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Coup de théâtre à Makala : Kamerhe et Jammal se renient devant la barre
L’agitation, le reniement mutuel entre contractants, l’ignorance de la langue française alors que c’est la langue dans laquelle les contrats ont été signés … telle est l’ambiance qui a marqué la première audience publique télévisée du procès qui oppose la République Démocratique du Congo au Directeur de cabinet du Chef de l’État et Superviseur des Travaux de 100 jours, Vital Kamerhe Lwa Kanyingini, Samih Jammal et Jeannot Muhima Ndoole, tous poursuivis pour détournement des fonds alloués à l’exécution du programme de 100 jours du Président de la République.
Pour cette première audience, après les formalités liées notamment à la présentation des membres du tribunal, à la signification des griefs ou charges retenues contre les prévenus par le Procureur général près la Cour d’Appel de Kinshasa/Gombe, ainsi qu’à la présentation des fiches d’identité de chaque prévenu, le tribunal a ouvert l’audience proprement dite.
A la barre pour cette audience foraine, trois hommes, tous des prévenus. Il s’agit de :
1) Monsieur Samih Jammal de nationalité libanaise, né à Juaja (Liban), le 05 septembre 1941, marié à Simone Chadi et père de trois enfants, fils de Ouballadil (décédé) et Soubir (décédée), commerçant RCCM 1484983, résidant à Kinshasa, commune de la Gombe, Avenue des Aviateurs numéro 1, Téléphone : +243822488888 et Directeur Général des sociétés Samibo SARL et HUSMAL SARL
2) Monsieur Kamerhe Lwa Kanyingini Vital, de nationalité congolaise, né à Bukavu le 04 mars 1959, marié à Chatur Hamida et père de quatorze enfants, fils de Kamerhe Constantin (décédé) et de Mwa Nkingi Alphonsine (en vie), originaire du village Bulwi, Secteur de Ngweshe, territoire de Walungu, Province du Sud-Kivu, en République Démocratique du Congo, Directeur de Cabinet du Chef de l’Etat, Passeport diplomatique DP0006846, délivré à Kinshasa, résidant dans la commune de la Gombe, Quartier Révolution, Avenue Uvira numéro 50 (derrière le Ministère de la Fonction Publique), Tél. +243998447744.
3) Monsieur Muhima Ndoole Jeannot, de nationalité congolaise, né à Goma le 15 août 1969, marié à Sifa Mbeetsa et père de neuf enfants, fils de Muhima (decédée) et de Mbakaisi (en vie), originaire du village de Mahanga, Groupement de Nyamaboko, secteur de Osso (Banyungu), territoire de Masisi, Province du Nord-Kivu, Fonctionnaire, Grade : Chef de Division, Fonction : Chargé du Service Import-Export à la Présidence de la République, carte d’électeur numéro 20088014421, délivré à Kinshasa/Ngaliema le 02 juillet 2017, résidant à Kinshasa, Commune de Ngaliema, Quartier Kinsuka Pêcheurs, Avenue Galilée numéro 04, Tél. +243826441195.
Premier à être appelé à la barre, mais trop agité, le Libanais Samih Jammal a d’abord surpris tout le monde en prétendant qu’il n’a pas la maîtrise de la langue française, pourtant celle dans laquelle il avait signé les contrats de livraison des maisons préfabriquées à la République Démocratique du Congo !
Puis, la question : connaissez-vous le présumé Vital Kamerhe ? Réponse : Je ne l’ai jamais vu ni rencontré dans ma vie.
Cette réponse a été donnée après maintes insistances du tribunal face à l’agitation d’un prévenu qui multipliait des grimaces dans le but d’échapper à la question. Une attitude qui semblait relever d’une stratégie soigneusement montée et qui marquera la suite des réponses aux questions posées. C’est le cas, par exemple, de celle liée au programme de 100 jours du Président de la République où le prévenu a donné l’impression de ne rien comprendre, préférant tantôt clamer son innocence, tantôt évoquer la difficulté de construire toutes les maisons en cent jours. Le juge président exigé que le micro lui soit retiré et appelé le deuxième prévenu en la personne de Muhima Ndoole Jeannot.
Contrairement au premier prévenu, celui-ci répondra sans détour à la première question lui posée. Celle de savoir dans quel aspect du programme de 100 jours est-il intervenu ? Réponse directe: au niveau du dédouanement. Qu’avez-vous reçu concrètement pour ça ? J’ai reçu l’ordre de ma hiérarchie. Quelle hiérarchie ? Le Directeur de Cabinet. J’ai reçu l’ordre de me rendre à Dar- Es-Salaam pour récupérer des containers des maisons préfabriquées et destinées à Mbuji-Mayi. J’avais reçu un million cent cinquante quatre mille huit cents dollars. Nous avons ramené la moitié des marchandises selon les moyens mis à ma disposition et toute la somme a été utilisée.
