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Société

Déborah Kapinga : à la force de ses mains, elle finance son avenir universitaire en fabriquant du savon artisanal à Kananga

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Dans le tumulte du marché de Tshiseleke, au cœur de Kananga, capitale du Kasaï-Central, une silhouette se distingue : celle de Déborah Kapinga, jeune femme à la volonté de fer. À vingt ans à peine, elle a fait un choix rare et courageux : financer ses études universitaires avec les fruits de son propre labeur.

Diplômée du lycée Buena Muntu, Déborah s’est lancée depuis 2020 dans la fabrication artisanale des savons à base des noix d’huile de palme, un savoir-faire qu’elle perfectionne aux côtés de sa mère. Mais pour elle, cette activité n’est pas une fin en soi — c’est un moyen. Un tremplin vers un avenir qu’elle entend construire à la sueur de son front.

« Je fais ce travail pour financer mes études universitaires », affirme-t-elle, les yeux pleins de détermination.

Chaque semaine, elle investit dans une centaine de meka de noix de palme. Selon la saison, cela lui permet d’extraire entre trois et quatre bidons d’huile. Le produit est ensuite vendu sur les étals du marché, tandis que les déchets issus de la production sont valorisés auprès des moulins et des éleveurs. Rien n’est perdu.

« Le prix d’un meka est de 2 000 francs congolais. Même les déchets trouvent preneur. Les éleveurs de porcs les achètent », explique-t-elle, démontrant une fine compréhension du cycle économique et une gestion rigoureuse de sa micro-entreprise.

Mais ce parcours de battante s’inscrit dans un environnement encore marqué par les séquelles du conflit Kamuina Nsapu. Une région fragilisée, des familles déplacées, des marchés à peine relevés de leur paralysie. Dans ce contexte, l’histoire de Déborah prend une dimension exemplaire : celle d’une jeunesse qui refuse la fatalité.

Outre l’huile, Déborah transforme une partie de sa production en savon artisanal, localement appelé « sabanga ya missa », prisé des ménages kanangais. Une activité annexe qui témoigne de sa capacité à innover et diversifier ses sources de revenu.

« À travers l’huile de palme, je prépare mon avenir », confie-t-elle, posant les bases d’un futur qu’elle façonne à mains nues.

Derrière chaque bidon d’huile vendu, il y a plus qu’un produit : il y a un rêve, une ambition, une promesse. Celle d’une jeune fille qui, dans un pays en quête de reconstruction, prouve que le courage peut devenir un capital.

Face à tant de ténacité, un appel s’impose : que les autorités et les partenaires éducatifs tendent la main à ces jeunes qui, comme Déborah, ne demandent qu’une chose — la possibilité de faire leurs preuves.

Mike Tyson Mukendi / CONGOPROFOND.NET

À la Une

Jeux d’argent en RDC : Le ministère des Finances lance la grande réforme de la régulation du secteur

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Le gouvernement congolais franchit une étape décisive dans la modernisation du secteur des jeux d’argent. Sous l’impulsion du ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, la Cellule de surveillance des jeux d’argent a engagé un vaste processus de réforme destiné à assainir et structurer un secteur en pleine expansion.

C’est dans cette dynamique que le coordonnateur de la Cellule de surveillance des jeux d’argent, Dieudonné Ntumba, a présidé une importante réunion avec les opérateurs du secteur au Centre financier de Kinshasa. Cette rencontre marque le lancement d’une série d’activités visant à mettre en place un cadre moderne de régulation, conforme aux standards internationaux.

Un partenariat entre l’État et les opérateurs

Dans son allocution, Dieudonné Ntumba a insisté sur la nécessité d’une collaboration étroite entre les pouvoirs publics et les opérateurs privés afin de garantir une concurrence loyale et de prévenir les dérives liées à la criminalité financière.

« Le rôle de l’État n’est pas d’empêcher les activités économiques, mais de les encadrer », a-t-il déclaré, rappelant que cette démarche s’inscrit dans la vision du gouvernement de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka visant à moderniser l’économie nationale tout en protégeant les populations vulnérables.

Une plateforme numérique pour contrôler les flux financiers

Parmi les mesures phares annoncées figure la mise en place d’une plateforme centralisée de régulation. Cet outil permettra aux autorités de suivre en temps réel les transactions et les mouvements financiers générés par les opérateurs de jeux.

L’objectif est double : renforcer la transparence du secteur et optimiser la mobilisation des recettes publiques. Les opérateurs ont ainsi été invités à intégrer leurs systèmes à cette nouvelle infrastructure technologique.

Vers un nouveau cadre légal

La réforme s’accompagne également d’une évolution du cadre juridique. Un projet de loi sur la régulation des jeux d’argent est actuellement examiné au Parlement. Ce texte ambitionne de remplacer les dispositions héritées de l’époque coloniale par une législation moderne adaptée aux réalités actuelles du marché.

En attendant son adoption, la Cellule de surveillance poursuit la mise en œuvre des mécanismes de contrôle et d’encadrement destinés à préparer le secteur à cette transition.

Un soutien des acteurs du secteur

Les opérateurs présents à la réunion ont salué l’initiative du ministère des Finances. Responsable commercial et marketing de PixLab RDC, l’un des participants a estimé qu’un environnement mieux réglementé permettra aux entreprises d’exercer leurs activités dans un climat plus sécurisé et plus prévisible.

À l’issue des échanges, Dieudonné Ntumba a réaffirmé la volonté du ministère des Finances de maintenir un dialogue permanent avec les opérateurs afin d’assurer une mise en œuvre harmonieuse de cette réforme stratégique pour l’économie nationale.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET 

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