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Déclaration de Kampala : Le 19e Sommet du Mouvement des Non-alignés appelle à une coopération accrue pour une prospérité mondiale partagée
Les chefs d’État et de gouvernement se sont réunis lors du 19e Sommet du Mouvement des Non-alignés à Kampala, en Ouganda, les 19 et 20 janvier 2024, sous le thème « Approfondissement de la coopération pour une prospérité mondiale partagée ». La déclaration finale, intitulée « Déclaration de Kampala », souligne les progrès réalisés depuis le précédent sommet en 2019 à Baku, en Azerbaïdjan, et aborde les nouveaux défis et enjeux émergents qui préoccupent les États membres du Mouvement des Non-alignés (MNA) et la communauté internationale dans son ensemble.
Les principes et objectifs du MNA, tels qu’exprimés dans les conférences de Bandung (1955) et Belgrade (1961), ainsi que la Déclaration sur les buts et principes et le rôle du MNA dans la conjoncture internationale actuelle, adoptée lors du 14e sommet à La Havane en 2006, ont guidé les discussions. Les chefs d’État ont réaffirmé leur engagement à défendre, préserver et promouvoir les principes de la Charte des Nations Unies et du droit international.
La déclaration souligne l’importance de la question de la Palestine pour le MNA, réaffirmant les positions communes et fondamentales construites au cours des soixante dernières années. Les leaders ont exprimé leur profonde préoccupation face à la détérioration continue de la situation humanitaire dans la bande de Gaza, appelant à une cessation immédiate et durable des hostilités et à la mise en œuvre de la résolution 2720 du Conseil de sécurité de l’ONU pour assurer une aide humanitaire vitale aux Palestiniens.
Le document fait également référence à la plainte déposée par l’Afrique du Sud devant la Cour internationale de justice le 29 décembre 2023, accusant Israël de violations présumées de ses obligations en vertu de la convention sur la prévention et la répression du crime de génocide en relation avec les Palestiniens dans la bande de Gaza.
Les dirigeants ont condamné les mesures prises par Israël pour altérer le statut légal, physique et démographique du Golan syrien occupé, appelant à la pleine conformité avec les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité de l’ONU et au retrait total du Golan syrien aux frontières du 4 juin 1967.
La déclaration insiste sur l’importance de la réalisation des objectifs de développement durable (ODD) de l’Agenda 2030, mettant l’accent sur l’éradication de la pauvreté sous toutes ses formes, y compris l’extrême pauvreté. Les dirigeants ont également souligné la nécessité de renforcer le multilatéralisme et de réformer les structures de gouvernance mondiales, y compris les Nations Unies et les institutions financières internationales.
Le texte de la déclaration met en avant la nécessité de lutter contre les pandémies, y compris la COVID-19, et appelle à un soutien accru aux opérations de maintien de la paix de l’ONU, tout en exprimant une solidarité envers l’Afrique et en soulignant l’importance de la représentation accrue de l’Afrique au sein du Conseil de sécurité réformé.
Le Sommet de Kampala a également accueilli favorablement l’admission de l’Union africaine en tant que membre permanent du G20, soulignant la nécessité d’un ordre économique mondial plus inclusif et équitable. De plus, la République du Soudan du Sud a été officiellement admise en tant que nouveau membre à part entière du Mouvement des Non-alignés.
Le président ougandais, Yoweri Kaguta Museveni, a été félicité pour sa présidence du Mouvement, et les participants ont exprimé leur gratitude envers le peuple ougandais pour avoir accueilli le 19e Sommet du MNA.
La déclaration de Kampala engage les États membres à mettre en œuvre les résultats du sommet avec la plus grande détermination, abordant des défis tels que la paix et la sécurité, le développement, les droits de l’homme et la coopération internationale. Les dirigeants s’engagent à revitaliser le rôle du MNA dans la situation internationale actuelle en s’appuyant sur ses principes fondateurs, à renforcer les Nations Unies et à intensifier les efforts en faveur du désarmement nucléaire.
Ce qu’il faut retenir, c’est que la Déclaration de Kampala souligne l’importance d’une coopération renforcée entre les membres du MNA pour relever les défis mondiaux et œuvrer ensemble vers un monde plus pacifique, équitable et prospère. Le document, adopté à l’issue du sommet, servira de feuille de route pour les actions futures des États membres du Mouvement des Non-alignés.
Claudine N. I.
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Vidéo de violences à Kinshasa : une affaire liée à la chanteuse Rebo Tchulo pousse la Justice à ouvrir une enquête
Une enquête judiciaire a été ouverte en République démocratique du Congo après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo montrant des actes présumés de violences perpétrés par des individus, dont certains en uniforme, dans la commune de Ngaliema, à Kinshasa, selon un communiqué du ministère de la Justice consulté lundi.
D’après ce document, le Ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, a été saisi le 19 avril par un lanceur d’alerte ayant transmis une vidéo des faits. Ces violences se seraient produites dans la nuit du 18 au 19 avril, aux environs de 4 heures du matin, au quartier Pigeon.
Cette séquence, largement relayée en ligne, est au cœur d’une controverse impliquant la chanteuse congolaise Rebo Tchulo, bien qu’aucune implication officielle n’ait été confirmée à ce stade. Plusieurs versions circulent quant aux circonstances de l’incident. Certaines sources évoquent un présumé vol d’argent, tandis que d’autres parlent d’un différend lié à des biens de valeur. Ces allégations restent, pour l’heure, non vérifiées.

Sans préjuger des responsabilités, le communiqué souligne que, si les faits sont établis, ils pourraient constituer des infractions d’une particulière gravité, notamment des actes de torture, des coups et blessures volontaires, ainsi que des incitations de militaires à commettre des actes contraires à la loi.
Le ministère rappelle également que de tels agissements constitueraient une violation des principes consacrés par la Constitution de la République démocratique du Congo, en particulier ceux relatifs au respect de la dignité humaine, à l’intégrité physique et à l’interdiction absolue de la torture, ainsi que des engagements internationaux du pays, notamment la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
En conséquence, le Ministre d’État a donné injonction à l’Auditeur général des Forces armées de la RDC (FARDC) d’ouvrir une enquête en vue d’établir les faits, d’identifier les auteurs et de les traduire devant les juridictions compétentes.
Dorcas Ntumba
