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De la tradition culturelle inventive à l’éveil par la science : la raison de la récession du génie congolais face à un monde culturellement bouleversé par les nouvelles technologies ( Par Célestin Ngoma Matshitshi, analyste)

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1. Introduction

La RDC reste l’une des têtes du premier chapeau des pays subsahariens fournisseurs d’un nombre considérable des diplômes et en même temps reste l’un des pays qui a tendance à importer l’expertise extérieure même pour ses préoccupations les plus élémentaires. Néanmoins, selon les statistiques actualisées de la Banque Mondiale, le Congo-Kinshasa enregistre un taux brut d’inscrits à l’Université de 7% (2016) pendant que pour le Congo Brazzaville c’est 9% déjà en 2013. Le diplôme étranger par rapport à celui décerné par les universités locales est le plus prisé surtout dans le marché d’emploi. Cette situation suscite des vives interrogations cherchant à discerner une explication impeccable et implacable pouvant s’y attacher en l’éclairant dans sa globalité .


Le rideau d’introspection et d’interprétation s’ouvre désormais et bon nombre de curieux veulent à tout prix raffoler la crème réalité congolaise.

Cette émigration de compétence qui fait de ses propres diplômes le pistolrado de ses connaissances afin d’en courir toutes les assurances à l’Eldorado scientifique au-delà de ses frontières, remet en question même la qualité de ses hauts titres détenus par ses riverains qui restent nulle en valeur.

Cela donne l’impression de donner raison à Confucius qui a cru que “tous, on est frère par nature, mais étranger par l’éducation”. L’exil de confiance vis-à-vis de ses propres diplômes mérite d’être condamné de trahison. Dans tout ceci la conscience normalement coupable, se présume déjà victime désaltérée et cherche le bourreau sur qui lui sera prêté l’indemnisation.

C’est comme si Montesquieu semble soutenir cette marque d’observance en fonction de cette scène semelle, lorsqu’il affirme que : “les sots se peignent eux-mêmes, et ramènent tout à eux (Lettres Persanes, 1721) .

Alors que le monde s’éveille par la science par laquelle il est initié et lui révèle en même temps ses lacunes, tout naturellement mise en chandelle, l’initiation donne accès à des connaissances rationnelles et que simultanément le savoir endogène inné dans l’âme d’un peuple, continue à osciller le temps et à traverser les générations interhumaine. Par contre, le Congo-Kinshasa caresse, quant à lui, ses faiblesses les plus endémiques dans ce domaine de rationalité considéré pourtant comme moteur de tout développement intégral du monde et de l’homme qui le transforme.

D’un côté, le décompte de l’histoire s’esquisse et de l’autre côté l’ intégration plus souple dans un monde capitalement conquérant se realise sous la célérité de la technologie qui défie parfois l’accélération qu’engage la rotation de la terre même autour du soleil.

Les ruines des vieilles traditions se disseminent le long du lignage et le contraltos des vestiges mises à pied par l’initiation noue une génération à l’autre grâce au progrès de l’instruction. Les intérêts d’une nation portent au quotidien les ambitions de fouler la haute culture générale, laquelle mise en concert avec la curiosité croissante, font vivre cette dernière dans les hardiesses des éloges précoces .

Aucun progrès notable, appréciable ne peut atteindre ses hauteurs bateliers, si la connexion entre sa tradition culturelle et ses atouts intellectuels est dans le bride d’un parallélisme qu’on ne peut éclaircir.

Un effort intellectuel inséparable d’un courage moral est requis pour faire du Congo, de surcroît l’Afrique elle-même, propriétaire de son essor suivant ses propres caprices à répondre par ses capacités vis-à-vis du cubisme de la modernité.

Adine France dans, le Maître de l’aube, Bruxelles, La Renaissance du livre, 1932, affirme que le talent peut supporter habillement un destin, mais qu’à un talent si on y ajoute l’ambition, addenda des ressources de toutes les autres connaissances, nulle science ne peut être inutile.

Un talent ajouté au génie rendent l’artiste plus complet que même la musique à laquelle il assure service procure à ce dernier le bonheur et porte en triomphe même, l’art du septième sens humain.

