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Dotation « Kibali » : Un outil de développement détourné par des ambitions politiques au Haut-Uele

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Porteuse d’espoir pour les communautés riveraines de Kibali Goldmines, la Dotation de Développement Communautaire de 0,3 % du chiffre d’affaires de l’entreprise minière, plus connue sous le nom de « Dotation Kibali », traverse une zone de turbulence. Ce mécanisme innovant, instauré par le Code minier révisé et son règlement d’exécution, était salué comme un levier exemplaire du développement local. Il est aujourd’hui l’objet de vives tensions, sur fond d’ingérences politiques.

Créée par arrêté interministériel, la Dotation Kibali a permis la mise en œuvre de nombreux projets d’intérêt public dans les territoires de Watsa et Faradje : infrastructures sanitaires, écoles, routes, forages, appui aux initiatives agricoles… Grâce à sa gouvernance communautaire participative et transparente, elle s’est imposée comme un modèle national.

Mais ce succès est désormais menacé. Au centre des critiques : l’attitude controversée du Gouverneur du Haut-Uele, Jean Bakomito Gambu, accusé de vouloir s’approprier la gestion de la Dotation au mépris des textes et des intérêts communautaires.

Une interférence politique jugée destructrice

Des sources locales rapportent que le Gouverneur multiplie les manœuvres pour suspendre ou freiner les activités de la Dotation Kibali. En s’immisçant dans une structure qui échappe à sa compétence directe, il aurait même induit en erreur le ministre national des Mines, dans une tentative de changement de leadership à la tête de la Dotation.

La cible principale de cette offensive est Dominique Sanga, président ad intérim de la Dotation et figure respectée au sein de Kibali Goldmines. Premier Haut-Ueleois à avoir atteint le poste de Directeur de département dans cette entreprise, Sanga est reconnu pour sa rigueur, sa transparence et son engagement envers sa communauté. Pourtant, au lieu d’être soutenu, il fait l’objet d’une cabale visant à l’écarter pour le remplacer par un proche du pouvoir provincial.

Un sabotage orchestré avec la complicité de notables locaux

Outre les pressions exercées à Kinshasa, une stratégie de déstabilisation s’organise localement depuis Watsa et Durba. Des personnalités influentes, telles que le Chef coutumier Augustin Amuta (secteur Mangbutu) et Benjamin Oyebi Tauli, leader politique émergent de Mari-Minza, seraient impliquées dans des réunions discrètes, notamment chez un certain Trésor Bibi. Objectif : mobiliser des jeunes pour manifester contre la Dotation Kibali. Une initiative jugée contre-productive et contraire à l’intérêt général.

Entre trahison politique et espoir communautaire

Ce bras de fer politique soulève de nombreuses interrogations : pourquoi s’acharner sur une initiative communautaire qui fonctionne ? Jusqu’où ira cette tentative de prise de contrôle ? Et que penser du revirement du Gouverneur Bakomito, lui-même autrefois soutenu par les leaders de Watsa, dont l’honorable Jean-Marc Mambidi ?

Face à ces agitations, la population s’interroge, les observateurs s’inquiètent, et l’histoire, dit-on, retiendra. Pour les habitants de Watsa et Faradje, il en va non seulement de la justice, mais de l’avenir de leur développement.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET 

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Rapport de monitoring de l’action publique : à peine 25% des décisions prises par le gouvernement sont finalisées, 45% en progression et 30% à documenter (CEPAS)

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Le Centre d’Études Pour l’Action Sociale (CEPAS) a présenté ce mardi 2 juin 2026, le rapport de monitoring de l’action publique en République demormcratique du Congo (RDC), démontrant qu’à peine 25% des décisions prises par le gouvernement ont été finalisés, 45% sont en progression et une grande partie d’autres décisions, dont une trentaine restent encore à documenter. 

Présentant ce document, devant la presse à Kinshasa, Christian Ndombo Moleka, consultant en CEPAS et président de la dynamique des politologues du Congo a inventorié et déploré que sur les 139 décisions prises au niveau des Conseils des ministres, seule, une vingtaine a été réalisée, reconnaissant que « la volonté d’orienter l’action stratégique est là » mais le défi reste dans la mise en œuvre et la continuité de l’action gouvernementale.

« Ce rapport, pratiquement de trois ou quatre trimestres, soit d’avril en décembre 2025 permet de mesurer l’action publique, la redevabilité du gouvernement et de renforcer l’efficacité de l’action publique », a expliqué Christian Moleka, précisant qu’il « mesure également le niveau réel de transformation de la prise de décision en action publique, identifie les contraintes structurelles et propose une cartographie des activités qui participent au monitoring. »

De son côté, le Père Alain Nzadi, directeur du CEPAS a précisé les objectifs assignés derrière cette initiative. « Notre ambition est que cette analyse contribue au débat public de manière sereine, constructive et utile. Nous espérons qu’elle permettra d’alimenter la réflexion collective sur les moyens de rendre l’action publique plus efficace, plus transparente et davantage orientée vers des résultats concrets », a-t-il déclaré.

Et de poursuivre : « les recommandations formulées dans cette étude s’inscrivent dans cette perspective. Elles visent notamment à promouvoir une culture de résultats, à renforcer les difficultés… des dispositifs de monitoring gouvernemental, à améliorer la coordination interinstitutionnelle et à développer des outils de redevabilité permettant un meilleur suivi de l’exécution des engagements publics. »

À en croire les conférenciers, « au fond, la question centrale qui traverse ce travail est simple : comment faire en sorte que chaque décision publique produise efficacement la valeur attendue pour les citoyens ? », se sont-ils interrogés, souhaitant que cette réflexion pousse le gouvernement à une mise en œuvre rapide de l’action publique au profit des intérêts de la population congolaise.

Exaucé Kaya

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