Vital Kamerhe ne connaît ni Jammal, ni Muhima !
Après Jammal et Muhima, voici venu le tour de Vital Kamerhe. Surprise. VK ne connait pas ses co-accusés. Poursuivi de détournement en corréité avec Jammal, il affirme n’avoir jamais vu la tête de celui-ci. Après avoir envoyé Muhima en mission en Tanzanie, il déclare ne pas le connaître. C’est en tout cas sa ligne de défense et elle a surpris tous les observateurs. Mais VK persiste et signe. Il argumente même qu’il ne peut pas retenir les visages de tous ceux qu’il a vus pendant la campagne électorale. Une allusion malheureuse parce qu’il ne s’agit pas, ici, de la campagne électorale. La question est relative à des personnes reçues au Palais de la Nation, loin des foules immenses drainées pendant la campagne électorale. Alors, vous souvenez-vous de ces deux messieurs ? C’est NON. La réponse est catégorique, aussi bien pour Jammal que pour Jeannot Muhima Ndoole.
La question maintenant est celle de savoir comment a-t-il été possible de conclure un marché de plusieurs dizaines de millions de dollars, un contrat de gré à gré de surcroît, sans avoir rencontré physiquement le contractant. Par quelle voie le contrat avait-il été signé ?
Quant à Jeannot Muhima, il est surprenant que Vital Kamerhe signe un ordre de mission en faveur d’un inconnu qu’il charge par ailleurs d’une mission délicate parce que concernant des maisons destinées à l’armée, la police et cinq provinces du pays. Bizarre ?
S’agissant de la supervision des travaux de 100 jours dont il avait la charge, Vital Kamerhe a déclaré hier qu’il n’était pas seul. Et de citer son adjoint Eberande, le gouverneur de la Banque Centrale Deogratias Mutombo, les anciens ministres des Finances (Henri Yav) et du Budget (Pierre Kangudia), un représentant de la Primature et trois autres personnes dont il n’a pas livré les noms. Il faudra attendre les témoignages de ces huit personnalités pour comprendre le rôle des uns et des autres. Vital Kamerhe a également accroché à son tableau de chasse l’ambassadeur itinérant du Chef de l’Etat, Nicolas Kazadi, et on se demande si tout ce beau monde viendra à la barre pour le dédouaner ou l’enfoncer.
L’autre surprise de la journée, c’est la posture affichée par Vital Kamerhe. Il a tant voulu donner du relief à son destin politique qu’on s’est posé la question de savoir si entre un meeting politique et un procès, une confusion ne s’était pas glissée quelque part.
La prochaine audience renvoyée au 25 mai 2020
A la demande des avocats des prévenus, qui ont fait remarquer au tribunal qu’ils n’avaient pas levé les pièces du dossier conformément à la loi, le tribunal a renvoyé la prochaine audience au 25 mai 2020, le temps de permettre aux défenseurs de Vital Kamerhe, Samih Jammal et Jeannot Muhima de mieux préparer leurs arguments.
En attendant, la première audience a servi de leçon aux uns et aux autres, particulièrement à ceux qu’on instrumentalise politiquement et qui postent n’importe quoi, de comprendre que l’issue d’un procès ne se joue pas dans les médias ou réseaux sociaux, mais plutôt devant les juges.
C’est aussi un message fort lancé à l’endroit des gestionnaires des affaires publiques qui doivent désormais savoir que le temps de l’impunité est révolu.
Dom/LE PHARE
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ARSP : Ted Beleshayi prend les commandes, l’heure du renouveau et des réformes ambitieuses a sonné
Le vent du renouveau souffle sur l’Autorité de Régulation de la Sous-traitance dans le Secteur Privé (ARSP). Par une série d’ordonnances présidentielles lues ce jeudi à la télévision nationale, le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a procédé à un important réajustement stratégique en confiant la direction générale de cette institution clé à Ted Beleshayi. Il sera épaulé par Felly Samuna, nommé Directeur général adjoint.
Cette décision met fin au mandat de Miguel Kashal Katemb et ouvre un nouveau chapitre pour une institution appelée à jouer un rôle déterminant dans la promotion de l’entrepreneuriat national et l’émergence d’une véritable classe moyenne congolaise.

