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Cyrille Mutombo ( Kibali Goldmine): » Le respect des lois par tous est la solution pour baisser la tension et arriver à vivre d’une manière apaisée… »
Sur ordre du gouvernement provincial de la province du Haut-Uélé, des maisons se trouvant dans la zone d’exclusion de Kibali Goldmine ont été démolies il y a près de 4 semaines. Y-a-t-il eu respect de la loi ou pas? Alors que certaines organisations crient à l’arbitraire, le principal concerné, Kibali Goldmine, est monté au créneau pour éclairer l’opinion sur les contours réels de cette option.
Interrogé à ce sujet par Top Congo FM, le numéro 1 de cette société minière, Cyrille Mutombo, a fait savoir qu’il ne s’agit pas d’une délocalisation brutale, mais plutôt d’une démolition des résidences illégalement installées pour lesquelles un moratoire a été établi par le gouvernement provincial et qui a été prorogé plusieurs fois.
A l’en croire, en effet, tout remonte au fait que Kibali Goldmine une zone d’exclusion, la zone B, établie depuis mai 2021. » Comme nous le savons, l’article 282 du Code minier confère à un exploitant minier le droit de demander l’établissement d’une zone d’interdiction pour ses travaux miniers.
Kibali l’a fait en 2009 et nous l’avons obtenu et confirmé en 2010. C’est ainsi que vous avez entendu parler de la réinstallation des populations. C’est pour déplacer les personnes se trouvant dans nos zones d’interdiction afin de les amener vers nos sites d’accueils.
Nous l’avons fait pour la zone A et B malgré que les zones furent bornées les gens ont commencé à construire des maisons depuis 2015. Nous sommes passés de moins de 50.000 habitants à plus de 500.000 habitants. Effectivement tous ces habitants ne sont pas des autochtones, car ces derniers ont été déplacés entre 2010 et 2014″, a-t-il rappelé.
Top Congo FM : Monsieur le DG, les personnes installées illégalement dans les zones d’interdiction ont-elles reçu des nouveaux terrains avec matériaux avant la destruction?
Cyrille Mutombo : « Nous avons vu le gouvernement provincial agir en toute responsabilité, car il a préparé un site d’accueil alternatif afin de permettre aux personnes qui seront déplacées de reprendre leurs activités ordinaires. Nous avons nous-même visité ce site qui est bien loti et des sources d’eau y étant installées à Durba. Le gouvernement a également offert aux personnes des bois, des tôles et quelques matériaux de construction. Il y a des photos satellitaires qui prouvent nos dires.
En 2010, vous remarquerez que la densité est faible à cet endroit, nous avons déplacé ou réinstallé.
En 2014, pareil il y a un vide. Et subitement entre 2015 et 2019 on assiste à une explosion démographique. On passe à plus de 100.000 personnes qui s’installent dans cette zone sans avoir suivi les lois en vigueur ».
Top Congo FM : Est-ce que avant de déplacer toutes ces personnes, Kibali ou le gouvernement ne devrait-il pas se rassurer qu’elles auront des logis bien construits, des maisons habitables ?
Cyrille Mutombo: Ces personnes ont été informées depuis plus d’une année avant la destruction. Ensuite, il y a un arrêté provincial émis depuis le début de l’année. Il y a eu plusieurs communiqués et informations mises à la disposition de ces personnes qui ont été invitées à aller vers les sites mis en leur disposition, pour prendre des macarons afin d’avoir des espaces ou des parcelles. Certains se sont déplacés vers ces sites, environ 10 ou 20%, d’autres par contre ont refusé.
Le fait que personne n’avait cru que cette destruction aura lieu et lors des faits plusieurs se sont précipités pour venir et le gouvernement provincial leur a donné les matériaux qui leur a été destinés. On ne peut pas condamner le gouvernement provincial lorsque les personnes décident de leur propre gré de ne pas aller prendre les matériels. Nous ne pouvons point les forcer, encore moins Kibali qui na pas la force de coercition. Le respect des lois est la solution pour baisser la tension et arriver à vivre d’une manière apaisée.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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Kenge : Des réactions contrastées à l’annonce du retour de 2 magistrats
L’annonce du retour prochain à Kenge du magistrat Makwanza et du procureur Émile Ndjale continue de susciter des réactions au sein d’une partie de la population du chef-lieu de la province du Kwango, particulièrement parmi certains groupes de jeunes.
Selon plusieurs sources locales, des discussions seraient en cours au sein de la jeunesse afin d’évaluer les actions à entreprendre pour exprimer leur désaccord avec cette éventuelle réaffectation. Des consultations informelles se tiendraient notamment autour de l’organisation d’activités citoyennes destinées à faire entendre leur position.
D’après les informations recueillies, plusieurs options seraient envisagées. Certains jeunes évoqueraient la possibilité de profiter de la marche de l’opposition prévue le 3 juin pour faire connaître leurs préoccupations, tandis que d’autres privilégieraient une initiative distincte à une date ultérieure afin de démontrer leur mobilisation.

Un retour qui ravive des controverses passées
Le magistrat Makwanza et le procureur Émile Ndjale avaient déjà fait l’objet de critiques de la part d’une frange de la population locale concernant leur gestion de certains dossiers judiciaires. À l’époque, plusieurs accusations avaient été formulées à leur encontre par des citoyens et des organisations locales.
Ces allégations portaient notamment sur de supposés abus dans l’exercice de leurs fonctions ainsi que sur des comportements jugés incompatibles avec leurs responsabilités. Toutefois, il convient de rappeler que ces accusations relèvent des dénonciations faites par leurs détracteurs et qu’elles n’ont pas nécessairement fait l’objet de décisions judiciaires définitives établissant leur responsabilité.
En juillet 2025, un mouvement de contestation populaire avait conduit à une forte tension dans la ville de Kenge, poussant les deux magistrats à quitter temporairement leur poste.
Entre interrogations et attentes
L’éventualité de leur retour suscite aujourd’hui diverses interrogations au sein de la population. Certains habitants estiment que cette décision risque de raviver des tensions encore présentes, tandis que d’autres appellent au respect des procédures administratives et judiciaires en vigueur.
Dans ce contexte, plusieurs observateurs plaident pour l’apaisement et le dialogue afin d’éviter toute escalade et de garantir le maintien de l’ordre public. Les autorités compétentes sont également attendues sur leur capacité à gérer cette situation avec sérénité et dans le respect de l’État de droit.
Alors que les spéculations se multiplient, l’attention reste désormais tournée vers les prochaines décisions administratives et les réactions qu’elles pourraient susciter au sein de la population de Kenge.
Émile Yimbu/CONGOPROFOND.NET
