Analyses et points de vue
Crestview Strategy : l’un des blanchisseurs du régime de Paul Kagame accusé de crimes
Dans l’ombre des régimes autoritaires se cachent souvent des firmes de relations publiques chargées de polir leur image, de détourner l’attention et, surtout, de faire oublier les crimes. L’une des agences travaillant pour le régime criminel et mono-éthnique du Rwanda et le Front patriotique rwandais qui a abattu l’avion du président Habyarimana est canadienne.
Crestview Strategy, une agence canadienne basée à Toronto, s’est spécialisée dans cet exercice moralement douteux en travaillant main dans la main avec le gouvernement rwandais de Paul Kagame au service de la réécriture de l’histoire. Paul Kagame dont le régime est accusé de violations massives des droits humains, de soutien à des milices violentes en RD Congo, et de répression brutale contre toute dissidence.
Pendant près d’un an, Crestview Strategy a méthodiquement effacé toute trace de son bureau à Kigali de son site internet, comme si l’agence avait honte de son propre client. Une discrétion suspecte, surtout lorsque l’on sait que le Canada a suspendu ses exportations d’armes vers le Rwanda et gelé ses relations gouvernementales en raison des accusations pesant sur Kigali. Mais que cache réellement cette collaboration ?
Pourquoi une entreprise canadienne s’emploie-t-elle à redorer le blason d’un pouvoir accusé de crimes contre l’humanité ? Le Rwanda, sous la direction de Paul Kagame, est un État paradoxal : loué à l’international pour sa « réconciliation » post-génocide, mais régulièrement épinglé pour son autoritarisme, ses assassinats ciblés, et son soutien aux groupes armés en RDC.
Le Rwanda arme et soutient le RDF/M23, une milice responsable de massacres dans l’est du Congo, où des millions de civils ont péri depuis les années 1990. Les opposants politiques disparaissent, les journalistes critiques sont emprisonnés, et même les survivants du génocide, comme le musicien Kizito Mihigo, meurent dans des circonstances troubles.
Le gouvernement rwandais criminalise toute remise en question du récit officiel du génocide, allant jusqu’à emprisonner ceux qui évoquent les crimes commis par le Front patriotique rwandais (FPR) contre les Hutu réfugiés au Congo. Dans ce contexte, Crestview Strategy a choisi son camp : celui du pouvoir, pas celui des victimes.
En 2025, alors que les preuves s’accumulent sur l’implication du Rwanda dans les violences en RDC, Crestview Strategy a discrètement supprimé toute mention de ses activités à Kigali de son site web. Pourquoi cette disparition soudaine ? Le Canada a suspendu ses relations avec le Rwanda. Notamment après des révélations sur le soutien de Kigali aux milices congolaises. Des ONG et des chercheurs ont documenté les crimes du régime, rendant la collaboration avec Kagame de plus en plus indéfendable.
L’agence a probablement craint un backlash médiatique, comme celui qui a frappé d’autres entreprises complices de régimes répressifs. Mais le mal était déjà fait : pendant des mois, Crestview Strategy a contribué à façonner une image aseptisée du Rwanda, occultant les massacres, les disparitions forcées et les déstabilisations régionales.
Crestview Strategy n’est pas une exception. Des dizaines d’agences occidentales travaillent pour des régimes autoritaires, leur offrant une respectabilité factice en échange de contrats juteux. Techniques employées : narratif de la « success story » en mettant en avant la croissance économique et la « stabilité » pour faire oublier la répression.
Détournement des médias en plaçant des articles favorables dans la presse internationale et lobbying discret en influençant les décideurs politiques pour qu’ils ferment les yeux sur les abus. Résultat ? Des régimes sanguinaires parviennent à se présenter comme des partenaires fiables, tandis que leurs victimes sont réduites au silence. En acceptant de travailler pour Paul Kagame, Crestview Strategy a franchi une ligne rouge.
Savait-elle pour les crimes en RDC ? Les rapports des Nations unies et des ONG sont publics depuis des années. Ignorait-elle la répression interne ? La disparition d’opposants et la censure sont bien documentées. Soit l’agence a fait preuve d’une négligence coupable, soit elle a sciemment choisi l’argent plutôt que l’éthique. Crestview Strategy n’est pas qu’une simple agence de communication.
C’est un rouage essentiel dans la machine de propagande d’un régime accusé de crimes. Elle a aidé Kagame à masquer ses exactions. Elle a contribué à légitimer un pouvoir autoritaire. Elle a trahi les principes mêmes des droits humains. Aujourd’hui, alors que son site web a été « nettoyé », l’agence canadienne espère peut-être tourner la page.
