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Culture

Culture : « Ciné Sous les Étoiles RDC », le cinéma gratuit à la conquête des villes congolaises

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Depuis deux ans, le projet Ciné Sous les Étoiles RDC s’impose progressivement comme l’une des initiatives culturelles les plus innovantes en République démocratique du Congo. Pensée comme une plateforme de diffusion cinématographique en plein air, cette initiative offre aux populations un accès gratuit à des films de qualité, dans des villes où les salles de cinéma restent rares ou difficilement accessibles.

À travers des projections organisées sous le ciel étoilé, le projet ambitionne de rapprocher le septième art des communautés locales, tout en créant des moments de partage, de détente et de réflexion collective.

Une vision culturelle et sociale

“Ciné Sous les Étoiles RDC” poursuit plusieurs objectifs majeurs :
• Promouvoir la culture cinématographique en dehors des grands centres urbains traditionnels ;
• Fournir un accès gratuit à des films éducatifs et de divertissement pour les populations locales ;
• Renforcer la cohésion sociale en réunissant les communautés autour d’événements culturels fédérateurs ;
• Développer des espaces de loisirs en plein air dans les grandes villes du pays ;
• Valoriser les talents cinématographiques congolais en intégrant des productions locales dans la programmation.


Au-delà de simples projections, la plateforme se positionne aujourd’hui comme un véritable espace alternatif de distribution des films congolais. Elle accompagne notamment les sorties officielles et les avant-premières d’œuvres locales, contribuant ainsi à la visibilité et à la professionnalisation du secteur cinématographique national.

Une présence dans neuf villes du pays

Selon l’affiche officielle du programme 2026, « Ciné Sous les Étoiles RDC » est actuellement implanté dans neuf villes stratégiques :
• Kinshasa (février)
• Matadi (février)
• Kisangani (mars)
• Moanda (mars)
• Lubumbashi (avril)
• Kolwezi (mai)
• Goma (juin)
• Bukavu (juillet)
• Kalemie (août)

Cette couverture géographique témoigne de la volonté des initiateurs de toucher différentes régions du pays, du littoral atlantique aux provinces de l’Est, en passant par le Grand Katanga et la capitale.

Un rendez-vous populaire sous les étoiles

En proposant des séances gratuites en plein air, “Ciné Sous les Étoiles RDC” transforme les places publiques et les espaces ouverts en véritables salles de cinéma à ciel ouvert. Familles, jeunes, étudiants et passionnés de cinéma s’y retrouvent pour partager des œuvres porteuses de messages éducatifs, culturels et sociaux.

Dans un contexte où l’accès aux infrastructures culturelles demeure inégal, cette initiative répond à un besoin réel de démocratisation culturelle. Elle contribue également à redynamiser la vie sociale urbaine en créant des espaces de rencontre intergénérationnels.


Après deux années d’existence, le projet confirme ainsi son ambition : faire du cinéma un outil de cohésion sociale, de valorisation des talents nationaux et de rayonnement culturel en République démocratique du Congo.

« Prenez rendez-vous au meilleur plaisir du cinéma en plein air », annonce l’affiche officielle. Un slogan qui résume bien l’esprit d’une initiative qui place la culture au cœur de la communauté.

Régis NGUDIE/Congoprofond.net

Culture

Culture et Arts : “JE…”, Une poésie de Negue Fly Nsau, incarnée entre Kinshasa et les racines du Kongo-Central

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À travers son nouveau projet scénique intitulé JE…, l’artiste poète Negue Fly Nsau propose bien plus qu’un simple spectacle : une immersion intime dans une quête identitaire, portée par la puissance des mots et la profondeur des sonorités traditionnelles. Entre poésie urbaine et héritage culturel, l’artiste kinois livre une œuvre à la fois personnelle, musicale et profondément ancrée dans le territoire dont il est originaire.

Un projet introspectif : dire “je” pour toucher le “nous”

Avec JE…, Negue Fly Nsau explore une écriture de l’inachevé. Le titre lui-même, suspendu par des points de suspension, évoque une identité en construction.

« Je suis une phrase qui cherche encore sa fin », confie-t-il.

