Actualité
Corruption dans le secteur minier : La Société civile et l’État affûtent leurs armes à Kinshasa
À l’initiative de l’Association Africaine des Droits de l’Homme, une réunion d’appropriation et d’enrichissement des recommandations issues d’un rapport sur la corruption dans le secteur minier s’est tenue, vendredi 27 mars 2026, à l’Hôtel Sultani.
Organisée avec l’appui de la Natural Resource Governance Institute, cette rencontre a réuni autour de la même table des représentants des institutions publiques et des organisations de la société civile, dans une dynamique de dialogue et de co-construction.

3 axes clés pour endiguer la corruption
Présentant les conclusions de l’étude, Jean-Baptiste Lubamba, de la Coalition Publiez Ce Que Vous Payez, a structuré les pistes de réforme autour de trois axes majeurs ciblant les filières stratégiques du cuivre et du cobalt.
1. Transparence dans l’octroi des titres miniers
Le premier axe met l’accent sur la nécessité de renforcer la transparence dans l’attribution des licences et permis d’exploitation. Il s’agit notamment de garantir une meilleure maîtrise des informations stratégiques par l’État, souvent fragilisé face aux intérêts privés.
2. Gouvernance des entreprises publiques sous surveillance
Le deuxième axe s’attaque à la gestion des entreprises publiques et des partenariats miniers. Les participants ont plaidé pour une gouvernance plus rigoureuse, notamment au sein de la Gécamines et des sociétés du portefeuille de l’État, afin de réduire les interférences politiques et les pratiques opaques qui minent leur efficacité.
3. Impacts sociaux et environnementaux : l’urgence d’agir
Enfin, le troisième axe aborde la gestion des conséquences sociales et environnementales de l’exploitation minière. Les échanges ont insisté sur la nécessité de protéger les communautés locales et la biodiversité, en promouvant des pratiques extractives responsables et durables.
Un dialogue inclusif pour une gouvernance renforcée
Clôturant les travaux, un représentant de la société civile a rappelé l’objectif central de la rencontre : améliorer la qualité des propositions formulées dans le rapport initial.
« Les discussions ont permis d’enrichir les recommandations du draft produit par le NRGI », a-t-il souligné, insistant sur l’importance d’un dialogue inclusif pour bâtir une gouvernance minière plus transparente et plus redevable en République démocratique du Congo.
Exaucé Kaya/CONGOPROFOND.NET