Mais l’histoire, elle, retiendra son rôle dans le blanchiment d’un des régimes les plus controversés d’Afrique. Il est temps que les firmes comme Crestview Strategy soient tenues pour responsables. Leurs clients ne sont pas que des « partenaires commerciaux » – ce sont parfois des bourreaux. Et ceux qui les aident à dissimuler leurs crimes en sont les complices.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Analyses et points de vue
RDC : Quid de la réinsertion familiale et la protection des enfants ? (Par Zagor Mukoko Sanda)
Le profil social de Kinshasa est caractérisé par la pauvreté, les inégalités, les disparités dans les conditions de vie entre les différentes couches de la population. Dans la Ville de Kinshasa, on compte plusieurs catégories de groupes vulnérables : enfants et femmes en situation difficile, personnes du troisième Age, personnes vivant avec le VIH, personnes avec handicap, déplacés, malades mentaux, les personnes victimes de sinistres et calamités naturelles.
Les activités dans ce secteur sont assurées par le Ministère des Affaires sociales, en partenariat avec les Organisations non gouvernementales avec l’appui des organisations humanitaires internationales. Ces activités visent principalement l’assistance sociale, la récupération, la réinsertion socio-professionnelle.
En optant pour l’accompagnement des acteurs sociaux dans le travail social , le CEPEF s’est orienté principalement dans l’analyse des phénomènes sociaux et des pratiques professionnelles ,la vulgarisation des normes et standards de prise en charge des enfants en situation difficile et les activités de renforcement des capacités des acteurs sociaux dans le domaine de réinsertion et la protection des droits des enfants et leurs familles dont certaines ont élues domicile dans la rue.
CEPEF, structure de réflexion pour des pratiques innovantes

Il faut noter que le CEPEF est une organisation non gouvernementale initiée par les Chercheurs, les Experts en travail social qui œuvrent pour la promotion des droits et la protection de l’enfant et de la famille et la réinsertion socioéconomique des enfants et jeunes de la rue.
Le CEPEF a pour ambition de faire le point sur les savoirs et des pratiques professionnelles du travail social au profit de ses bénéficiaires. Il se focalise sur les rôles et les fonctions des travailleurs sociaux dans les structures publiques et dans celles du mouvement associatif congolais. Le CEPEF s’appuie sur les réalisations professionnelles dans une perspective actualisée qui permet d’entrevoir ce qui est effectivement reconduit aujourd’hui et ce qu’il faut impérativement faire advenir demain pour une coresponsabilité dans la protection de l’enfant dans la société.
Le Processus de Réinsertion
Un des objectifs du CEPEF est, d’une part, de renforcer les compétences de l’acteur social à mieux accompagner l’enfant en rupture familiale à s’intégrer réellement dans la société et rétablir la relation entre cet enfant et dans sa famille grâce au processus de réinsertion « IDMRS » à travers la scolarisation, l’intégration des enfants dans les différents mouvements de jeunesse.
A propos de l’aspect « rétablir la relation entre l’enfant et la famille « , il importe de faire remarquer qu’il renvoie au départ de la relation entre l’enfant et l’éducateur social ou l’assistant social. Le premier contact avec l’enfant, selon les acteurs sociaux, est très déterminant car il peut favoriser la réussite du processus en cas d’acceptation mutuelle. Pour parvenir l’acteur social utilise ses techniques professionnelles de base marquées par sa disponibilité à savoir : l’observation, l’entretien et l’écoute. Grace à l’identification de l’enfant, le travailleur social prend connaissance de l’enfant puisque ce dernier est appelé à décliner son identité, celle de ses parents, ses ambitions et son problème.
Par les enquêtes sociales, l’acteur social prend connaissance de la famille biologique ou élargie, jauge la possibilité de réunification familiale, établit un contact direct avec la famille, cherche l’implication effective de la famille au projet de réinsertion à court ou long terme de l’enfant.
Le processus de réinsertion demande beaucoup des moyens humains, matériels et psychologiques. Chaque enfant est un cas qui demande des moyens selon la gravité de sa situation car chaque enfant à son histoire spécifique.
Suivi psychologique pour les violences
Les cas les plus difficiles pour l’aboutissement de la réinsertion sont dans l’accompagnement psychosocial des enfants victimes des violences psychologiques, verbales ou physiques. L’apport des psychologues cliniciens est très déterminant pour redonner la confiance en soi annulée. L e CEPEF s’appuie l’expertise de l’équipe des psychologues cliniciens sous la responsabilité de la Sœur Professeur Jacky BUKAKA PhD et de la CT Etiennette Mukwanga.
La formation continue ou le renforcement des capacités est très indiqué, gage d’un bon résultat dans la protection de l’enfant dans les centres d’hébergement du territoire.
Zagor Mukoko Sanda
