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DRC Mining Week 2024 : Kibali Gold Mine consacre un investissement record aux énergies renouvelables
« Projets pour une transition vers les énergies 100% renouvelables ». Telle est expérience partagée par Kibali Gold Mine à l’ouverture du DRC Mining Week, ce mercredi 12 juin 2024, à Lubumbashi, chef-lieu du Haut-Katanga. Par l’entremise de l’ingénieur en électricité, Jean-Paul Ilunga Mbayo, cette société minière du Groupe Barrick Gold a décrit ses solutions à la problématique du déficit en énergie qui pose de plus en plus problème à l’industrie minière en RDC.

Sources d’énergie et évolution au fil du temps…
En effet, rappelle l’ingénieur, la mine d’or de Kibali a débuté son exploitation avec une centrale thermique composée de générateurs diesel d’une capacité totale de 43 MW.
En 2015, elle a initié une transition vers les énergies vertes dans le but de réduire sa dépendance aux générateurs, diminuer les coûts de production d’énergie et réduire les émissions de carbone.
Les investissements ont inclus:
– La Centrale hydroélectrique Nzoro 2: 22 MW, 2015.
– La Centrale hydroélectrique Ambarau: 10,3 MW, mi-2016
– La Centrale hydroélectrique Azambi: 10,1 MW, fin 2018.

Stabilité du Micro-Réseau de Kibali Gold Mine…
La demande énergétique de la mine est en moyenne de 43MW avec une oscillation de plus ou moins 4 MW toutes les 1,5 minutes en raison du treuil du puits vertical, créant des variations de charge des générateurs.
Pour stabiliser le réseau, un système de stockage d’énergie par batteries a été mis en place, absorbant les pics de demande négative et fournissant de l’énergie lors des pics positifs, tout en maintenant la charge des générateurs stable.
Cela a eu pour effet de diminuer les nombres de générateur tournant de façon significative et maximiser la production hydro et par conséquent, réduire le cout des énergies.

Projet de Centrale Solaire avec Système de Stockage par Batterie
Inspiré par le succés de la mine Sœur de Barrick au Mali, Kibali Gold Mine a lancé, en 2020, une étude de faisabilité d’une Centrale solaire (PV) de 19 MWc, 16 MW énergie, avec 15 MW/30 MWh de système de stockage d’énergie par batterie.
C’est en 2024 que le projet est mis en sur le site de la Centrale hydroélectrique Ambarau sur une surface de 42 hectares. Cependant, sa mise en service est planifiée pour le 2ème trimestre de 2025
Au sujet des avantages économiques de ce système, il cite, notamment :
– Le développement d’un modèle énergétique pour les prévisions sur 10 ans, retour sur investissement en 6 ans avec un taux de rentabilité interne (TRI) de 21% ;
– Economies annuelles prévues de 11,34 millions de dollars.

Investissements Énergétiques de Kibali pour l’avenir
Jean-Paul Ilunga révèle : « Kibali vise à atteindre 100% d’énergies vertes en investissant dans des infrastructures énergétiques innovantes ».
D’ores et déjà, il présente les projets prévus pour les années à venir:
1. Projet Hydrogen : Son objectif, produire de l’hydrogène pour améliorer le rendement des générateurs et réduire la consommation de carburant de 10 à 12%.
2. Mise à Niveau de la Centrale Nzoro 1 : Il s’agit d’augmenter sa capacité de 600 kW à 4 MW pour une production accrue…
3. Bassin de Stockage d’Eau pour la Centrale Nzoro 2 afin d’augmenter la production d’énergie pendant la saison sèche pour améliorer la disponibilité de l’énergie renouvelable toute l’année.
4. Nouveaux Sites Hydroélectriques: Ici, la stratégie consiste à préparer des sites pour de nouvelles centrales afin de répondre à l’augmentation de la demande énergétique.
Située au nord-est de la RDC, 300 km à l’est d’isiro (capitale de la province du Haut-Uele) et 150 km à l’ouest d’Arua (ville frontalière ougandaise), la Mine de Kibali est une coentreprise entre Barrick, AngloGold Ashanti Limited et Société Paraétatique de Kilo-Moto.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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Révision constitutionnelle en RDC : Ferdinand Lokunda plaide pour une refondation institutionnelle
Le débat sur une éventuelle révision ou réforme constitutionnelle en RD Congo continue d’alimenter la scène politique et citoyenne. Parmi les voix qui se font entendre figure celle de Ferdinand Lokunda Dasilva, président de l’Association des Métis au Congo (ASMECO), une structure de la société civile engagée notamment dans la lutte contre la discrimination raciale, la marginalisation et la défense des droits des enfants sans distinction d’origine.
À travers une série de propositions rendues publiques, Ferdinand Lokunda, à titre personnel, appelle à une « nouvelle Constitution » qu’il juge plus adaptée aux réalités politiques, sécuritaires et institutionnelles de la RDC. Ses desiderata touchent aussi bien à la nationalité, à l’organisation des institutions qu’au mode de gouvernance du pays.

La double nationalité au cœur des propositions
Parmi les réformes majeures défendues par Ferdinand Lokunda figure la reconnaissance de la double nationalité pour les Congolais. Selon lui, tout citoyen devrait avoir le droit d’acquérir une autre nationalité sans perdre celle de la RDC. Une question qui revient régulièrement dans le débat national, notamment au regard de l’importante diaspora congolaise installée en Europe, en Amérique ou ailleurs en Afrique.
L’activiste estime que cette ouverture pourrait renforcer l’apport économique et intellectuel de la diaspora dans le développement du pays, tout en modernisant le cadre juridique actuel.
Un mandat présidentiel plus long
Autre proposition phare : la modification de la durée du mandat présidentiel. Ferdinand Lokunda suggère soit un mandat de 7 ans renouvelable une seule fois, soit un mandat unique de dix ans non renouvelable. Pour lui, cette réforme permettrait au chef de l’État de disposer du temps nécessaire pour exécuter ses projets de société et garantir une certaine stabilité institutionnelle.
La proposition intervient dans un contexte où la question des institutions et de leur efficacité reste largement débattue au sein de l’opinion congolaise.
Les fonctions de souveraineté et la question identitaire
Le président de l’ASMECO propose également un durcissement des conditions d’éligibilité aux fonctions dites de souveraineté. Selon sa vision, tout Congolais ayant des « affiliations » ou des « cordons ombilicaux » avec un pays voisin ne devrait pas accéder à certaines hautes fonctions de l’État.
Une position qui s’inscrit dans un climat politique marqué depuis plusieurs années par les débats autour de la nationalité, de l’identité et des questions sécuritaires dans la région des Grands Lacs.
Vers un Parlement monocaméral ?
Dans ses propositions, Ferdinand Lokunda défend aussi l’idée d’un Parlement à chambre unique composé de 800 députés, estimant que cette formule serait plus adaptée à l’immensité géographique de la RDC. Il plaide en outre pour des élections présidentielles organisées à deux tours afin de renforcer la légitimité populaire du président élu.
Enfin, il souhaite que les gouverneurs des provinces, les responsables territoriaux ainsi que le Premier ministre soient nommés par le président de la République lorsqu’ils ne sont pas originaires des entités concernées.
Rappelons que l’activiste Ferdinand Lokunda développe depuis plusieurs années un discours axé sur la cohésion nationale, la lutte contre les discriminations et la protection des droits des personnes marginalisées. Ses nouvelles propositions constitutionnelles viennent ainsi élargir le champ d’intervention de ce citoyen qui entend désormais peser dans le débat public sur l’avenir institutionnel de la RDC.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
