Société
De l’éducation à la Kermesse : La métamorphose de la place des évolués à Kinshasa en RDC
Au cœur de la capitale de la République Démocratique du Congo, à quelques pas imposants du Palais de la Nation et dans le voisinage des ambassades, des écoles prestigieuses et des instituts supérieurs, se trouve un lieu autrefois empreint de sérieux et de savoir. La place des évolués, témoin d’une époque révolue où l’éducation et la culture régnaient jadis en maîtres.
Elle a subi une transformation radicale, passant d’un symbole d’excellence à une simple kermesse. Comment en sommes-nous arrivés là, dans un pays où l’accès à l’éducation de qualité reste un défi majeur pour de nombreuses couches de la population ? Comment expliquer que cet espace chargé d’histoire et de prestige ait été relégué au rang de divertissement bon marché ?
Comment les autorités ont-elles pu sans honte autoriser cette infamie, attirant les foules avides de distractions éphémères ? Située à la croisée des chemins entre le savoir et la frivolité, la place des évolués semble incarner à elle seule les paradoxes d’une société en mutation, où les repères traditionnels se diluent au profit d’une culture de l’instantanéité et de la superficialité.
Les regards perplexes des passants, habitués à côtoyer l’élite intellectuelle et sociale en ces lieux, témoignent de l’incompréhension générale qui entoure cette métamorphose inattendue. Pourtant, au-delà de la surprise et de l’indignation que suscite cette évolution, il est peut-être temps de se questionner sur les causes profondes de ce phénomène.
Est-ce le symptôme d’une société en quête de légèreté et de divertissement pour échapper à un quotidien morose et incertain ? Ou bien le reflet d’une élite déconnectée de ses responsabilités et de sa mission éducative ? Face à cette réalité troublante, il est impératif de réfléchir collectivement à la signification de cette transformation de la place des évolués en kermesse.
Au-delà du simple constat d’un changement de décor, c’est toute une vision de la société congolaise qui se trouve remise en question. Il est temps de réaffirmer la valeur de l’éducation, de la culture et du savoir, et de redonner à cet espace emblématique la dignité et le prestige qu’il mérite. Ainsi, en posant un regard critique sur cette évolution surprenante, nous invitons chacun à méditer sur l’avenir de notre société.
Ce n’est pas possible que tout soit revu à la baisse. Il est important que nous décidons quelles valeurs souhaitons-nous transmettre aux générations futures, et sur le rôle essentiel que jouent les lieux emblématiques dans la construction de notre identité collective. Car au-delà de la fête et de la légèreté, c’est bien notre avenir commun qui se joue sur la scène de la place des évolués.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
À la Une
Rapport de monitoring de l’action publique : à peine 25% des décisions prises par le gouvernement sont finalisées, 45% en progression et 30% à documenter (CEPAS)
Le Centre d’Études Pour l’Action Sociale (CEPAS) a présenté ce mardi 2 juin 2026, le rapport de monitoring de l’action publique en République demormcratique du Congo (RDC), démontrant qu’à peine 25% des décisions prises par le gouvernement ont été finalisés, 45% sont en progression et une grande partie d’autres décisions, dont une trentaine restent encore à documenter.

Présentant ce document, devant la presse à Kinshasa, Christian Ndombo Moleka, consultant en CEPAS et président de la dynamique des politologues du Congo a inventorié et déploré que sur les 139 décisions prises au niveau des Conseils des ministres, seule, une vingtaine a été réalisée, reconnaissant que « la volonté d’orienter l’action stratégique est là » mais le défi reste dans la mise en œuvre et la continuité de l’action gouvernementale.
« Ce rapport, pratiquement de trois ou quatre trimestres, soit d’avril en décembre 2025 permet de mesurer l’action publique, la redevabilité du gouvernement et de renforcer l’efficacité de l’action publique », a expliqué Christian Moleka, précisant qu’il « mesure également le niveau réel de transformation de la prise de décision en action publique, identifie les contraintes structurelles et propose une cartographie des activités qui participent au monitoring. »

De son côté, le Père Alain Nzadi, directeur du CEPAS a précisé les objectifs assignés derrière cette initiative. « Notre ambition est que cette analyse contribue au débat public de manière sereine, constructive et utile. Nous espérons qu’elle permettra d’alimenter la réflexion collective sur les moyens de rendre l’action publique plus efficace, plus transparente et davantage orientée vers des résultats concrets », a-t-il déclaré.

Et de poursuivre : « les recommandations formulées dans cette étude s’inscrivent dans cette perspective. Elles visent notamment à promouvoir une culture de résultats, à renforcer les difficultés… des dispositifs de monitoring gouvernemental, à améliorer la coordination interinstitutionnelle et à développer des outils de redevabilité permettant un meilleur suivi de l’exécution des engagements publics. »

À en croire les conférenciers, « au fond, la question centrale qui traverse ce travail est simple : comment faire en sorte que chaque décision publique produise efficacement la valeur attendue pour les citoyens ? », se sont-ils interrogés, souhaitant que cette réflexion pousse le gouvernement à une mise en œuvre rapide de l’action publique au profit des intérêts de la population congolaise.
Exaucé Kaya
