Société
Démolitions à la Baie de Ngaliema : Les habitants dénoncent un « acharnement sélectif »
Le gouvernement congolais envisage de démolir plusieurs constructions érigées sur le site O’Bwira, à la Baie de Ngaliema, près de Kintambo, dans le but de lutter contre les inondations récurrentes qui frappent Kinshasa. Ces crues, de plus en plus fréquentes, causent d’importants dégâts matériels et humains dans la capitale.
Mais sur le terrain, les occupants ne décolèrent pas. Lors d’une descente effectuée mercredi 28 mai 2025 par le Mouvement Citoyen pour le Progrès (MCP), les résidents ont vivement protesté contre ce qu’ils qualifient d’acharnement de certaines autorités.
« Nous habitons ici depuis 2008. Cela fait 17 ans que l’État congolais nous a délivré tous les documents requis pour nous installer. C’est incompréhensible que ce même État veuille tout raser aujourd’hui », déplore Mayamba, un des habitants.
Les résidents affirment disposer d’arrêtés de désaffectation définitive dûment signés par les autorités compétentes. Ils demandent justice et sollicitent l’intervention du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, en sa qualité de magistrat suprême.
« Il n’y a jamais eu d’inondations ici. Nos maisons ne bloquent pas l’écoulement des eaux. Pourquoi ne pas démolir plutôt la Cité du Fleuve, qui est à l’origine des inondations à Kingabwa ? », s’interroge un certain Cardinal, accusant certains membres du gouvernement de saper le mandat présidentiel.
Un autre occupant, sexagénaire, va plus loin : «Nous voulons transformer ce site en un espace attractif, comme en Afrique du Sud, au Maroc ou à Dubaï, où des habitations privées embellissent les bords de l’eau. Il existe même un projet d’aménagement de plage pour attirer les touristes. »
Parmi les propriétaires de maisons à O’Bwira, figureraient également des membres du gouvernement, des magistrats, des généraux et d’autres hauts responsables. D’où l’inquiétude des habitants quant à un éventuel traitement de faveur. « Si démolition il y a, elle ne doit pas être sélective », prévient John Katembo, appelant les autorités à reconsidérer leur décision.
Pour rappel, mardi 27 mai 2025, le vice-premier ministre de l’Intérieur, Me Jacquemin Shabani, avait effectué une descente sur le site et ordonné l’arrêt immédiat des travaux en cours. Avant lui, la ministre d’État en charge des Affaires foncières, Acacia Bandubola, et la Première ministre Judith Suminwa s’étaient également rendues sur place.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
À la Une
Une première en RDC : Transco passe à la billetterie électronique dès le 1er mai !
À compter du 1er mai 2026, la société publique Transco franchit un cap historique en amorçant une transformation majeure de ses services. Le réseau de transport en commun annonce la fin définitive de la billetterie en espèces au profit d’un système entièrement électronique.

Fin du cash, fin des contraintes
C’est la fin d’une époque pour des milliers d’usagers. Les billets achetés en liquide, les difficultés liées à la monnaie et les longues files d’attente appartiendront désormais au passé. Cette réforme vise à fluidifier l’accès aux bus et à améliorer l’expérience globale des passagers.
Avec l’introduction de la billetterie électronique, Transco s’inscrit résolument dans une dynamique de modernisation. Paiement digital, gain de temps et simplification des procédures deviennent les nouveaux standards pour les usagers.
Une avancée majeure pour Kinshasa et les provinces
Cette innovation constitue une première en République démocratique du Congo pour un réseau de transport public de cette envergure. De Kinshasa aux autres provinces, cette réforme symbolise une volonté d’offrir des services plus fiables, sécurisés et adaptés aux exigences actuelles.
Au-delà du confort, cette transition vers le numérique permettra également de renforcer la transparence dans la gestion des recettes et de limiter les pertes liées à la manipulation de liquidités.
Un pas vers le futur
Avec cette initiative, Transco ouvre la voie à une nouvelle ère du transport urbain en RDC. Plus moderne, plus sûr et plus efficace, le système de transport public se réinvente pour répondre aux défis d’aujourd’hui et de demain.
Le futur de la mobilité congolaise est en marche.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
