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Dissolution du PPRD : John Omombo dénonce un « recul de la démocratie » et met en garde contre l’affaiblissement de l’opposition

La dissolution du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), prononcée le vendredi 30 octobre 2026 par le Conseil d’État, continue de susciter des réactions dans la classe politique congolaise. John Omombo, président des Forces socialistes progressistes (FSP), y voit une atteinte au pluralisme politique et aux libertés fondamentales. Il dénonce une décision qu’il considère comme politique et appelle au respect de l’État de droit.

Une décision préjudiciable au pluralisme politique

La décision du Conseil d’État de dissoudre définitivement le PPRD, parti fondé par l’ancien président de la République Joseph Kabila, ne laisse pas indifférentes les forces politiques de l’opposition. Parmi les réactions enregistrées figure celle de John Omombo, président des Forces socialistes progressistes (FSP), qui dénonce une mesure susceptible, selon lui, de fragiliser davantage la démocratie en RD Congo.

Dans sa réaction, l’acteur politique estime que cette dissolution constitue « une atteinte grave au pluralisme politique et aux libertés d’association et d’opinion garanties par la Constitution ».

Pour John Omombo, la disparition juridique d’une formation politique ne saurait être considérée comme une réponse appropriée aux différends qui opposent les acteurs politiques. « On ne règle pas un différend politique en effaçant un parti », affirme-t-il, estimant que cette décision traduit un recul démocratique.

Le président des FSP considère ainsi que le pluralisme politique, principe fondamental de la démocratie représentative, doit être préservé, y compris lorsque les formations concernées font l’objet de controverses ou de poursuites judiciaires.

« Museler l’opposition » : les craintes du président des FSP

Au-delà du sort réservé au PPRD, John Omombo s’inquiète des conséquences que cette décision pourrait avoir sur l’ensemble de l’opposition congolaise.

« Dissoudre le PPRD, c’est museler l’opposition et fragiliser l’État de droit », soutient-il.

À travers cette déclaration, le dirigeant des FSP met en garde contre le risque de voir les mécanismes judiciaires devenir, selon sa lecture, des instruments d’exclusion politique. Il estime qu’une démocratie véritable doit garantir aux différentes sensibilités politiques la possibilité de s’organiser, de défendre leurs idées et de participer au débat public dans le respect des lois. « Aucune démocratie ne se construit en éliminant ses adversaires par voie judiciaire », insiste-t-il.

John Omombo appelle, en conséquence, au respect des libertés fondamentales et dénonce ce qu’il qualifie de « décision politique ». Sa prise de position s’inscrit dans un débat plus large sur les rapports entre justice, libertés publiques et compétition politique en RDC.

Le Conseil d’État invoque des violations de la législation sur les partis politiques

La critique formulée par le président des FSP intervient dans un contexte politique et sécuritaire particulièrement tendu.

Le 30 octobre 2026, le Conseil d’État a prononcé la dissolution définitive du PPRD à la suite d’une requête introduite par le ministère de l’Intérieur. La juridiction a notamment retenu des éléments liés à la participation présumée de certains cadres du parti à une entreprise insurrectionnelle, ainsi que les liens attribués à Joseph Kabila avec l’AFC/M23, mouvement qui a annoncé sa transformation en Front pour la refondation de la nation (FRN). Elle a estimé que les faits examinés constituaient des violations graves de la législation régissant les partis politiques et portaient atteinte à l’ordre public.

Cette décision fait suite à la suspension antérieure des activités du PPRD par les autorités congolaises. Elle prive désormais cette formation politique de son statut de parti légalement agréé en RDC.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET 

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