Actualité
CORAP : la société civile lance la campagne « Notre Terre Sans Pétrole » contre l’exploitation pétrolière et gazière en RDC
Le mercredi 30 octobre 2024 à Kinshasa , plus de 135 organisations de la société civile, dont la Coalition des Organisations de la Société Civile pour le Suivi des Réformes et de l’Action Publique (CORAP), ont lancé une déclaration percutante contre l’exploitation pétrolière et gazière en République Démocratique du Congo (RDC). Lors d’une conférence de presse à la salle Lubumbashi de Caritas, les acteurs engagés ont introduit la campagne « Notre Terre Sans Pétrole », qui vise à sensibiliser sur la nécessité de protéger les écosystèmes et les terres du pays.
Ce mouvement fait suite à la mise aux enchères de blocs pétroliers et gaziers dans des zones sensibles, menaçant les territoires de communautés locales et des aires protégées. Les organisations de la société civile exigent l’annulation de ces projets, alertant sur les risques environnementaux et les violations des droits des populations, notamment des peuples autochtones.
Un point crucial de la campagne est l’annonce du Ministre des Hydrocarbures, qui a déclaré, le 11 octobre 2024, l’annulation partielle de l’appel d’offres lancé en juillet 2022. Bien que cette décision ait été saluée, les acteurs de la société civile la jugent insuffisante, soulignant les nombreuses irrégularités et le manque de transparence dans le processus. Ils affirment que la protection des droits des communautés et la préservation de la biodiversité doivent être prioritaires.
En réaffirmant leur opposition à toute exploitation pétrolière et gazière, les organisations veulent attirer l’attention sur les conséquences désastreuses que ces activités pourraient engendrer. La campagne « Notre Terre Sans Pétrole » appelle à une mobilisation collective pour protéger les ressources naturelles, garantir la sécurité alimentaire et favoriser un développement durable. Les exigences incluent l’annulation des blocs gaziers attribués, l’abandon total des projets d’hydrocarbures, le respect des engagements environnementaux, ainsi que la promotion de projets respectueux de l’environnement et créateurs d’emplois.
Désiré Rex Owamba /CONGOPROFOND.NET
Politique
Andy Bemba charge Joseph Kabila : « Une incohérence politique au service d’intérêts cachés »
Dans une sortie médiatique au ton incisif, Andy Bemba, président national du parti « Nouvelle Pensée » (NP), s’est exprimé ce vendredi 1er mai 2026 à la suite du discours de Joseph Kabila, intervenu après les sanctions qui lui ont été infligées par les États-Unis. Cette réaction s’inscrit dans un contexte politique particulièrement délétère, marqué par des tensions persistantes dans l’Est de la République démocratique du Congo. « Ces sanctions américaines renforcent ma détermination à défendre la RDC », a déclaré l’ancien chef de l’État.
Selon Andy Bemba, les propos de Joseph Kabila traduisent une contradiction manifeste, voire une duplicité politique difficilement défendable. « Lorsque le président honoraire parle de dictature tout en semblant s’aligner avec une rébellion impliquée dans les violences à l’Est, cela révèle une incohérence majeure dans son discours », a-t-il affirmé, dénonçant une posture qu’il juge à la fois ambiguë et stratégiquement orientée.
L’ancien président, qui a dirigé le pays durant près de deux décennies, se retrouve aujourd’hui au cœur de vives critiques, notamment en raison de positions jugées paradoxales. Pour Andy Bemba, cette attitude est d’autant plus problématique qu’elle émane d’une figure ayant longtemps incarné l’autorité suprême. « Un patriote, et plus encore un ancien président après 18 ans de pouvoir, ne peut agir de la sorte », a-t-il martelé, soulignant une dissonance entre les discours et les actes.
Au-delà de la critique politique, Andy Bemba va plus loin en prêtant à Joseph Kabila des motivations moins avouables. « Derrière le discours sur la dictature se cache en réalité la défense d’intérêts personnels », a-t-il soutenu, évoquant une instrumentalisation du registre démocratique à des fins stratégiques.
Cette charge, aux accents particulièrement sévères, met en lumière les fractures profondes qui traversent la scène politique congolaise. Elle interroge également la crédibilité des prises de position des anciens dirigeants, surtout lorsqu’elles s’inscrivent dans des dynamiques perçues comme contraires à l’intérêt national.
Dans un climat politique où les discours rivalisent avec les non-dits, la frontière entre conviction et calcul semble plus que jamais ténue, laissant planer le doute sur la sincérité des engagements affichés.
Blaise Abita Etambe / CongoProfond.net