Le couronnement d’un parcours d’excellence
La nomination de Ted Beleshayi est largement perçue comme l’aboutissement d’un parcours marqué par la compétence, la discipline et la fidélité aux idéaux de son engagement politique.
Jeune cadre de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) et figure influente de la jeunesse du parti, le nouveau Directeur général incarne cette génération de dirigeants sur laquelle le Chef de l’État mise pour concrétiser sa vision de développement de la République démocratique du Congo.
Homme de terrain et de conviction, il s’est illustré par son attachement aux valeurs républicaines, à la justice sociale et à la bonne gouvernance. Son accession à la tête de l’ARSP apparaît comme un signal fort en faveur du renouvellement des élites et de la promotion des compétences nationales.
Un expert de la gouvernance financière à la tête de l’ARSP
Expert-comptable et auditeur chevronné, Ted Beleshayi présente un profil alliant expérience du secteur privé et maîtrise des rouages de l’administration publique.
Ancien cadre du cabinet KPMG entre 2011 et 2020, il a supervisé la certification des comptes de multinationales actives dans les secteurs minier, énergétique et des télécommunications. Il a également travaillé avec d’importants bailleurs internationaux, notamment la Banque mondiale et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), tout en participant à plusieurs missions d’audit stratégique pour l’État congolais.
Fondateur de BelkasGroup SAS et parfaitement anglophone, il s’est spécialisé dans la gouvernance financière, l’audit et la gestion des risques avant d’exercer comme haut fonctionnaire au sein d’un organe supérieur de contrôle rattaché à la Présidence de la République.
Le choix d’un technicien face aux défis de la régulation
Dans un contexte où la régulation économique exige davantage de rigueur et de transparence, le choix du Chef de l’État s’est porté sur un profil résolument technique.
Inspecteur des finances de formation, Ted Beleshayi apporte à l’ARSP une expertise forgée au sein des institutions de contrôle les plus exigeantes du pays. Sa maîtrise des mécanismes d’audit et de gestion des risques constitue un atout majeur pour renforcer la crédibilité de l’institution.
L’opinion publique attend désormais une gouvernance davantage orientée vers les résultats, la transparence et l’orthodoxie financière. L’ARSP dispose ainsi d’un dirigeant capable de rassurer les investisseurs tout en veillant à la protection des intérêts des entreprises congolaises.
Les grands chantiers de la nouvelle équipe
Si l’administration précédente a contribué à populariser la loi sur la sous-traitance, sa mise en œuvre a parfois été critiquée pour certaines lourdeurs administratives, un déficit de lisibilité et des tensions récurrentes avec les opérateurs économiques.
Pour réussir son mandat, la nouvelle équipe dirigeante devra relever plusieurs défis majeurs.
Le premier consistera à rationaliser les mécanismes de contrôle en privilégiant une approche fondée sur des audits systématiques, transparents et impartiaux.
La poursuite de la digitalisation des procédures devra également permettre de simplifier l’obtention des attestations d’enregistrement et de réduire les contraintes administratives qui pèsent sur les PME.
Réconcilier l’ARSP avec le secteur privé
L’une des priorités du nouveau management sera également de restaurer un dialogue constructif avec les acteurs économiques.
Dans cette perspective, un rapprochement avec la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) pourrait favoriser une application plus harmonieuse du cadre réglementaire de la sous-traitance.
L’objectif sera de privilégier la concertation et la confiance plutôt que les rapports de confrontation.
Par ailleurs, la réussite de la politique de sous-traitance ne devrait plus être mesurée uniquement à travers le volume financier des contrats attribués aux entreprises locales, mais également par le nombre d’emplois créés, la qualité de ces emplois et l’efficacité du transfert des compétences au profit des Congolais.
Enfin, l’opérationnalisation des mécanismes de financement entre les PME, les banques et le Fonds de Garantie de l’Entrepreneuriat au Congo (FOGEC) demeure un enjeu essentiel pour permettre aux entreprises nationales d’exécuter efficacement les marchés qui leur sont confiés.
Une nouvelle ère pour la sous-traitance en RDC
L’ARSP entre aujourd’hui dans une nouvelle phase de son histoire. Porté par la dynamique de la jeunesse, fort de son expérience en audit et en gouvernance financière, Ted Beleshayi dispose des atouts nécessaires pour impulser une nouvelle vision de la régulation de la sous-traitance.
Son mandat sera jugé à l’aune de sa capacité à transformer cette institution en un véritable levier de création de richesses, d’emplois et d’opportunités pour les entrepreneurs congolais, faisant ainsi de la sous-traitance un moteur durable de l’émergence économique de la République démocratique du Congo.
A.B.