C’est ainsi que Marie Farvelles ayant compris à l’Alhambra le souci de son jeune protégé Claude, soucieux de faire la musique, l’orientâ vers l’instruction, laquelle ayant trouvée le talent en lui, lui procurât une vive satisfaction en l’élevant parmis les grands musiciens de son époque et pût lui en concevoir quelques fiertés avec intérêt croissant.

Lumumba dans le Congo terre d’avenir est il menacé ? Bruxelles, Office de Publicité, in_80, 1961, 218 p a soulevé d’une manière d’une autre que le destin de son peuple était emporté par les bars qui non seulement absorbaient ses richesses matérielles mais aussi et surtout ses richesses morales et ses facultés intellectuelles. Il est allé plus loin en disant que son peuple était soumis à des conditions qui ne le motivaient pas à s’intéresser à la lecture qu’il a assimilée à ce trésor inépuisable qui enrichit l’intelligence.

Dans cette veine d’idée, parlant des inégalités constatées entre autochtones et colons même dans l’éducation de base, pour en souligner que quelques soient nos obligations familiales, professionnelles ou autres, chacun de nous doit songer, à chaque instant de sa vie, à la mission qui l’attend sur le plan de l’éducation du peuple.

Par cet appel au devoir de tous vis-à-vis de la patelante patrie, nous sommes tentés de savoir l’intérêt que visait cet homme d’Etat en son temps pour focaliser son attention sur l’éducation de son peuple.

Avant même de visiter cette préoccupation, arrêtons nous d’abord sur Nkenda-Mpasi ( Psychologue) dans _la problématique de la langue d’enseignement en République du Zaïre_, in ” _Culture au Zaïre et en Afrique”, n°2, 1973, pp. 105-133_ où l’auteur indique que ” en même temps que la lutte se mène contre l’impérialisme économique, politique ( avant l’indépendance), il faut aussi la mener contre l’impérialisme culturel. La question linguistique est donc essentielle. Il s’agit d’un pari pour la survie des langues africaines et de la civilisation africaine elle-même.

  • N’est-ce pas là l’indice qui prouve que la question de survie de la civilisation préoccupait déjà au plus haut point la haute pensée de l’élite congolaise ?
  • N’est-il pas que ces incitations intellectuelles rappelâ le Congo à son éveil en vue d’une révolution culturelle portée par les épaules d’une Afrique où tout n’est pas à désespérer ?

La culture est le portoir du savoir d’un peuple dit-on et c’est par la haute culture que l’Afrique peut vaincre des siècles et soumettre son avenir dans un palier de triomphe.

Je sais que le génie Congolais existe bel et bien, et il est même dans la matrice de sa culture. Mais ce sont ses conditions d’explosion qui ne l’expriment pas à la grande voile.

La RDC et ses génies

Le génie congolais est à situer même dans l’âme de sa civilisation traditionnelle. Déjà dans la pré-histoire, le peuplade composant son espace géographique a développé des mécanismes qui ont su le protéger vis-à-vis des contraintes de la mère nature.

Le peuple Pende par exemple, sentant la disette envahir de plus en plus ses espaces, s’est abranché à l’organisation de sa société autour des rites initiatiques appelés _Mukanda_ où toute la jeunesse devrait être amenée en maquis au cœur même de la forêt durant une longue période afin d’apprendre comment chasser pour venir à terme de la famine. Cette pratique visait l’intérêt social que la société traditionnelle portâ sur l’homme comme centre de toute action.

Et Chez les Shi l’élevage du bétail était l’élément dominant de la vie économique et l’agriculture en constituait la base. Mais aussi, parmis d’autres branches de la vie économique, on trouvait déjà les arts et les métiers pratiqués par des hommes.

Puis chez les Yombe, le génie de la terre, Nzambi a Tsi, dominait le monde superstructurel. L’émergence dépendait de son statut tutélaire. Le peuple pouvait pratiquer la pêche, la chasse individuelle, _Konda_, chasse collective, le _veta_… Les arts et métiers étaient pratiqués par des vanniers, des potiers ( surtout femme), les travailleurs de bois façonnaient les instruments de musique, les pirogues ( à l’aide d’une herminette), les statuettes, les cuillères. Le commerce y était pratiqué et les transactions se faisaient grâce à des rectangles de tissu fait de fibres de palmiers, _mbongo_, et la domestication des animaux tels que les chèvres et autres était courante.

