Actualité
CORAP rend public deux documents sur la fiscalité du secteur de l’électricité et la décentralisation énergétique en RDC
Centre Silikin village, dans la commune de Gombe, a été le lieu d’un café-débat sur la fiscalité du secteur de l’électricité et la décentralisation énergétique en RDC, organisé par la Coalition des Organisations de la Société Civile pour le Suivi des Réformes et de l’Action Publique (CORAP) le jeudi 09 novembre 2023 dans l’après-midi.
Lors de ce café-débat, Monsieur Masudi a présenté les résultats d’une étude sur la fiscalité asphyxiante et non propice pour la promotion des investissements dans le secteur de l’électricité. Cette étude a été réalisée par la CORAP et l’ACERD. Elle a été motivée par le constat selon lequel depuis la libéralisation du secteur de l’électricité en 2014, il y a eu très peu d’investissements majeurs dans la production d’énergie électrique. Les résultats de cette recherche mettent en évidence la problématique de l’applicabilité de la loi et de la surtaxation dans le secteur de l’électricité.
Avant cela, Justin Mobomi, membre de la CORAP, a présenté le « Guide sur la décentralisation et la libéralisation du secteur de l’électricité en RDC ». Selon la CORAP, ces deux documents sont importants pour contribuer au développement du secteur de l’électricité en RDC.
À la fin de ce café-débat, le secrétaire exécutif du CORAP, Emmanuel Musuyu, a souligné que dans le secteur de l’énergie, on constate une multitude de taxes collectées par différents ministères tels que l’Énergie, les Télécommunications, l’Intérieur, l’Environnement, la Santé, l’Emploi, et bien d’autres encore. Cette situation soulève des questions sur le nombre de taxes et sur leur collecte, car il y a plusieurs acteurs impliqués à différents niveaux.
Une controverse se pose également concernant la redevance sur la consommation d’énergie payée par les utilisateurs finaux, alors que ces taxes sont déjà payées par les entreprises qui les répercutent ensuite sur les tarifs. De plus, l’étude a révélé que lors des échéances fiscales, les opérateurs peuvent se retrouver en défaut de paiement envers l’État, ce qui a des répercussions sur la population. Cela soulève la question de la part de responsabilité de l’État dans la sécurité de l’approvisionnement en énergie pour les consommateurs finaux, qui sont souvent des populations aux ressources limitées. Le système fiscal actuel peut entraver le développement du secteur de l’énergie, alors que l’électricité devrait être accessible à sa juste valeur.
Il a également été souligné que l’État a libéralisé le secteur de l’énergie en raison de contraintes budgétaires, mais il doit néanmoins jouer un rôle pour garantir l’accès à l’électricité pour tous. Cela nécessite des investissements et une répartition équitable des coûts entre l’État et les consommateurs.
Désiré Rex Owamba/CONGOPROPFOND.NET
Politique
Andy Bemba charge Joseph Kabila : « Une incohérence politique au service d’intérêts cachés »
Dans une sortie médiatique au ton incisif, Andy Bemba, président national du parti « Nouvelle Pensée » (NP), s’est exprimé ce vendredi 1er mai 2026 à la suite du discours de Joseph Kabila, intervenu après les sanctions qui lui ont été infligées par les États-Unis. Cette réaction s’inscrit dans un contexte politique particulièrement délétère, marqué par des tensions persistantes dans l’Est de la République démocratique du Congo. « Ces sanctions américaines renforcent ma détermination à défendre la RDC », a déclaré l’ancien chef de l’État.
Selon Andy Bemba, les propos de Joseph Kabila traduisent une contradiction manifeste, voire une duplicité politique difficilement défendable. « Lorsque le président honoraire parle de dictature tout en semblant s’aligner avec une rébellion impliquée dans les violences à l’Est, cela révèle une incohérence majeure dans son discours », a-t-il affirmé, dénonçant une posture qu’il juge à la fois ambiguë et stratégiquement orientée.
L’ancien président, qui a dirigé le pays durant près de deux décennies, se retrouve aujourd’hui au cœur de vives critiques, notamment en raison de positions jugées paradoxales. Pour Andy Bemba, cette attitude est d’autant plus problématique qu’elle émane d’une figure ayant longtemps incarné l’autorité suprême. « Un patriote, et plus encore un ancien président après 18 ans de pouvoir, ne peut agir de la sorte », a-t-il martelé, soulignant une dissonance entre les discours et les actes.
Au-delà de la critique politique, Andy Bemba va plus loin en prêtant à Joseph Kabila des motivations moins avouables. « Derrière le discours sur la dictature se cache en réalité la défense d’intérêts personnels », a-t-il soutenu, évoquant une instrumentalisation du registre démocratique à des fins stratégiques.
Cette charge, aux accents particulièrement sévères, met en lumière les fractures profondes qui traversent la scène politique congolaise. Elle interroge également la crédibilité des prises de position des anciens dirigeants, surtout lorsqu’elles s’inscrivent dans des dynamiques perçues comme contraires à l’intérêt national.
Dans un climat politique où les discours rivalisent avec les non-dits, la frontière entre conviction et calcul semble plus que jamais ténue, laissant planer le doute sur la sincérité des engagements affichés.
Blaise Abita Etambe / CongoProfond.net