Pensé comme une autobiographie en mouvement, le spectacle interroge l’humain dans sa fragilité, ses doutes et ses aspirations. C’est une plongée dans l’intime, où l’artiste se met à nu, sans artifice, dans une démarche sincère et assumée.

Kinshasa comme muse, matrice et tension créative

Au cœur du projet, une ville : Kinshasa. Ville de contradictions, à la fois “bruit” et “berceau”, elle devient une véritable protagoniste du spectacle. L’artiste y puise son inspiration, décrivant une relation complexe, faite d’amour et de lutte : « Je ne vis pas à Kinshasa, c’est elle qui vit en moi. »

Dans JE…, Kinshasa est à la fois une mère nourricière et une blessure persistante. Elle façonne l’artiste autant qu’elle le met à l’épreuve, nourrissant une poésie brute, authentique, profondément urbaine.

Le mandara : une mémoire vivante au cœur de la création

L’originalité du projet réside aussi dans l’intégration du mandara, musique traditionnelle du Kongo-Central.

Loin d’être un simple accompagnement, cette musique devient un véritable partenaire de scène. Guitare, percussions et piano dialoguent avec la voix du poète, créant un univers sonore hybride où tradition et modernité se rencontrent.

« Le mandara n’est pas un fond sonore, c’est un personnage. »

Ce choix artistique traduit une volonté forte : reconnecter l’art contemporain aux racines culturelles, dans une démarche de transmission et de valorisation du patrimoine.

Une écriture organique, entre langues et territoires

Negue Fly Nsau revendique un processus d’écriture vivant, nourri par le quotidien kinois.

Ses textes naissent dans le tumulte de la ville : taxis, bars, ponts, rues. Ils oscillent entre lingala, français et kikongo, reflétant la diversité linguistique et culturelle de son environnement.

Le critère ultime ? La musicalité : « Si un mot ne peut pas être dansé par les percussions, je l’enlève. »

Cette exigence donne naissance à une poésie incarnée, rythmée, profondément sensorielle.

Une œuvre engagée, au service de l’humain

 

Sans revendiquer un militantisme frontal, l’artiste inscrit son travail dans une forme d’engagement humaniste.

Ses textes défendent le droit à la vulnérabilité, à la quête de soi, à l’amour d’une ville imparfaite. Ils dénoncent aussi, en filigrane, l’oubli progressif des cultures locales.

Dans un contexte où la parole peut être contrainte, la poésie devient un espace de liberté : « Elle dit tout haut ce que la rue pense tout bas. »

Une expérience scénique totale

« JE… » n’est pas un projet destiné à rester sur papier. Il prend tout son sens sur scène, dans la rencontre avec le public.

Chaque représentation devient un moment unique, où le souffle du poète se mêle aux vibrations musicales et aux réactions des spectateurs.

À Kinshasa, le public joue un rôle central : « S’il ne sent pas, il sort de ta vibe. »

Cette interaction constante nourrit l’évolution du spectacle, faisant de chaque performance une recréation.

Un tournant décisif dans le parcours de l’artiste

Avec JE…, Negue Fly Nsau franchit une étape importante de sa carrière.

Là où ses précédents travaux s’ouvraient sur le monde, ce projet marque un retour vers soi, plus risqué, plus intime. Il affirme pleinement son identité de poète kinois, enraciné dans le Kongo-Central. « C’est un point de non-retour. »

Perspectives : faire voyager la poésie et les racines

Porté par une réception déjà forte, le projet ambitionne désormais de s’étendre au-delà de Kinshasa.

L’artiste envisage une tournée nationale, voire internationale, ainsi qu’une captation filmée du spectacle. L’objectif : faire voyager le mandara et ses mots, et inscrire cette œuvre dans une dynamique de diffusion plus large.

Une œuvre entre fragilité et puissance

Avec JE…, Negue Fly Nsau signe une création profondément humaine, où l’intime devient universel.

Entre Kinshasa et le Kongo-Central, entre poésie et musique, entre quête personnelle et mémoire collective, l’artiste propose une œuvre sincère, vibrante, et essentiel.

Une chose est certaine : ici, le “JE” ne reste jamais seul. Il devient écho, miroir, et finalement… un “NOUS”.

Tim Katshabala/CONGOPROFOND.NET 

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