Quant au peuple Ntomba la pêche collective était organisée par les femmes et par les hommes au bord du lac Mai Ndombe. Le génie congolais a bel et bien existé même avant l’organisation des entités politiques sous le format post conférence de Berlin (1885).

Avec la venue du colon sur le sol congolais, l’homme negre a mis en retraite toutes ses machines traditionnelles après avoir été aliéné d’une manière ou d’une autre et cela par des coups et autres punitions lui imposées, lesquelles ont fait perdre à l’Afrique l’authenticité de sa civilisation.

Le brassage de la culture Africaine d’avec celle de la sphère Occidentale l’a incité à se débarrasser de son propre label pour se réduire en badaud culturel transatlantique.

Mais qu’à cela ne tienne, le vent n’a pas tout emporté en pièce. Les esprits créatifs ne sont pas tous absorbés bien que l’allure du mouvement aurait subi des graves perturbations.
L’originalité réflexive et créative des congolais peut encore se faire heureuse dans certains domaines des sciences.

La science du Congo, ses habitants, ses langues, les mœurs, leur évolution dans l’espace et le temps, leurs aspirations légitimes contemporaines, restent une tâche impérative, notamment dans le contexte de la politique de Renaissance culturelle affirme Ombenga Théophile, Zaïre civilisations traditionnelles et culture moderne, Paris, Présence Africaine, 1977

De l’ambiguïté de la vie coloniale, révolte, refus, espoir de dépassement, conscience de soi, difficultés d’être, engagement politique sont les vaisseaux de la connaissance moderne du Congo.

Les conquêtes culturelles originales expliquent toutes, que le Congo constitue le vaste chantier du patrimoine africain mais et que l’aliénation coloniale a réduit à un sentiment de néant en donnant à la vie de ces communautés une autre direction qui est essentiellement la jouissance autour de l’amour, la politique et la quête de la richesse sans passer par le travail.

Les universités et autres grandes écoles distribuent entièrement rien que la culture occidentale. L’échelle des activités de loisirs se répartissent en grande occupation : sports, bars, radio et cinéma.
Et les orientations de la matière scolaire restent asymétriques par rapport aux besoins même de la société.

Les sciences de base et autres ne sont pas mis en contribution pour exciter le génie inventif mais c’est plutôt pour simplement gérer les énigmes qui ne savent que motiver le cerveau à pénétrer le flou et la confusion. Tous ces aspects retardent lamentablement l’éclosion technologique africaine qui reste tournée vers ses maîtres.

Le cliché de cette connaissance Africaine et congolaise en vue de roder l’organisation des defis actuels de la société se veut urgent en guise de fixer la conscience au centre de la gestion de sa précarité vis-à-vis de l’évolution, est la démarche de cette tribune.

Les différentes œuvres d’esprits créées par le génie congolais construisent le témoignage inventif de l’énorme potentialité que compte ce pays. En musique, en littérature, en médecine, en art plastique et dramatique, en sport, et autres, le Congo s’est illustré vis-à-vis du monde qui l’observe.

Déjà en 1972, Joseph Cornet exposait sur l’art plastique traditionnel congolais à Bruxelles, une exposition indolente du génie congolais qui lui aurait value la profonde fierté et les grands honneurs.

Kabeya avec son école de peinture a éclaté déjà en ces années là, les talents de Mutombo, Kabongo, Kalema, Mbambu….
En 1956, Lisamba, premier scénariste Congolais du cinéma conduisit une troupe, les ” Jokeke”, de Lubumbashi à Kinshasa la capitale, faisant survenir dès lors l’espace théâtrale par des congolais.

En guise de l’instance d’une nouvelle ère Africaine, la randonnée littéraire a déchiffré les œuvres congolaises de facture internationale. C’est le cas des œuvres de Tshangu Bamesa Zakama, Malanda Ben Abud Malwa, Nguete Kikhela, Kabengele Munanga, Yves Mudimbe, Mampuya ma Ndwala, Isidor Ndaywel, Mpase Nselenge Mpeti…

La topo d’une société actuellement en dessaroi de ses reputions n’est elle pas contrôlée par l’élite congolaise ou n’y a-t-il pas d’école sensée remonter la cadence ?

