Politique
Crash a Kenge : le nom de l’ancien gouverneur du Kwango revient dans l’actualité et dans les prières de combat
Le crash de l’avion Let410 vendredi 25 septembre à Kenge aurait pû être évité, dit-on à Kenge. L’appareil a survolé la ville à basse altitude et chercherait un espace pour se poser en urgence. Les habitants de Kenge ont salué l’avion et ont envoyé des chants vers le pilote qui a offert un spectacle.
L’avion a été vu dans plusieurs quartiers de la ville, notamment la Cité (Kabambare), Camp Local, Mukisi (qui abrite le nouveau campus de l’Université du Kwango) et le marché central de Kenge.
Plusieurs tours dans cet espace aérien avant de piquer sur le quartier Manzau, où il a fini sa course.
Le pilote cherchait-il l’aérodrome de Kenge pour se poser ? L’avion avait-il les coordonnées aéronautiques de l’aérodrome de Kenge à son bord ? La compagnie Tracep n’avait-elle pas été informée de la suppression de l’aérodrome de Kenge ?
Autant de questions que l’enquête devra élucider.
De toute vraisemblance, le pilote se battait pour atterrir et sauver les vies. Mais n’a rien trouvé au sol comme espace pouvant lui servir de piste d’atterrissage.
Dans l’euphorie due au drame, un nom sort de l’oubli. Jean-Marie Petipeti Tamata et « Djamos » pour les intimes. Le nom de l’ancien gouverneur du Kwango, refait surface. A Kenge, l’on pense que ce drame aurait pû être évité si Petipeti n’avait pas désaffecté l’aérodrome et distribué l’espace en parcelles à des membres de famille et les hommes du régime.
Au départ, la désaffectation du terrain de l’aérodrome a été présentée comme une réponse au développement de la démographie de Kenge. Les emprises de l’aérodrome ont été occupées par des particuliers. Le gouverneur Petipeti a brûlé les maisons construites anarchiquement et a planté des affiches : « nous allons construire ici une cité moderne et des logements sociaux« , a-t-il annoncé.
Depuis, aucun logement social n’a été construit sur le site. La cité moderne n’a pas vu le jour. Du jour au lendemain, des maisons de particuliers et des hommes forts de la politique locale (ministres provinciaux, députés provinciaux et proches du gouverneur) ont rivalisé l’espace. Petipeti a vendu pour lui tout cet espace !
La RVA a été dépossédée. L’aéroport annoncé au village Kingulu n’a jamais été construit. Et Kenge attend toujours. Jusqu’à ce qu’un avion se débattant dans les airs à la recherche d’une piste d’atterrissage prouve à quel point, même si ce n’était pas indispensable, il est nécessaire de construire à Kenge un aérodrome.
En attendant que le gouvernement central se ravise, le nom de l’ancien gouverneur JM Petipeti est sapé et cité dans des prières de combat spirituel, sapé et maudit, pour avoir supprimé l’aérodrome pour son propre profit.
Émile Yimbu/ CONGOPROFOND.NET