Connect with us

Actualité

Du cachot à la mémoire : Guillaume Ngefa se réconcilie avec l’histoire mobutiste

 

Depuis le 16 octobre dernier, le Musée national de la République démocratique du Congo (MNRDC) accueille l’exposition « Mobutu, une vie, un destin », une rétrospective inédite consacrée à la vie, au pouvoir et à l’héritage du deuxième président du pays. Photographies d’époque, objets d’apparat, discours officiels et archives rares plongent le visiteur dans une période qui a profondément marqué l’histoire nationale.

 

Ce mercredi 22 octobre, c’est Guillaume Ngefa Atondoko Andali, Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, qui a foulé les allées de cette exposition. Reçu et guidé par Nzanga Mobutu, fils du Maréchal et ancien ministre, ainsi que par Marie-Laure Yaone, Directrice générale du Musée national, le Garde des Sceaux a découvert, avec un regard mêlé d’émotion et de recul historique, les symboles d’un passé à la fois glorieux et controversé.

 

Parmi les pièces exposées, le fauteuil présidentiel, le buste du Maréchal, ou encore la collection des monnaies nationales retraçant l’évolution du pays depuis l’indépendance jusqu’à l’époque du Zaïre, ont particulièrement retenu son attention. Ces objets, empreints de mémoire, rappellent une époque où l’État congolais tentait d’imposer une identité culturelle forte, tout en sombrant parfois dans les dérives autoritaires du pouvoir personnel.

 

Mais au-delà de la visite protocolaire, le geste de Guillaume Ngefa porte une portée symbolique. Car l’homme, aujourd’hui ministre de la Justice, fut jadis arrêté, torturé et contraint à l’exil sous ce même régime mobutiste qu’il observe désormais à travers la vitrine de l’histoire. En contemplant les reliques du pouvoir d’hier, c’est aussi à sa propre trajectoire qu’il se confronte, celle d’un militant des droits humains devenu acteur d’un État de droit qu’il a longtemps rêvé de reconstruire.

 

Dans le livre d’or du musée, Ngefa a laissé ces mots simples : _« Une exposition qui mérite d’être soutenue et vulgarisée. »_

 

Des mots sobres, mais lourds de sens pour un homme qui revient, non pour solder des comptes, mais pour réconcilier la mémoire et la justice. Nzanga Mobutu, hôte du jour, n’a pas manqué d’exprimer sa gratitude pour cette marque de considération, saluant le sens du pardon et l’attachement du ministre à la mémoire nationale.

 

L’exposition _« Mobutu, une vie, un destin »_, ouverte au public jusqu’au 30 octobre, dépasse ainsi le simple hommage historique. Elle devient le théâtre d’une rencontre entre mémoire et réconciliation, entre l’ombre du passé et la lumière d’un avenir apaisé.

 

En revisitant l’héritage du Maréchal, Guillaume Ngefa rappelle, à travers son geste, qu’aucune nation ne peut se reconstruire sans affronter son histoire, même la plus douloureuse.

 

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET