À la Une
Décès du « Capitaine » Malembe Chant : La lignée de King Kester Emeneya frappée encore
La musique congolaise vient de perdre l’une de ses figures marquantes. L’artiste Malembe Chant, affectueusement surnommé « El Chanto » ou encore « le Capitaine », est décédé ce mercredi 1er avril 2026. Chanteur à la voix singulière et compositeur inspiré, il laisse derrière lui une empreinte indélébile dans l’histoire de la rumba congolaise.
Sa disparition suscite une vive émotion au sein du monde culturel, où nombreux saluent un artiste authentique, passionné et profondément attaché à ses racines musicales.

Un pilier de Victoria Eleison
Malembe Chant s’est fait connaître du grand public comme membre incontournable de l’orchestre Victoria Eleison, dirigé par l’illustre King Kester Emeneya. Au cœur de cette formation mythique des années 80 et 90, il a contribué à plusieurs œuvres majeures, notamment les albums Jamaica et tant d’autres.
Dans cet environnement artistique exigeant, il s’est imposé comme une voix solide et un créateur de talent, participant à l’essor et au rayonnement de la rumba congolaise bien au-delà des frontières nationales.
Une carrière forgée entre fidélité et indépendance
Après son passage chez Victoria Eleison, Malembe Chant a poursuivi sa trajectoire musicale en toute autonomie. Il fonde son propre groupe, « Select Musica », affirmant ainsi son identité artistique et sa vision musicale.
L’univers musical de Malembe Chant se distinguait par une fusion subtile entre la rumba classique et les sonorités du folklore Yanzi. Cette signature artistique lui a permis de se démarquer et de toucher un public varié, sensible à la richesse culturelle de ses compositions.
Parmi ses titres les plus connus figurent :
– Garçon du Nord (feat. King Kester Emeneya)
– Faria Pongo (feat. King Kester Emeneya)
– Manou Risasi
– Shambuyi
– Système D
Autant d’œuvres qui témoignent de sa créativité et de sa contribution durable à la musique congolaise.
“Ngoman” Malembe Chant laisse derrière lui bien plus qu’une discographie : un style, une école et une inspiration pour les jeunes artistes. Son parcours rappelle que la passion, la discipline et l’authenticité restent les piliers d’une carrière durable.
La rumba congolaise perd une voix, mais gagne une légende.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
À la Une
Aéroport de Bangoka sous attaque : L’AFC/M23 revendique l’opération
L’aéroport international de Bangoka, à Kisangani, dans la province de la Tshopo, a de nouveau été la cible d’une attaque attribuée à la rébellion de l’AFC/M23, ravivant les inquiétudes autour de l’extension du conflit armé vers des zones éloignées des lignes de front traditionnelles. Selon plusieurs sources concordantes, des drones kamikazes auraient été utilisés pour viser cette infrastructure stratégique à usage civil et militaire.

Dans un communiqué relayé par plusieurs médias, l’AFC/M23 a revendiqué l’opération, affirmant avoir ciblé un centre de commandement de drones des FARDC installé à l’aéroport de Bangoka. Le mouvement rebelle soutient vouloir empêcher l’utilisation de cette plateforme pour des frappes contre les zones sous son contrôle.
Les autorités congolaises, de leur côté, dénoncent une nouvelle escalade sécuritaire mettant en danger les populations civiles et les activités aériennes dans la région. Déjà au début du mois de février puis en mars 2026, plusieurs attaques similaires avaient été signalées contre le même aéroport, sans provoquer officiellement de dégâts majeurs ni de pertes humaines. Les FARDC avaient alors annoncé avoir intercepté plusieurs drones avant qu’ils n’atteignent leurs cibles.
Situé à une vingtaine de kilomètres du centre-ville de Kisangani, l’aéroport international de Bangoka constitue une infrastructure stratégique majeure de la RDC. Il sert aussi bien aux vols civils qu’aux opérations militaires et logistiques.
Cette attaque intervient dans un contexte régional particulièrement tendu, alors que les affrontements persistent dans l’Est de la RDC malgré plusieurs initiatives diplomatiques et des discussions de cessez-le-feu engagées sous médiation internationale.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