L’ equinisme des méthodologies d’évaluation dans le système éducatif congolais

Le secteur d’éducation est truffé par un affaissement de vocation car, chaque année, le marché d’intellectuels congolais donne l’impression de s’encombrer par des diplômes qui, malheureusement ne savent pas répondre aux besoins utiles qui mettent à défi la vie de la nation – absence d’une politique d’Orientation

Ce problème est tributaire de :

  • l’équinisme du système lui-même et,
  • des finances précaires injectées dans ledit secteur.
  • L’équinisme du système : l’ombre de tout espoir

L’ élite Congolaise est préparée à la consommation scientifique du trafic stratégique occidentale qui lui importe son génie et non au management de l’intelligence locale capable d’exporter son propre génie en imprimant la valeur intellectuelle congolaise comme label d’une noblesse sensée attirer la confiance internationale face à l’infusion de la concurrence hiérarchisée par une mondialisation de plus en plus exigeante tant en innovation qu’en polarisation technologique, très concernant même pour la réalité sociale débordante de sa propre vase.

Chaque année, ce sont des milliers de diplômes universitaires et humanitaires qui innondent le circuit des différents domaines. Fort malheureusement la société Congolaise implose en déficit des techniciens sociaux, politiques, économiques et autres capables de débarrasser la société de ses inhérents phénomènes qui embêtent son rêve.

La croissance en nombre des diplômes et titres associée à l’iréalisme saisissant l’occasion de l’expérience et de différence font de la RDC une particularité où la potentialité imposante ne sait pas donner envie l’expression de la possibilité des réalisations tant attendues.

La montée en chiffre des détenteurs des titres et diplômes et le défaut de compétences dû certainement à la fluctuation de la qualité, imposent au pays l’obligation de solliciter au-delà de ses frontières, l’expertise requise pour apporter solutions à ses problèmes.

Il y a plusieurs causes qui semblent justifier cette situation et parmis tant d’autres, on trouve à la base du système éducatif lui même qui reste rudimentaire car assis essentiellement sur le développement limité à la mémorisation et non sur l’exploitation du réflex pour féconder la conception. Les éditions d’évaluations nationales et de bon nombre des écoles et institutions supérieures d’enseignement, illustrent bien cette séquence car la majorité d’evalués se taille en moine bloqueur, conséquent à la soumission récurrente à des exercices de consultation de la mémoire pour recueillir les informations emagasinées et non chercher à exploiter effisciement le cerveau pour capitaliser les différentes possibilités qui y sont installées en guise même de créer les opportunités d’une nouvelle information.

Cette réalité assiste bien, le phénomène de tricherie qui se dote de moyens gracieux facilités par les dispositions idoines de leur accomplissement occasionnant la fondation de démérite de la plupart de ses pratiquants, phénomène qui fait que le pays perde le répere de sa qualité.

Cet impasse dévie clairement la vocation universelle de l’éducation qui reste un facteur important du développement car met en point le cruel destin d’un peuple retenant en clocher le nanisme intellectuel de ses diplômés chariant l’incompétence qui paralyse actuellement l’administration orthodoxe du pays.

Ainsi, le marché intellectuel congolais reste litigieux vis-à-vis de sa valeur et compte de plus en plus les détenteurs de diplômes et de titres, mais de moins en moins des qualifiés capables de consoler son sort.

A ce phénomène s’ajoute le financement précaire du secteur.

Conclusion

La concurrence scientifique qui de plus en plus se manifeste dans un tournoi d’innovation technologique, sollicite un système éducatif adapté, compétitif et plus participatif à cette réalité.

Construire un système qui combine l’intervention de l’exploitation poussée par le sens et par le réflex et qui remet l’expérience au centre de chaque ambition en excitant le flux des énergies plus actives comme ailes essentielles de recherche se veut un pari à atteindre pour cuver les compétences les plus attendues pour les problèmes diversifiés du pays.

Le réaménagement d’un système plus entreprenant dont l’angle d’activité se configure sur la centralisation de l’éducation comme police de l’éveil de conscience et science est le brassard que nous collons au souhait flanché par ce travail.

L’Etat a donc ultime intérêt de soutenir ce secteur dès le pied jusqu’à l’extrémité afin de niveler le bon fonctionnement de ce secteur qui se veut un choix fort pour l’option du changement.

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