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Environnement

COP30 : La RDC et le Brésil unissent leurs forces pour une justice climatique mondiale

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En prélude à la COP30 prévue au Brésil, la République Démocratique du Congo et le Brésil ont réaffirmé leur volonté commune de parler d’une même voix pour défendre la cause des forêts tropicales, véritables poumons du monde.

Une réunion bilatérale de haut niveau s’est tenue jeudi 16 octobre, à Brasilia entre Marie Nyange Ndambo, Ministre de l’Environnement, du Développement Durable et de la Nouvelle Économie du Climat de la RDC, et son homologue brésilienne Marina Silva.

Les échanges, empreints de réalisme et d’urgence écologique, ont porté sur la préparation de la COP30 et sur la consolidation d’un partenariat stratégique entre les deux puissances forestières mondiales.

« Nos forêts respirent pour la planète entière. Nous devons passer des discours aux engagements concrets pour protéger ce souffle de vie », a déclaré la Ministre Marie Nyange Ndambo, rappelant que la RDC et le Brésil représentent à eux deux les plus grands écosystèmes tropicaux du monde, essentiels à l’équilibre climatique global.

Lors de cette rencontre, la Ministre congolaise a présenté deux projets phares du gouvernement :
• “La Forêt, c’est Nous”, un vaste programme de reboisement et de préservation de la biodiversité, axé sur le développement durable des communautés autochtones ;
• “Le Couloir Vert Kivu–Kinshasa”, un projet de protection de la biodiversité et de restauration des écosystèmes dégradés.

Le Brésil, de son côté, a salué la dynamique congolaise, exprimant son souhait de renforcer la coopération technologique avec Kinshasa, notamment dans la surveillance satellitaire des forêts. Cette collaboration vise à garantir la fiabilité des données environnementales un élément clé pour l’accès aux fonds du Tropical Forest Forever Framework (TFFF), un mécanisme international de financement climatique.

Les deux pays se sont engagés à présenter un front uni à la COP30, afin de revendiquer une justice climatique équitable, où les nations les plus polluées du monde devront financer la préservation des zones forestières qui régulent le climat planétaire.

« Le monde doit comprendre que sans le Congo ni l’Amazonie, il n’y a plus d’équilibre climatique. Nos pays doivent être traités comme des solutions, pas comme des victimes », a insisté la Ministre de l’environnement.

Ce partenariat marque une étape cruciale dans la diplomatie environnementale entre Brasilia et Kinshasa, deux capitales désormais liées par une même mission : sauver la planète par la forêt.

Dorcas Mwavita/CONGOPROFOND.NET 

À la Une

Peuples autochtones en RDC : Félix Tshisekedi à l’écoute d’une communauté encore marginalisée

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Le président de la République, Félix Tshisekedi, a récemment reçu des représentants des peuples autochtones pygmées, accompagnés notamment du professeur Jean-Robert Bwangoy, porteur du projet pilote REDD+ Maï-Ndombe.

Cette rencontre s’inscrit dans la volonté affichée du chef de l’État de renforcer la promotion et la protection des droits des peuples autochtones, longtemps victimes de discrimination et de marginalisation en République démocratique du Congo.

Près de 30 ans après les initiatives de l’ancien président Mobutu Sese Seko visant à valoriser ces communautés, la question de leur intégration socio-économique demeure un défi majeur.

Une discrimination persistante dans la cuvette centrale

Selon le professeur Jean-Robert Bwangoy, la situation des peuples autochtones pygmées reste préoccupante, particulièrement dans les zones forestières de la cuvette centrale, où vivent de nombreuses communautés.

« Il y a eu beaucoup de discriminations dans notre pays. Malgré certains progrès, les peuples autochtones pygmées continuent à être marginalisés, notamment dans les zones de la forêt équatoriale », explique-t-il.

Pour cet universitaire, la discrimination dont sont victimes ces populations est avant tout d’origine économique. D’où la nécessité d’améliorer leurs conditions de vie en leur garantissant l’accès :

– à l’éducation,

– à l’eau potable,

– aux soins de santé,

– et aux opportunités économiques.

Lors de leur rencontre avec le chef de l’État, les représentants autochtones ont plaidé pour une intégration réelle dans le système national, afin que ces communautés puissent bénéficier des mêmes droits que les autres citoyens congolais.

Une loi pour protéger les peuples autochtones

La rencontre intervient dans un contexte marqué par la promulgation, il y a quelque temps, d’une loi portant protection et promotion des droits des peuples autochtones pygmées.

Le professeur Bwangoy salue cette avancée juridique et rend hommage à tous ceux qui ont contribué à son élaboration.

« Je voudrais remercier le chef de l’État, mais aussi l’ensemble des citoyens congolais qui ont participé à l’élaboration de cette loi. Elle reconnaît enfin les efforts et la dignité de nos compatriotes pygmées », souligne-t-il.

L’éducation comme clé de l’émancipation

Au-delà du plaidoyer politique, le professeur Poingoy mène également des initiatives concrètes sur le terrain, notamment dans le village d’Ikita, dans la province du Maï-Ndombe, où il a contribué à la construction d’une école favorisant la cohabitation et l’apprentissage commun entre enfants bantous et pygmées.

Pour lui, l’éducation demeure la clé de l’émancipation des peuples autochtones.

Il cite notamment l’exemple de Suzanne, une jeune fille pygmée qu’il a prise sous son encadrement afin de lui permettre de poursuivre ses études.

« Lorsqu’elle terminera ses études, elle pourra servir d’exemple à d’autres filles pygmées. Leur destin ne doit pas se limiter à rester au village sans perspective. Elles peuvent aussi s’insérer dans le système national », affirme-t-il.

Forêt, peuples autochtones et crédits carbone

Cette dynamique d’inclusion est également liée à la question de la conservation des forêts et des crédits carbone, un sujet de plus en plus présent dans les débats internationaux sur le climat.

Selon le professeur Bwangoy, les peuples autochtones jouent un rôle essentiel dans la préservation de la forêt équatoriale congolaise, et devraient bénéficier directement des mécanismes économiques liés à la protection de ces écosystèmes.

« Les populations qui vivent dans et autour de la forêt doivent profiter réellement de leurs efforts de conservation », insiste-t-il.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET

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