste souvent par :
– des alliances fluctuantes au gré des intérêts du moment ;
– des discours contradictoires selon les contextes politiques ;
– une capacité à se repositionner rapidement auprès du pouvoir en place.

L’objectif est clair : rester dans le cercle de décision, conserver une influence, voire accéder à des avantages politiques ou économiques.

Le débat constitutionnel comme révélateur

La question du changement ou de la révision de la Constitution agit comme un véritable révélateur de ces postures opportunistes. Sujet hautement sensible, elle divise profondément l’opinion et met à nu les véritables motivations des acteurs politiques.

Pour certains, soutenir une réforme constitutionnelle peut relever d’une vision politique assumée. Mais lorsque ce soutien intervient après un changement d’alliances ou de loyautés, il suscite inévitablement la méfiance.

Le cas de Willy Bakonga Wilima alimente ainsi le débat : revirement sincère ou simple repositionnement dans une dynamique de pouvoir ?

Une culture politique à repenser

Au-delà des individus, c’est toute la culture politique congolaise qui est interpellée. L’absence de lignes idéologiques claires dans la plupart des partis favorise ces glissements opportunistes.

Dans ce contexte, les partis deviennent souvent des plateformes électorales plutôt que des structures porteuses de visions à long terme. Les engagements pris devant le peuple perdent alors de leur valeur, au profit d’arrangements circonstanciels.

Le citoyen face à la défiance

Ces comportements ne sont pas sans conséquences. Ils alimentent une défiance croissante des citoyens envers la classe politique. Beaucoup y voient la preuve que les intérêts particuliers priment sur l’intérêt général.

À terme, ce manque de cohérence fragilise :
– la crédibilité des institutions ;
– la qualité du débat démocratique ;
et la confiance dans les processus électoraux.

Vers une exigence de cohérence ?

Face à cette réalité, une exigence s’impose progressivement dans l’opinion : celle de la constance et de la redevabilité. Les citoyens, de plus en plus attentifs, scrutent les trajectoires politiques et n’hésitent plus à dénoncer les contradictions.

Si changer d’avis fait partie du jeu démocratique, encore faut-il que ces changements soient expliqués, assumés et fondés sur une vision claire. Sans cela, ils risquent d’être perçus comme de simples manœuvres opportunistes.

Conclusion : entre pragmatisme et opportunisme

La frontière entre pragmatisme politique et opportunisme reste parfois ténue en RDC. Mais lorsque les revirements deviennent systématiques et intéressés, ils finissent par éroder la confiance publique.

Le véritable défi pour la classe politique congolaise est donc de réconcilier stratégie et cohérence, ambition personnelle et intérêt national. Car au-delà des jeux d’alliances, c’est la crédibilité même de la démocratie congolaise qui est en jeu.

Jules Kisema & Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET 

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Ebola en RDC : Félix Tshisekedi convoque une réunion de crise face à une nouvelle souche inquiétante

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Face à la résurgence de la maladie à virus Ebola dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, le Président de la République, Félix Tshisekedi, a présidé dans la nuit du lundi 18 mai une réunion de crise à sa résidence du Mont Ngaliema. Autour du Chef de l’État étaient réunis la Première ministre Judith Suminwa, plusieurs ministres sectoriels ainsi que le directeur général de l’INRB, le Dr Jean-Jacques Muyembe.

Au cours de cette rencontre d’urgence, le Président de la République a reçu le rapport préliminaire du ministre de la Santé publique, le Dr Roger Kamba, fraîchement revenu de la province de l’Ituri, considérée comme l’épicentre de cette nouvelle flambée épidémique. Selon les autorités sanitaires, six zones de santé sont actuellement touchées : Mongbwalu et Rwampara, principaux foyers de l’épidémie en Ituri, ainsi que Bunia et Nyankunde dans la même province. Au Nord-Kivu, les zones de Butembo-Katwa et de Goma sont également concernées.

Le rapport présenté au Chef de l’État fait état de 513 cas suspects et de 131 décès enregistrés dans les différentes zones affectées. Toutefois, le ministre de la Santé a tenu à préciser que ces décès restent pour l’instant “suspects”, des investigations étant toujours en cours afin de déterminer lesquels sont effectivement liés au virus Ebola. Cette situation suscite une vive inquiétude au sein des autorités sanitaires congolaises, alors que les populations locales redoutent une propagation rapide de la maladie.

Face à l’urgence, le Président Félix Tshisekedi a instruit le gouvernement de prendre immédiatement toutes les mesures nécessaires pour contenir la pandémie et interrompre la chaîne de transmission. Le Chef de l’État a notamment insisté sur le renforcement des dispositifs sanitaires dans les zones touchées, tout en appelant la population au calme et au strict respect des mesures barrières afin d’éviter une aggravation de la situation.

De son côté, le directeur général de l’INRB, le Dr Jean-Jacques Muyembe, a révélé que le séquençage complet du génome viral confirme la présence d’une variante Bundibugyo, génétiquement distincte des précédentes épidémies de 2007 et 2012. Selon l’épidémiologiste, cette souche proviendrait directement d’un réservoir animal et ne dispose actuellement d’aucun vaccin ni traitement spécifique approuvé. Le célèbre virologue congolais a été chargé d’activer sans délai le protocole médical qui avait permis à la RDC de juguler les précédentes flambées d’Ebola.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET 

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