Médias
CSAC : le régulateur congolais étranglé, la démocratie médiatique en danger
Depuis quatre ans, le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) survit dans une précarité devenue systémique. Officiellement chargé de contrôler le secteur des médias, il fonctionne “par à-coups, avec quelques mois de budget débloqués ponctuellement avant que le gouvernement ne ferme le robinet”.
Les salaires de ses agents accusent jusqu’à 32 mois d’arriérés, une situation d’autant plus incompréhensible que les crédits sont votés chaque année dans la loi de finances. Le CSAC dénonce un “affaiblissement organisé” : un cycle de promesses budgétaires, de déblocages temporaires, puis d’un retour brutal à l’abandon qui érode ses capacités opérationnelles et humilie ses membres. Comme le résume l’institution elle-même, “un CSAC sans moyens devient contrôlable.
Et un régulateur contrôlable cesse d’être un pilier démocratique”. Au-delà des salaires, c’est toute la mission régalienne du CSAC qui est sabotée par l’absence de moyens de mobilité. Les frais de mission et les titres de voyage, pourtant inscrits noir sur blanc dans la loi de finances, ne sont jamais exécutés, clouant au sol le président, les membres du Bureau et les experts. Résultat : le régulateur congolais est tenu à l’écart des grands forums africains et francophones — RIARC, REFRAM, ICASA — où se discutent les fake news, les deepfakes, la régulation des géants du numérique et de l’intelligence artificielle.
“Pendant que les autres régulateurs africains échangent sur les algorithmes et la responsabilité des plateformes, le CSAC est maintenu dans une immobilité humiliante”. Pour sauver les apparences, certains déplacements jugés essentiels ont été financés sur les deniers personnels du président ou par des emprunts, une humiliation qui renvoie l’image d’un État étranglant délibérément son propre organe de contrôle. La tragédie est aussi humaine.
Trois agents du CSAC sont décédés en l’espace de quelques mois, faute d’avoir pu se payer des soins. Des témoignages poignants évoquent des enfants déscolarisés, des familles brisées, des agents réduits à la mendicité dans une institution censée incarner l’autorité de l’État. Cette lente asphyxie ne laisse guère de place au doute :
“Laisser l’institution sans moyens, attendre que la situation devienne explosive, puis débloquer un ou deux mois de fonctionnement avant de replonger le régulateur dans l’abandon” n’est plus une simple défaillance administrative, mais une méthode. À l’heure où la désinformation et les discours de haine prolifèrent, le silence budgétaire imposé au CSAC n’est pas une économie, c’est un sabotage silencieux de la démocratie congolaise.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Actualité
De la rue au chantier : A Kaniama Kasese, les ex-Kuluna construisent un hôpital d’exception
Kaniama Kasese franchit une nouvelle étape dans sa transformation avec l’implantation de l’hôpital Mama Denise Nyakeru-Tshisekedi, une infrastructure moderne qui vient compléter son modèle basé sur l’agriculture et la formation.

Construit sur instruction du Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, cet établissement de santé incarne une vision de développement intégrée, où la production s’accompagne désormais d’une prise en charge efficace du bien-être humain.
Doté de 85 lits, dont trois chambres VIP, l’hôpital propose une offre de soins complète : maternité, médecine interne, chirurgie et hospitalisation. Son plateau technique de pointe comprend notamment un scanner à 128 coupes, des services modernes de radiologie et d’échographie, ainsi que deux blocs opératoires.
Entièrement digitalisé, l’établissement permet l’interprétation des examens à distance, ouvrant la voie à la télémédecine entre Kaniama Kasese, Kinshasa et même l’étranger.
Construit en un an et demi par d’anciens Kulunas réinsérés, ce projet symbolise également une transformation sociale forte. Supervisé par le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, il est désormais ouvert à toute la population.
L’inauguration officielle par le couple présidentiel est attendue dans les prochains jours.
Adonikam Mukendi/Stagiaire UCC
