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Dépenses en urgence : Record inquiétant sous Doudou Fwamba

En 2024, sur fond de chiffres contestés et de divergences marquées, plusieurs institutions, Inspection générale des finances (IGF), Cour des comptes, et même le Président de l’Assemblée nationale, avaient publiquement fustigé la gestion du gouvernement Sama Lukonde.
Un référé de la Cour des comptes adressé à la Première ministre Suminwa dénonçait même une « généralisation excessive » des dépenses en procédure d’urgence, jugées incompatibles avec la bonne gouvernance. Pour l’opinion, l’urgence budgétaire était devenue synonyme de détournements.

Des promesses vite trahies

Souhaitant se présenter en redresseurs des dérives, le gouvernement Suminwa avait promis au FMI de limiter ces dépenses à 8 % en 2024. Mais selon plusieurs sources officielles, la réalité est tout autre : plus de 20 % du budget exécuté l’ont été en procédure d’urgence, soit le plus haut niveau des sept dernières années. Le ministère des Finances a d’ailleurs soigneusement évité de publier le chiffre exact pour ne pas perdre la face.

Pire encore, pour le seul mois de mai 2025, pas moins de 75 % des recettes mobilisées ont été absorbées par des « dépenses exceptionnelles », essentiellement sécuritaires, contre seulement 1 % pour les frais de fonctionnement (19 milliards de francs). Des chiffres difficilement crédibles quand on sait que le fonctionnement des écoles et de l’armée requiert à lui seul près de 200 milliards de francs mensuels, versés dans le respect strict de la chaîne de la dépense.

Le discours rattrapé par les faits

En octobre 2024, la Première ministre Judith Suminwa déclarait sur Top Congo FM que « le taux de dépenses en urgence a chuté de plus de 30 %, à un niveau compris entre 7 et 10 % ». Les rapports officiels prouvent pourtant le contraire. Exemple typique du miss reporting, pratique qui consiste à enjoliver les chiffres pour rassurer bailleurs et opinion publique, au détriment de la crédibilité du pays.

Crédibilité en péril

Ironie de l’histoire : ceux qui hier dénonçaient la procédure d’urgence en sont devenus les plus grands pratiquants. Résultat : transparence budgétaire en chute libre, confiance des partenaires extérieurs ébranlée, et crédibilité de la RDC qui continue de s’effriter.

Aristote KAJIBWAMI et MULOPWE Wa Ku DEMBA