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Délégation des entrepreneurs à Isiro : La révélation des « 87 % » relance le débat sur les véritables motivations des revendications

Les échanges récemment organisés entre Kibali Gold Mine et une délégation d’entrepreneurs à Isiro continuent d’alimenter les discussions dans l’opinion publique du Haut-Uélé.

Selon les informations parvenues à la rédaction de CONGOPROFOND.NET, près de 87 % des membres de cette délégation seraient affiliés à l’ARDC, formation politique proche du gouverneur Jean Bakomito. Une révélation qui soulève plusieurs interrogations sur la nature réelle des revendications portées lors de ces discussions.

Au nom de qui parlent les revendicateurs ?

Depuis plusieurs semaines, les initiateurs de ce mouvement affirment agir au nom de la communauté locale et des entrepreneurs du Haut-Uélé. Mais la forte présence de membres issus d’une même famille politique amène désormais certains observateurs à s’interroger.

Les revendications exprimées traduisent-elles réellement les attentes de l’ensemble des opérateurs économiques de la province ou celles d’un groupe particulier défendant des intérêts spécifiques ? La question mérite d’être posée dans un souci de transparence.

Un autre scénario mérite réflexion. Si Kibali Gold Mine décide demain d’accorder davantage de marchés aux entrepreneurs locaux, mais que les bénéficiaires ne sont pas ceux qui mènent actuellement les revendications, quelle sera leur réaction ?

Accepteront-ils que des entreprises locales compétentes, crédibles et financièrement solides soient retenues, même lorsqu’elles ne partagent pas leur appartenance politique ? Ou assistera-t-on à une nouvelle contestation ?

L’intérêt communautaire ou les intérêts individuels ?

Au fond, le débat dépasse largement la question des marchés. Il touche à la sincérité des motivations de ceux qui parlent au nom de la communauté.

Si l’objectif est réellement de promouvoir l’entrepreneuriat local, alors la priorité devrait être donnée à la compétence, à la bonne gouvernance et à l’égalité des chances. En revanche, si les revendications visent principalement à obtenir des avantages pour un groupe déterminé, alors le discours communautaire risque d’apparaître comme un simple habillage politique.

Dans tous les cas, les populations du Haut-Uélé attendent des réponses claires. Car derrière les slogans et les déclarations, une seule question demeure : qui défend réellement l’intérêt général ?

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET