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Détournement des deniers publics au Kwango : le ministre Tite Mund crucifie le vice-gouverneur
La question orale adressée au ministre provincial des Finances de la province du Kwango, Tite Mund -A- Kand, par le député provincial Socrates Kangulumba, a apporté des révélations qui accablent plusieurs personnalités impliquées, selon le ministre, dans le détournement des deniers publics dans cette province.
Ce jeudi 22 avril, en effet, le ministre Tite Mund a répliqué aux différentes questions des députés. Notamment sur l’utilisation des quotités des examens d’État. L’auteur de la question, le député Fayulu, a voulu avoir des informations sur cet argent récolté lors des examens d’État (Tenafep, dissertation et Exetat). En réponse, le ministre des finances a fait savoir que les quotités réservées à la province du Kwango sont allées dans les poches du seul vice-gouverneur de la province du Kwango, Léopold Kangulumba.
Pour édifier son argumentaire, il a fait savoir que cet argent, en millions de francs congolais, a été perçu par une personne non attitrée, le sieur Lupsain Mukanza, un proche collaborateur du vice-gouverneur.
Pour convaincre la plénière, Tite Mund a mis sur la table des députés provinciaux des documents de preuve de la perception par le jeune de Kenge Lupsain Mukanza. Des notes de reconnaissance, des échanges téléphoniques du gouverneur intimant l’ordre au ministre de se taire devant les faits.
Des révélations troublantes qui mettent à la place publique, pour l’opinion, le mode opératoire de certaines autorités du Kwango.
Dans les réseaux sociaux, Lupsain Mukanza menace de traduire le ministre Tite Mund en justice pour dénonciations calomnieuses et clame son innocence dans ce dossier.
Émile Yimbu/CONGOPROFOND.NET
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Réhabilitations à répétition des routes de desserte agricole : L’expert Firmin Kiala met en garde contre les solutions improvisées
L’amélioration durable des routes de desserte agricole en République démocratique du Congo passe impérativement par des études techniques approfondies, adaptées aux réalités géotechniques du pays et accompagnées d’un renforcement des compétences locales. C’est le message central défendu par Firmin KIALA KI-N’SOKI, consultant international et point focal de l’étude sur la qualité et la durabilité des routes de desserte agricole réhabilitées.
S’exprimant lors de l’atelier de synthèse du rapport provisoire de cette enquête nationale organisé du 6 au 7 mai 2026 au Cercle Elais, l’expert a dressé un état des lieux des infrastructures rurales réhabilitées à travers le pays tout en mettant en garde contre une généralisation précipitée de certaines techniques de stabilisation des routes.
« Il faut y aller progressivement », a insisté Firmin Kiala, estimant que plusieurs procédés techniques nécessitent encore des évaluations adaptées aux contextes locaux avant toute application à grande échelle.

Une étude nationale menée dans les 26 provinces
Selon le consultant, cette vaste enquête de terrain a mobilisé des équipes pendant près d’une année dans différentes régions du pays. L’objectif était d’évaluer les routes réhabilitées, d’identifier les forces et faiblesses des interventions réalisées et de capitaliser les meilleures pratiques observées sur le terrain.
L’étude a couvert un échantillon représentatif des 26 provinces de la RDC, réparties à travers sept grandes zones géotechniques. Une approche qui permet aujourd’hui de disposer d’une lecture plus précise des défis liés à la durabilité des infrastructures rurales.
Pour l’expert, il devient urgent de sortir des méthodes classiques afin d’adopter une approche globale et holistique des routes de desserte agricole. Celle-ci doit intégrer des chaussées adaptées aux besoins d’évacuation des produits agricoles en toutes saisons vers les centres de consommation, tout en tenant compte du trafic potentiel attendu.
Drainage, protection et entretien : les clés de la durabilité

Au-delà des travaux de réhabilitation, Firmin KIALA KI-N’SOKI insiste sur la nécessité d’intégrer des mesures de protection efficaces telles que les barrières de pluie, les dispositifs de lutte antiérosive ainsi qu’un système de drainage performant.
Refusant ce qu’il qualifie de « désinvestissement » consistant à revenir régulièrement sur les mêmes axes quelques années après leur réhabilitation, le consultant estime qu’avec une amélioration adéquate des sols de plateforme et un drainage efficace, une route bien exécutée peut tenir au moins dix ans avant l’apparition des premières dégradations majeures.
Dans cette logique, il recommande également la promotion du système d’entretien par Niveaux de Services (GeNis), considéré comme une alternative efficace pour assurer un suivi permanent des infrastructures rurales.
« La sagesse et l’expérience au service de la Nation »
À travers cette démarche, Firmin KIALA KI-N’SOKI confirme sa volonté de mettre son expertise au service du développement des infrastructures rurales congolaises. Une vision qui privilégie la durabilité, l’anticipation technique et la valorisation des solutions adaptées aux réalités du territoire national.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
