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DGDA : les jeunes postulants du Nord-Kivu misent sur la méritocratie dans la sélection
Les installations provinciales de la Direction Générale des Douanes et Accises au Nord-Kivu (DGDA/Nord-Kivu), se trouvant à Goma, sont inondées des jeunes chômeurs en quête d’emploi, depuis le lancement d’un communiqué de recrutement la semaine dernière.
Certains d’entre eux, tout en saluant cette offre de la DGDA, estiment que la qualité et la méritocratie devraient primer parmi les critères de sélection des prochains douaniers.
« C’est pour la première fois que nous voyons la DGDA lancer officiellement des offres. Ce que nous demandons, c’est de la qualité pour ceux qui seront recrutés pour y travailler. Nous voulons que les candidats qui seront appelés soient ceux-là qui sont passés par les voies indiquées et non par la corruption ou le trafic d’influence », a souhaité Isaac Mastaki, venu déposer son dossier.

Il a ajouté que c’est un honneur de voir des jeunes compétents travailler dans une si grande entreprise de l’Etat. C’est aussi une façon de rajeunir la fonction publique, s’est-il réjouit.
Ce recrutement ne doit pas tenir compte des quotas politique, a pensé, de sa part, un autre candidat. Pour Mulagizi Nyunda, la DGDA doit briser le mythe selon lequel pour être embauché dans plusieurs services étatiques, il faut appartenir à un parti politique ou à une famille influente de la cité.
« Nous sommes venus tenter notre chance et faire le suivi si nous serons sélectionnés. Cette fois-ci qu’il n’y aura pas une sorte de recommandation, que tout va se passer dans la transparence. Les jeunes disent souvent que pour décrocher un emploi au Congo, il faut appartenir à un parti politique ou à une famille influente dans la région. Or, tout Congolais a droit à un emploi décent », a dit Mulagizi Nyunda, licencié en gestion de développent et au chômage depuis 3 ans.
Pendant ce temps, un député provincial demande la prorogation du délai de dépôt de dossiers. C’est à travers une lettre adressée au gouverneur de province avec copie au Directeur Général de de la DGDA, que Kalendi Isse Pamugi, élu de Butembo, estime que c’est pour permettre aux jeunes se trouvant à l’intérieur de la province de tenter aussi leur chance.
Dalmond Ndungo/CONGOPROFOND.NET
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Exclu pour avoir défié Jacquemain Shabani : Lady Yangotikala, le député qui prive le VPM de sommeil
L’annonce a fait l’effet d’une onde de choc dans les couloirs feutrés du Palais du Peuple. L’Honorable Lady Yangotikala Senga, élu de Kisangani sous les couleurs du regroupement AB, a été frappée le 1er avril 2026 d’une exclusion temporaire pour “dérogation à la règle de solidarité” au sein de l’Union sacrée. Son crime ? Avoir simplement exigé du Vice-Premier Ministre Jacquemain Shabani Lukoo qu’il assume son devoir de protection envers les électeurs de la circonscription PR 05.
Une requête aussi légitime que dérangeante, qui a visiblement troublé les nuits du patron de l’Intérieur et de la Sécurité. Mais loin de plier sous le poids de la sanction disciplinaire, le député de la Tshopo l’a reçue avec la sérénité des justes, prenant acte de cette mise au ban sans en reconnaître le fondement. Dans une déclaration empreinte d’une ironie mordante, l’élu a tenu à adresser ses remerciements les plus sincères… au Président du Sénat, Sama Lukonde.
“Je le remercie de m’avoir permis d’être libre d’exercer mon pouvoir constitutionnel de contrôle”, a-t-il sobrement fait savoir. Un rappel cinglant du principe fondamental de la séparation des pouvoirs et de l’immunité d’action parlementaire. Lady Yangotikala n’a violé ni la Constitution ni le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, il le martèle avec force. Il n’a fait que tendre le micro des sans-voix de Kisangani vers les oreilles d’un membre du gouvernement sourd aux grondements de l’insécurité.
Cette exclusion révèle au grand jour l’inconfort grandissant d’un exécutif allergique à la moindre question gênante, préférant museler ses propres élus plutôt que de répondre de ses actes. En assumant cette exclusion comme un brevet de liberté, Lady Yangotikala Senga s’impose désormais comme un symbole d’intrépidité. Là où les calculs politiciens du Regroupement AB espéraient éteindre une voix critique, ils ont allumé un contre-feu médiatique dont Jacquemain Shabani aura bien du mal à se dépêtrer.
Pendant que le VPM Jacquemain Shabani Lukoo cherche un sommeil qu’on devine agité, l’intrépide député de Kisangani Lady Yangotikala continue de veiller. Cette affaire rappelle cruellement que sous la coupole du Palais du Peuple, il est encore permis de préférer la défense de sa population aux soubresauts disciplinaires d’un présidium aux abois.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
